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D'étranges visiteurs puissants et soi-disant pacifiques, les Mysterians, récemment débarqués sur la Terre, demandent au gouvernement de leur fournir quelques jolies jeunes femmes afin de perpétuer leur race en voie d'extinction.



Après les succès de "Godzilla" et de "Rodan", la Toho et Ishirô Honda réalisent en 1957 un film de science-fiction plus conventionnel, avec une bonne vieille invasion extraterrestre : après avoir fait exploser leur planète natale, Mysteroide, à la suite d’une guerre nucléaire, les survivants du peuple des Mysterians se sont réfugiés sur Mars, mais ont vite remarqué que leur race allait disparaître. Ils débarquent donc sur Terre de façon discrète et paisible, causant des catastrophes naturelles et lâchant dans la nature un robot géant avant de prévenir les Terriens qu’ils viennent en paix.



Enfin, « en paix », tant qu’on leur donne ce qu’ils réclament : 3 kilomètres de terres et 5 femmes afin de pouvoir se reproduire. On aurait pu penser que le sacrifice était envisageable, surtout après s’être pris une première branlée : pensez-vous, face à une telle offre, les Japonais, puis bientôt une coalition terrienne, l’Earth Defense Force (oui, l’EDF, qu’on retrouvera sous forme de clin d’œil dans "Godzilla : Final Wars" et qui ne sont évidemment pas des lumières) décident d’attaquer cette force face à laquelle ils sont impuissants. On n’allait quand même pas céder du terrain à ces nomades, surtout au prix du kilomètre carré, et on ne pouvait certainement pas permettre à ces immigrants de copuler avec nos femmes quand même !

L’unique réflexe de l’Humanité, après chaque branlée (mais vraiment : ils perdent des dizaines de véhicules et des centaines de soldats à chaque attaque sans provoquer une seule égratignure sur un ennemi qui se contente de se défendre), étant d’attaquer de nouveau, une bonne partie du film sera consacrée à ces affrontements répétitifs (d’autant que certains passages sont réutilisés plusieurs fois) et aux effets spéciaux inégaux (les rayons extraterrestres sont très mal incrustés, mais les éternelles maquettes et miniatures sont plutôt réussies). Mieux encore, dans cette hallucinante ambiance va-t-en-guerre, le film semble glorifier la course à l’armement qui était critiquée dans "Godzilla" !



Heureusement, ces sales Mysterians se révéleront finalement n’être que des traitres, et auront donc bien mérité qu’on leur foute sur la gueule sans autre forme de négociation. Ces horribles envahisseurs vont jusqu’à ressembler à des japonais ordinaires cachés dans des combinaisons aux couleurs criardes, se baladant dans un vaisseau aux équipements psychédéliques et s’adressant aux humains en piratant des postes de télévision !

S’il s’oriente vers une science-fiction classique, avec la naïveté caractéristique et les thématiques récurrentes de l’époque (combien de fois la Toho nous a-t-elle fait le coup de l’alien faussement amical ?), "Prisonnières des Martiens" n’oublie cependant pas de nous offrir une créature géante au début du film, avec l’étrange robot Mogera (que l’on retrouvera dans "Godzilla vs Spacegodzilla") pour une première partie ancrée dans le kaiju eiga. On retrouve d’ailleurs quelques habitués de la saga Godzilla, comme Kenji Sahara, Akihiko Hirata ou un habitué des films d’Akira Kurosawa, Takashi Shimura ("Les 7 Samouraïs", "Mothra"…).



Œuvre typique de la science-fiction japonaise à la sauce Toho, Prisonnières des Martiens se suit avec un réel plaisir grâce à un rythme soutenu et une certaine générosité, et malgré sa naïveté et son aspect répétitif. Il faudra néanmoins apprécier les décors et costumes kitsch et ignorer une certaine bêtise d’ensemble pour apprécier le film qui connaîtra une suite avec "Battle in outer space", toujours réalisé par Ishirô Honda.








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