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Dans un futur proche, le prix du pétrole a explosé et posséder une voiture est devenu un luxe que la plupart des gens ne peuvent plus se permettre. Archi, un jeune instituteur, a décidé, à l’abri des regards indiscrets, de trouver une alternative à l’essence et au diesel afin de pouvoir faire marcher son véhicule. C’est alors que ce dernier s’aperçoit avec grand étonnement que son propre sang additionné à un mélange végétal permet de faire tourner le moteur de sa voiture. Une découverte qui va alors pousser notre gentil instituteur à commettre l’irréparable : puisque c’est du sang humain que désire sa voiture, il va lui en donner! Mais pas le sien…



Après être passé dans quelques petits festivals américains où ce dernier a visiblement fait son petit effet (Prix du meilleur long-métrage au Festival du film underground d’Atlanta, meilleur long-métrage de fiction au Festival du film de Chicago et Prix du public au Festival du film de Backseat à en croire la pochette du dvd sorti en France), "blood car" nous arrive en direct-to-dvd sous un nouveau nom bien plus inventif : "sang plomb".

Un titre francophone qui, à l’inverse du titre original "blood car", va d’emblée orienter le public et lui faire comprendre que nous sommes face ici à une comédie horrifique et non face à un petit film d’horreur tentant de se rapprocher des films de vilaines voitures tels que "Christine" ou "hybrid" par exemple ou encore des road movies comme "duel" ou "monster man" pour ne citer qu’eux.

Partant d’une réalité contemporaine (le prix du carburant et les inflations que ce dernier subit depuis plusieurs années) pour nous livrer une critique de la société moderne, Alex Orr nous offre ici dans son "blood car" un scénario de base plutôt original, très prometteur (le public s’attendant alors à voir, après avoir parcouru les quelques lignes de résumé, un film bien déjanté avec quelques bonnes effusions de sang parsemées par-ci par-là tout au long du film).
Sexe, sang, humour décalé, idées tordues… Tous les ingrédients semblent bien présents en effet pour nous faire passer un bon moment de cinéma décontracté, ce petit film sans grand budget et tourné bien loin de la pression exercée par les gros financiers devant à priori nous donner quelques bons fou-rires en perspective.



Mais alors que nous étions en droit de nous attendre à un film aux allures Grindhouse ou Troma (du sexe, du sang, un humour parfois immoral et bien barré…), c’est finalement une petite douche tiède qui nous attend ici avec ce "sang plomb"… La faute visiblement à un amateurisme et à un cruel manque de budget (25 000 dollars) clairement affichés tout au long du film (casting, dialogues, photographie, passages saignants hors-champs) mais également à quelques vides scénaristiques non négligeables.

Loin d’être une déception à tous les étages, le film d’Alex Orr ne va tout simplement pas assez loin dans ses idées de base, pourtant sacrément originales et prometteuses… sur le papier. Alors que "blood car" nous pose d’emblée ce constat alarmant (plus aucune voiture ne roule, le carburant est devenu un véritable produit de luxe) et cette solution farfelue à tous les problèmes d’une population (substituer les hydrocarbures par du sang humain) qui devraient nous amener à des séquences bien tordues, immorales, avec des débordements bien sanglants et des rebondissements en pagaille, c’est finalement un film rapidement long et ennuyeux qui s’offre à nous.

Un début lent et très répétitif, des passages longs et ennuyeux (le film ne dure pourtant que 1h15 environ), des séquences humoristique finalement très limitées (nous sommes bien loin des fou-rires tant attendus), des passages saignants sur le papier mais finalement hors-champs, une dernière partie en demi-teinte (un passage peu compréhensible et mal filmé dans une sorte de steak house)… Le constat est quelque peu alarmant.

Le casting n’est malheureusement pas à l’honneur lui non plus. Très amateur, ce dernier se contente de nous mettre en avant deux-trois belles gosses aux plastiques plutôt généreuses et aux envies sexuelles débordantes ainsi qu’un acteur principal assez peu convaincant et mou du genou. Le trio, sur lequel l’histoire repose, formé par Archi et deux jeunes femmes (l’une profitant de ce dernier pour s’offrir des balades en voiture tandis que l’autre ne pense qu’à s’offrir de bons moments avec lui) peine encore à nous intéresser après quelques minutes et donne même l’impression de tourner en rond. Les dialogues eux-mêmes ne tiennent parfois pas la route et s’avèrent parfois carrément incompréhensibles (la faute peut-être à une traduction française approximative dans les sous-titres ou ne pouvant tout simplement pas réitérer certains jeux de mots…).
On retiendra surtout (chose amusante car ce dernier n’apparait qu’une poignée de minutes dans tout le film mais s’avère être le personnage pour ma part le plus intéressant ici…) un loubard afro-américain qui parle constamment sur un tempo rap en injuriant sans cesse (encore faut-il voir cela sur une piste VOST car après avoir essayé la piste VF sur ce passage du film, cette unique originalité dans le casting a été gommée…).



Toutefois, ce côté immoral, voire même très méchant (on n’hésite pas à tuer des enfants, des handicapés, des animaux…), attendu au tournant demeure bien présent dans le film d’Alex Orr mais n’est pas forcément amené avec la subtilité espérée (c’est souvent vite expédié, sans grande saveur). On notera cependant une fin plutôt sympathique, originale, immorale et irrévérencieuse comme on aurait aimé d’ailleurs en voir encore un peu plus dans "blood car" malheureusement.
Restent également les côtés « sexe » (les plans nichons sont bien là, tout comme les parties de baise en bagnole) et « décalé » (les relations sexuelles tordues entre Archi et une jeune femme) qui subsistent mais qui sont malheureusement noyés dans une matrice poreuse, sans grande consistance.

Enfin, notons toutefois une musique bien sympathique (Mozart et Chopin sont de la fête) et collant parfaitement à l’esprit du film, un brin décalé.



Au final, ce "blood car" déçoit énormément. Alors que l’ensemble des ingrédients semblaient présents (sang, sexe, humour déjanté, immoralité) pour nous offrir une sorte de mix entre Troma et Grindhouse, nous avons finalement un résultat ne tenant pas ses promesses et n’allant pas au bout de ses idées pourtant alléchantes sur le papier… Une mayonnaise qui ne prend malheureusement pas et qui envoie le film d’Alex Orr dans le panier des long-métrages aussitôt vus aussitôt oubliés.








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