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Tous les ans, Franck emmène sa petite famille chez ses beaux-parents pour fêter le réveillon. Tous les ans, il prend cette même route pour s’y rendre, mais pas cette année-là… Un choix que Franck va rapidement regretter car cette petite route passant par la forêt qu’il a, contre toute attente, prise cette année risque de ne pas l’amener chez sa belle-mère…



Les financiers français montrant assez peu d’entrain pour la production de leur film, Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa décident alors de réaliser leur premier film à l’étranger. Et grand bien leur a fait de ne pas baisser les bras : "dead end" a séduit beaucoup de festivaliers à travers le Monde lors de ses projections, raflant au passage quelques prix non négligeables (prix du jury au festival Fantasia de Montréal, prix du jury et prix du public au BIFFF…), belle revanche pour notre duo de réalisateurs français contre ceux n’ayant vu aucun intérêt à l’élaboration de ce film.

Il est vrai que "dead end" ne propose pas du grand spectacle tape-à-l’œil, des effets gores en veux-tu en voilà ou encore une pléiade d’acteurs prêts à se faire dégommer à chaque instant par des bêtes sanguinaires ou autres malades mentaux consanguins et j’en passe… Une poignée d’acteurs, un décor des plus simplistes (une route déserte en forêt, une voiture familiale la traversant en pleine nuit et une petite cabane au bord de la route), un résumé semblant nous proposer du réchauffé… Les financiers français ont prévu là un bon petit échec commercial, le film de trop qui n’apporterait rien de plus au cinéma de genre et encore moins de l’argent dans leurs caisses.



Et pourtant, "dead end" s’avère être, comme par exemple "maléfique" d’Eric Valette (pour ne citer que celui-ci), une agréable surprise.

Mêlant habillement fantastique et humour, le film de Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa n’ennuie pas une seule seconde. A peine commencé, "dead end" distrait son public par un humour bien dosé (humour noire, ironie, discours d’homophobe et autres passages lorgnant sur le sexe…) mais également des personnages très sympathiques et va rapidement nous plonger ensuite dans cette ambiance quelque peu inquiétante avec l’apparition (après moins de 10 minutes de film, exit les blablas longs et pénibles) d’une femme au bord de la route, seule dans la nuit en pleine forêt, un bébé dans les bras… Le film bascule alors dans une atmosphère bien plus lugubre et l’horreur va aller crescendo.
Ce qui semblait être un énième road movie sans grande surprise va finalement s’avérer bien plus intéressant et original que ce que l’on était en droit de s’attendre jusqu’alors. Toujours dans ce même esprit Fantastique/Humour (on regrettera peut-être d’ailleurs parfois certaines musiques maladroites délaissant quelque peu le côté fantastique), ce film revisitant à sa manière le mythe de la dame blanche voit les drames s’enchaîner sans réel temps mort et les effets de surprise s’interposer par-ci par-là jusqu’à un final inattendu.



Mais que serait "dead end" sans ses personnages? En effet, le film de Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa prend le parti de ne pas suivre « bêtement » le schéma classique des road movies nocturnes (bien plus remuants habituellement) et va préférer nous plonger au cœur de cette famille au bord de l’éclatement, en proie progressivement à la paranoïa, la folie…
Partant de petites vexations ou de moqueries les uns envers les autres sans aucun réel mépris mais plutôt de l’amusement, les relations au départ complices et purement amicales entre les différents membres de cette petite famille vont rapidement se dégrader. Secrets (plus ou moins lourds à porter) dévoilés et péripéties en cascades (tromperie, rupture…) vont alors se succéder à une vitesse folle.
Et ce stress supplémentaire lié à la situation du moment (perdus en pleine forêt sur une route qui semble tourner en rond, drame survenant soudainement, étranges phénomènes) ne va pas aider du tout à la reconstruction de cette petite famille qui semble être en plein cauchemar. La folie s’installe chez certains (superbe interprétation de Lin Shaye qui nous montre le Jack – "Shining" - Nicholson qui est en elle), la rage et la haine ou tout simplement la déprime et la détresse chez d’autres… Un vrai régal!



Au final, "dead end" s’avère être une bonne petite surprise. Un petit film sans prétention qui montre qu’avec peu de moyens mais quelques bonnes idées on peut encore surprendre un public désireux de voir quelque chose de neuf dans le paysage du cinéma de genre. Un film à découvrir si ce n’est déjà fait!








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