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Frank Zimosa, tueur à gages de son état, est engagé par le riche et puissant Jorge Mistrandia, pour exécuter une mission. Celle-ci a pour objectif l’assassinat d’un couple dans un hôtel européen selon un rite bien précis. Mais découvrant qu’il s’agit de meurtriers également employés par Mistrandia, notre assassin professionnel remplit son contrat d’exécuteur sans respecter le rituel. Bien mal lui en prend puisqu’il découvre qu’il n’est pas tout seul et que son employeur a envoyé une armée de sbires fous à ses trousses pour non respect de leur accord. Sortira-t-il indemne de cet hôtel de l’enfer ?



Nous voici avec la troisième réalisation de la fratrie De Santi (ici, c’est Giulio qui est aux commandes), pilotant Necrostorm, firme généreuse en barbaque et tripailles, nous offrant après le super stimulant "Adam Chaplin" et le plutôt inégal mais tout aussi gore "Taeter City", son nouveau morceau de bravoure. Ici, la nouveauté c’est de filmer l’histoire en caméra subjective afin de trouver un effet FPS. Pour les moins « gamers » d'entre vous, un FPS désigne un « First Person Shooter » dans le monde du jeu vidéo, autrement dit un jeu de tir à la première personne où les seules choses que l'on voit du personnage que l'on incarne sont ses mains et les armes qu'il tient. Ce qui finalement paraît logique puisque Necrostorm développe aussi des jeux vidéo violents et sanglants. D’ailleurs le personnage principal du film étant un tueur à gages, il est évident qu'on y trouve des armes diverses et variées, ce qui nous rappellera les items de certains jeux. On remarquera également un nombre d’ennemis considérable et venant de partout ainsi qu’un démon semblant incarner le boss de fin, ce qui peut encore une fois nous rapprocher de l’univers du jeu vidéo. Quant à l’ambiance, il est vrai qu’elle est angoissante, caméra subjective oblige, et pourra être rapprochée de celle des meilleurs jeux de survival horror.



Ainsi, tout le métrage se déroule en vue subjective. On y suit un tueur à gages qui doit remplir un contrat dans un hôtel dont la nature se révélera assez inattendue (ou pas, si vous avez lu le titre du film !). Tout ce que l’on voit via la caméra, est donc ce que perçoit et fait le professionnel de l’assassinat. Vu le faible budget du film qui fleure bon l’amateurisme artisanal, véritable marque de fabrique de Necrostorm, Hotel Inferno a un cadre suffisamment soigné pour convaincre. L’effet FPS joue forcément un rôle dans l’implication du spectateur, qui se retrouve alors lui aussi enfermé dans un hôtel luxueux mais pourtant rempli de tueurs et hanté par un démon. Plusieurs séquences sont alors très efficaces car bien stressantes (l’entrée de Zimosa dans une chambre pour commettre son double meurtre, la fuite dans les couloirs où notre tueur est poursuivi sans relâche par la voix de Mistrandia, l’exploration peu rassurante des sous-sols caverneux de l’hôtel, etc.), le regard à la première personne renforçant alors le sentiment d’insécurité permanent et oppressant qui nous habite.



Mais venons-en à ce qui vous intéresse avant tout, vous les fans de splatter décomplexé : le gore ! Comme d’habitude chez les De Santi, on n’est pas déçu par la marchandise dans ce domaine tant ils sont généreux. C’est du bon « fait maison » avec des effets à l’ancienne, le numérique n’étant là qu’à doses homéopathiques. Ici, tous les coups sont permis avec des explosions de crâne ou de grosses parties du corps humains (!), du tranchage, du cassage, de l’arrachage de membres divers et ce, dans tous les sens. Quant aux armes utilisées, il y a un peu de tout avec : un simple pistolet, un fusil à pompe, une grenade, une tronçonneuse, des lames tranchantes, qu’elles soient usuelles ou bien ressemblant à des outils nécessaires à des rituels. Bref, vous l’aurez compris, pour ce qui est des geysers d’hémoglobine et autres explosions sanglantes en tous genres, Necrostorm se moque rarement de ses fans et c’est encore le cas ici.

Malheureusement, le rythme est le gros point faible du film car il est lacunaire et beaucoup trop sinusoïdal. On alterne entre des passages où notre héros discute avec son employeur, des scènes d’exploration souterraine ou forestière, des séquences d’affrontements plus ou moins gore ou bien des saynètes lors desquelles il palabre au téléphone avec sa petite amie, ce qui, avouons-le n’apporte pas grand-chose au métrage à part une répétition malvenue. On pourrait également ajouter que quelques incohérences viennent plomber cette petite « bisserie » familiale et suscitent en nous des questionnements sans réponse ou bien une incompréhension soudaine. Ainsi, pourquoi les personnes dont le crâne vient d’être explosé ont une sorte de couche de, comment dirais-je, « viscères » sous leur visage ? Le réalisateur a-t-il déjà pris des cours d’anatomie ? Il y a aussi une scène où Zimosa montre sa main, qui n'a pas de bandage ou de blessure. Rien de choquant jusque-là sauf qu’une saynète de premiers secours de cinq minutes avec gros pansement à l’appui a été montrée précédemment !? De même, notre tueur professionnel met au point un piège d’une simplicité troublante : il accroche ou plutôt appose juste une grenade à un bâton et met un peu d'herbe dessus. Alors messieurs De Santi, je ne suis certes pas artificier ou spécialiste en la matière, mais je suis persuadé qu’un tel bricolage n’aboutira à rien : aucune déflagration ne se produira si quelqu’un met le pied sur une telle feinte, celle-ci est proprement bidon. Et puis pourquoi l’action se déroule-t-elle dans un hôtel ? On ne saura jamais et en même temps, est-ce vraiment important ?



Au final, même s’il se trouve en total accord avec les idéaux des gars de Necrostorm (du gore, du gore, du gore et encore du gore !), Hotel Inferno déçoit, d’autant que c’était-là leur troisième réalisation. On était alors en droit d’en attendre plus. La faute en revient à : un gros problème de gestion du rythme, des scènes redondantes voire inutiles pouvant lasser les spectateurs et surtout, des incohérences pouvant en interloquer plus d’un. Ajoutons également que finalement peu de scènes vous marqueront et que le dénouement est assez décevant. Dommage, car c’est souvent ce que l’on retient d’un film ! Toutefois, ce premier long-métrage gore à la première personne, malgré des défauts inhérents à ce genre de production indépendante, fait preuve d’une telle générosité que ça incite à la compassion, alors à vôtre bon cœur Messieurs-dames !