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Dans un Japon féodal imaginaire, Lord Kira, un seigneur de guerre avide de pouvoir tend un piège à Lord Asano, un seigneur concurrent, afin que se dernier s’inflige le Seppuku (suicide des guerriers japonais par ouverture du ventre) et bannit sa faction de 46 samouraïs. Ceux-ci vont alors errer aux quatre coins du monde, en jurant de se venger et de restaurer l'honneur de leur maître déchu. Arrachés à leurs foyers et exilés loin de leurs terres d’origine, ils vont donc devenir des Rônins, des samouraïs sans maître. Afin de retrouver leur statut et de laver l’innommable affront, ils vont devoir demander de l'aide à Kai, un bâtard au sang mêlé qu'ils avaient jadis renié, dans le but de combattre les monstres maléfiques et la magie noire qui hantent le monde sauvage qui les entoure. Vont-ils y arriver ?



Inspirée de l’une des plus célèbres légendes japonaises, cette histoire extraordinaire trouve ses origines au début du 18ème siècle, quand 47 nobles samouraïs s’attachèrent à venger la mort prématurée de leur maître. Ce premier film de Carl Erik Rinsch, après une carrière dans le clip et la publicité, ajoute une touche de sorcellerie et de magie purement fictionnelle à un récit transmis et enrichi au cours des âges, ce qui était audacieux. Pour se montrer à la hauteur de la légende, le réalisateur Carl Erik Rinsch disposait d’un budget pharamineux d'environ 175 millions de dollars ! Mais 47 Ronin a été un échec au box office mondial et peine toujours à rembourser l’argent investi. Quelles sont alors les raisons d’un tel revers ?

Au rayon de l'action tout d’abord, le film, si l’on se fiait à la bande-annonce, promettait des séquences à couper le souffle, mais il faudra pendant la première heure se contenter de quelques duels rapidement exécutés et d'une partie de chasse. Par la suite, seules les scènes de la grotte des Tengus et de l'assaut final sont réussies, le reste étant trop vite bâclé, qu’on ait affaire à des saynètes de dialogues interminables ou bien à des séquences de tourisme à n’en plus finir. Dommage, car il y avait du potentiel, mais le film souffre gravement d’un gros problème de rythme.



Côté casting ensuite, on se demande quand même ce que vient faire là Keanu Reeves ("Dracula (1992) ", la trilogie "Matrix", "Constantine" et plein d’autres encore), incarnant un souffre-douleur au sang-mêlé pourtant absent du récit d’origine. Alors certes, il n’est pas mauvais mais il fait un peu tâche au sein d’une distribution quasi exclusivement nippone. On a tout de même l’impression que le personnage a été inventé pour toucher plus facilement le public américain ! Pour ce qui est du reste, c’est la sorcière jouée par Rinko Kikuchi ("Pacific Rim") qui tire la couverture à elle. Cette dernière est fascinante car magnifique et vicieuse à souhait et nous ravit par ses différentes mutations. Hiroyuki Sanada (deux "Ring", "Speed Racer", "Wolverine : le combat de l'immortel") est parfait en leader charismatique des samouraïs déchus, tout comme Tadanobu Asano ("Ichi The Killer") campant Lord Kira, un méchant ambitieux et calculateur. En revanche, Kô Shibasaki ("Battle Royale") incarne une fille de chef de clan assez fade d’autant que sa romance avec Kaï n’apporte rien au métrage en plus d’être niaise au possible. Et puis, que dire de Rick Genest plus connu sous le nom de Zombie Boy dont le corps est quasiment recouvert intégralement de tatouages dont le temps d’apparition se résume à environ trente secondes et une réplique !? Pourtant présent sur l’affiche du film, son personnage n'a aucune identité et c’est à se demander si son rôle n'a pas été tout bonnement coupé au montage ! Bref, c’est un peu inégal de ce côté-là et pourrait ne pas susciter d’empathie auprès d’un public exigeant en la matière. D’aucuns pourraient en effet ne pas s'attacher aux personnages et le dénouement de leur histoire aussi tragique qu’elle soit pourrait ne pas émouvoir plus que ça.



En ce qui concerne les effets spéciaux, certes certains sont splendides (la bête du début, les multiples transformations de la sorcière…) mais d’autres sont pathétiques (voir le maquillage des Tengus au faciès d’oiseau proprement ridicule !). Sans parler de l’utilisation de la 3D qui, comme souvent, n’apporte rien si ce n’est un mal de crane terrible, mais bon tant que ça peut rapporter du fric…

A côté de tout ça, 47 Ronin n’a rien de la purge annoncée et apporte son lot de points positifs. On se laisse ainsi totalement charmer par un japon féodal haut en couleurs avec ses décors naturels majestueux aux multiples arbres fleuris, ses citadelles et autres villages nippons admirables et les armures hyper ciselées des samouraïs. Il est évident qu’au niveau des décors et des costumes, le travail est remarquable. Et cette magnifique reconstitution est soutenue par une photographie flamboyante qui demeure un véritable plaisir des yeux. Je terminerais mes éloges sur la fin du film qui, même si elle ne respecte pas celle de l’histoire originale, a le mérite d’éviter le happy end de rigueur propre aux productions américaines mainstream, ce qui finalement est assez osé pour eux.



En conclusion 47 Ronin n'est ni bon ni mauvais, c'est un film imparfait somme toute sympathique qui a beau être un échec commercial, mais qui présente tout de même un divertissement honnête se laissant regarder sans problème grâce notamment aux superbes images et décors qu’il propose. Mais bon, on risque de l’oublier assez vite car il manque de cohérence au niveau rythmique et de certaines fulgurances pouvant le démarquer d’autres blockbusters qu’on jugera plus « couillus » !









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