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Une pluie de météorites s’abat sur la Terre. L’aura multicolore provoquée par la désintégration des météorites pénétrant dans notre atmosphère donne lieu à un drame à l’échelle mondiale : la quasi majorité de la population qui regarde le spectacle est frappée de cécité. Les rares personnes ayant échappé à ce fléau vont devoir survivre à une autre menace tout aussi terrifiante : les triffides, petites plantes carnivores, se mettant à grandir de façon démesurée et à attaquer les humains. Bill Masen, aidé de la petite Susan, va tout faire pour rester en vie et tenter de gagner une zone militaire située en Espagne. Dans le même temps, isolés dans un phare transformé en laboratoire, les scientifiques Karen et Tom Goodwin tentent de percer le secret des triffides afin de trouver leur point faible et de les éradiquer…



Après avoir senti l’intérêt du public pour le film de science-fiction avec la sortie de longs métrages tels "Devil Girl from Mars", "Le triangle à quatre côtés" ou "Spaceways" au début des années 50, la Hammer Films a la bonne idée de se lancer dans le genre et offre aux spectateurs des classiques instantanés avec les premières aventures du professeur Quatermass dans "Le Monstre" puis "La Marque", respectivement en 1955 et 1957. En 1956, la firme avait également produit "X the Unknown", réalisé par Joseph Losey et Leslie Norman. Par la suite, la science-fiction à l’anglaise ne connût pas une expansion semblable à celle de la science-fiction américaine mais on peut néanmoins y trouver quelques films intéressants, comme "The Earth dies screaming" ou "L’île de la terreur" de Terence Fisher, "The Cosmic Monster" de Gilbert Gunn, "First Man into Space" de Robert Day et surtout "Le village des Damnés" et sa suite "Les enfants des Damnés", ainsi que les films mettant en scène le Dr. Who par exemple. Autre titre attachant de cette période 50’s/60’s, "La révolte des Triffides", réalisé par Steve Sekely, qui fut assisté de Freddie Francis, un nom bien connu des fans de films d’épouvante made in UK. Les producteurs jugeant le travail de Sekely pas assez percutant, ils demandèrent au scénariste et à Freddie Francis de dynamiser le rythme du film en purgeant les scènes pas assez rythmées et en y ajoutant de nouvelles choses, ce qui correspond à « l’histoire dans l’histoire », celle du couple de biologistes marins isolés dans un phare. Un apport qui ne dénote pas avec le reste (l’aventure de Bill Marsen) et qui réussit même à se révéler la meilleure partie du métrage.



Adaptation assez libre d’un célèbre roman de John Wyndham datant de 1951 (on lui doit également en 1957 le roman ayant servi de base au "Village des Damnés"), le film de Steve Sekely accuse le poids des années notamment au niveau des effets spéciaux des Triffides, qui feront bien sourire. On distingue le costume de caoutchouc à cent mètres et ces drôles de créatures végétales se rapprochent plus des « Craignos Monsters » que d’une véritable réussite formelle niveau design. Ce qui n’empêche pas le film d’être un divertissement de bonne qualité et tout à fait recommandable, même de nos jours. L’histoire est assez intéressante et les séquences montrant le héros déambuler dans un Londres dévasté, abandonné et privé de la majorité de sa population, devancent de plusieurs décennies les scènes similaires vues dans le "28 jours plus tard" de Danny Boyle. L’aspect « film catastrophe » est bien mis en avant, flirtant même avec le film post-apocalyptique et les mésaventures de Bill Masen et de la petite Susan ne manquent pas de nous divertir, les catastrophes naturelles dues à la cécité des habitants (déraillement d’un train, chute d’un avion, accident de voitures…) succédant aux attaques des Triffides. Peu nombreuses au départ, les plantes se multiplient à une vitesse folle et leurs rangs ne cessent de s’accroître sans que personne ne trouve le moyen de les stopper. Insensibles aux balles, au feu, ces végétaux carnivores semblent en passe de dominer le monde et de remplacer la vie humaine. La lutte pour la survie est donc l’un des enjeux du film, tout comme la préservation de l’humanité. Les rares survivants non aveugles tentent de se regrouper et de venir en aide à son prochain face à cette invasion aussi soudaine qu’inattendue.



Parallèlement aux déambulations de Bill et de Susan, on trouve donc une seconde trame scénaristique, avec cette histoire se déroulant dans le phare et mettant en vedette un couple à la limite de la rupture. Devenu alcoolique et n’ayant plus foi en son travail de biologiste, Tom Goodwin va pourtant devoir prouver qu’il en a encore dans le pantalon afin de protéger sa femme Karen des attaques de Triffides. Le décor du phare, perdu au beau milieu de la mer, transforme les scènes en un huis-clos infernal, puisque toute tentative de fuite est inutile pour les deux occupants. L’actrice qui joue Karen, Janette Scott, nous gratifie alors de quelques hurlements de terreur bien sentis et d’une interprétation convaincante. Si les séquences faisant apparaître Bill Masen font très science-fiction, avec ces paysages dévastés, ces véhicules vides abandonnés sur la route et cette poignée de survivants qui tentent de résister, celles mettant en vedette le couple Goodwin jouent plus sur l’aspect épouvante et terreur indicible, se révélant encore plus passionnantes que le reste. Le final, qui voit les Triffides envahir l’intérieur du phare est riche en suspense et on se demande bien comment le couple va pouvoir s’en sortir.



Si "La révolte des Triffides" n’est pas exempt de quelques menus défauts, ce film de 1962 est encore tout à fait acceptable et son côté kitsch participe grandement au plaisir ressenti durant sa vision. Considéré comme un petit classique de la science-fiction anglaise, bénéficiant d’effets spéciaux réussis (la pluie de météorites et ses belles couleurs dans le ciel), d’une histoire originale et de monstres plus qu’intriguants, le film de Steve Sekely n’a pas à rougir de la comparaison avec ses voisins américains. Ceux qui ont lu le livre de John Wyndham lui reprocheront sans doute son manque de fidélité et préféreront visionner la série éponyme réalisée en 1981 ou le téléfilm de 2009. Mais les vrais fans de SF vintage se tourneront, quant à eux, vers le métrage de 1962 qui leur offrira tout ce qu’ils attendent d’un film de SF de cette décennie.


Disponible en DVD chez SIDONIS






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