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Atsumi, talentueuse dessinatrice de mangas, se retrouve plongée dans le coma après avoir tenté de mettre fin à ses jours. Son petit-ami Koichi ne comprend pas cet acte insensé, d'autant qu'ils s'aimaient passionnément. Afin de la ramener dans le réel, il rejoint un programme novateur permettant de pénétrer dans l'inconscient de sa compagne. Mais le système l'envoie-t-il vraiment là où il croit ?



Après "Tokyo Sonata" et la mini-série "Shokuzai", Kiyoshi Kurosawa revient au fantastique avec "Real", adaptation du roman A Perfect Day for Plesiosaur de Rokurô Inui. Conservant la base dramatique caractéristique de ses derniers travaux, le réalisateur nous raconte donc ici l'histoire d'un homme confronté au coma de son épouse, après une tentative de suicide. Par un procédé rappelant un peu "Inception" ou "Paprika", il a l'opportunité de pénétrer son esprit, afin d'entrer en contact avec elle, de comprendre les raisons de son geste et de la guérir. Mais très vite, il va remarquer que ces incursions ne sont pas sans conséquences pour lui-même...



Pendant une première heure très intéressante, Kurosawa tire parfaitement parti de son sujet, nous intrigue et parvient même à nous inquiéter lorsqu'il nous fait pénétrer dans l'appartement de Atsumi, théâtre d'événements étranges, la jeune femme pouvant donner vie à ses dessins. Le film glisse ainsi par moments dans l'horreur et l'épouvante, entre une pièce inondée rappelant "Dark water" ou des personnages désincarnés directement issus de "Kaïro", auquel on pense d’ailleurs très souvent pendant "Real".

C'est avec un premier retournement de situation que le film va peu à peu perdre de son intérêt. Si le thriller et l'enquête restent assez prenants, encore qu'assez prévisibles, "Real" s'enfonce dans le film romantique niais, enchaîne les rebondissements sans saveur avant de se vautrer dans un final grotesque, à peine digne d'une série B fantastique et pendant lequel on se demande ce qui a bien pu passer par la tête de Kurosawa.



Très rapidement, on perd ainsi l’ambiance pesante que l’on retrouvait dans certains passages, au profit de thématiques plus classiques (l’attachement aux racines et au passé, l’écologie, les dérives de la science…). Même l’aspect dramatique, dans lequel le réalisateur excelle d’habitude, peine à convaincre, d'autant que l'on retrouve l'un des défauts récurrents de Kurosawa : son acteur principal (Takeru Satoh, notamment connu pour avoir interprété Kenshin le vagabond dans l’adaptation du manga) ne dégage pas grand-chose et semble horriblement mal dirigé.



Comptez en plus de tout cela une durée que rien ne justifie (on a l’impression que tout est exagérément allongé pour parvenir à deux heures de film), et il sera très difficile de ne pas être déçu par ce nouveau film de Kiyoshi Kurosawa, surtout après les excellents "Tokyo Sonata" et "Shokuzai". En bref, ça commence comme "Kaïro" pour finir en petite bluette adolescente, entre romance niaise et fantastique d’opérette, le tout enrobé d’une mise en scène étrangement impersonnelle (et parfois très laide…), de thèmes réchauffés et d’une interprétation souvent limite…