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En 1940, les habitants d’un petit village dans le New Hampshire quittèrent leurs maisons pour emprunter un sentier à travers la forêt avoisinante. Une seule personne revint vivante de cette longue marche, choquée, incapable d’expliquer clairement ce qui était arrivé aux 257 autres personnes… 72 ans plus tard, un groupe de personnes décident de suivre les traces des villageois afin de percer le secret de cette disparition aujourd’hui sans réelle explication…



Présenté dans plusieurs festivals de cinéma fantastique (le Screamfest de Los Angeles, le Brussels International Fantastic Film Festival, le Fantasy Filmfest Germany ou encore le festival de Sitges), "yellow brick road" (traduit en France par "le chemin sans retour", un titre bien plus vendeur…) a remporté notamment le prix du meilleur film au New York Horror Film Festival (la même année qu’était présenté également en compétition le film franco-belge "la meute" d’ailleurs).

Autant le dire d’emblée, "le chemin sans retour", réalisé par un duo de réalisateurs pour qui il s’agit là d’un premier essai, est un film assez décevant au final. En effet, après tant de sélections officielles en festivals, nous étions en droit de nous attendre à quelque chose de plus palpitant en visionnant ce long-métrage. D’ailleurs, la jaquette du dvd sorti dans nos contrées met en avant, comme bien souvent quand c’est le cas, ces fameuses nominations en festivals et n’hésite pas ici à reprendre la citation suivante (de Dread Central) « Un des meilleurs films d’épouvante indépendants depuis de nombreuses années ». Bref tout est présent ici pour nous donner l’eau à la bouche et nous presser de visionner ce fameux "yellow brick road" (désolé mais je préfère vraiment le titre original, bien plus représentatif de l’œuvre que nous chroniquons aujourd’hui).



Original, le film d’Andy Mitton et Jesse Holland l’est dans son idée de base, à savoir utiliser le film culte "le magicien d’Oz" pour donner naissance à une histoire d’épouvante.

[spoiler] En effet, à la manière de la jeune orpheline Dorothy dans le film de Victor Fleming de 1939, adapté du roman éponyme de L.Frank Baum, les villageois rêvaient de trouver leur cité d’émeraude à eux, un monde meilleur que celui qu’ils vivaient en 1940. Après avoir vu et revu le film musical de Victor Fleming des dizaines de fois dans le cinéma de quartier, ces derniers se mirent en tête d’emprunter un vieux sentier forestier non loin de leur village qu’ils apparentèrent à la fameuse route de briques jaunes (d’où le fameux titre original "yellow brick road") que l’on nous présente dans "le magicien d’Oz". Une expédition où rapidement l’isolement, l’éloignement, la perte de repères, la folie et finalement la mort (pulsions meurtrières ou empoisonnement en mangeant des baies toxiques…) les attendront au tournant [fin du spoiler].

Une idée de base fort originale qui malheureusement sera rapidement mise à mal par une réalisation des plus chaotiques. Commençant à la manière d‘un found footage (d’ailleurs, le film "le projet Blair Witch" semble être une grande source d’inspiration pour nos deux réalisateurs), "yellow brick road" quitte finalement assez rapidement ce sous-genre filmique pour nous plonger dans un film assez banal qui s’avèrera par ailleurs long, lent et très répétitif. L’ennui se fait en effet ressentir durant une grande partie de l’histoire, la faute à un manque d’action (la première scène marquante, si l’on peut dire, surviendra après plus d’une demi-heure), des dialogues sans grand intérêt (un psychologue passe son temps à poser les mêmes questions aux membres de cette expédition : on aura l’occasion, parmi tant d’autres joyeusetés, d’entendre quelqu’un réciter l’alphabet à l’envers par exemple…), ou encore des incohérences flagrantes (un homme arrache la jambe d’une jeune femme à mains nues : grandguignolesque nous voilà!).



Le casting ne met également pas en valeur le film d’Andy Mitton et Jesse Holland. Nous sommes face ici à une galerie de personnages assez fades dont on peine parfois même à se souvenir des noms. Dommage pour un film très axé sur la psychologie de ses personnages…
En effet, en proie à des psychoses collectives, des délires, des visions, nos chasseurs de légendes vont rapidement voir leur santé mentale se dégrader. "Yellow brick road" se concentre en grande partie sur les relations humaines, sur les liens qui se tissent entre les divers personnages, pour ensuite mieux les dissocier, les détruire, en faisant ressortir dans un premier temps certains vices et des excès de folie puis en provoquant des isolements mentaux et/ou géographiques (l’un des membres se retrouve attaché du fait de sa dangerosité / le groupe se divise ensuite en petits groupes suite à des divergences d’opinions…).

Nous suivons d’ailleurs, en partie grâce à un psychologue, les altérations du cerveau (souvenirs, pensées, sens de la réflexion…) des divers membres du groupe au fur et à mesure que ces derniers s’enfoncent sur ce petit sentier et perdent petit à petit la raison, du fait de l’éloignement, de la peur et du stress qui les envahit mais également de cette étrange musique que l’on entend dans cette forêt (et qui étrangement ne semble guère trop inquiéter nos amis). Une musique d’ailleurs assourdissante par moments (aussi prenante que des effets Larsen) qui ne fait qu’aggraver une fois de plus le mauvais traitement de ce scénario de base pourtant alléchant sur le papier…



Au final, "le chemin sans retour" est l’exemple même qu’avec une idée de base fort originale (s’inspirer de l’histoire du magicien d’Oz), on peut carrément se casser les dents sur une réalisation catastrophique.








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