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Dans une société futuriste nommée Taeter City, la paix règne car tout est géré d’une poigne de fer par les membres d’une sorte de dictature : l’Autorité. Pour éradiquer crimes, récidives et émeutes de toutes sortes, ceux-ci utilisent un système d'ondes radio spécial appelé Zeed qui leur permet de contrôler et de modifier le cerveau des criminels, les forçant à se suicider de manière horrible avant qu’ils ne commettent le moindre forfait. Un corps de policiers spéciaux se déplaçant à moto est chargé de récupérer leurs cadavres et les remet aux abattoirs de la ville. Ceux-ci alimentent les chaînes de restauration rapide Taeter Burger avec les produits de chair humaine dont ils ont besoin pour nourrir les citoyens. Mais voilà, le système Zeed ne fonctionne plus comme il était censé le faire initialement : un criminel n’est plus le même, les ondes radio l’ont rendu plus fort ! Suivez la folle mission de Razor, Shock et Wank, nos trois officiers de police de choc, chargés de gérer cette situation avant que ça ne dégénère de manière chaotique et touche d’autres assassins ! Vont-ils y arriver ?



Après l’étonnant "Adam Chaplin", l’équipe de Necrostorm remet le couvert un an après son précédent long-métrage. Ce coup-ci, c’est directement son manager, Giulio De Santi, qui se colle à la réalisation et au scénario et reprend peu ou proue une bonne partie du casting présent dans le film de son frère. Vous l’aurez donc deviné, Taeter City sera gore, puisque c’est un peu la marque de fabrique de la firme italienne, qui entre ses métrages (le dernier prévu étant « Alice’s Necroland »), ses jeux PC (comme « Death Cargo ») et ses cartoons (le déjanté « Dhondolone », version trash de "Happy Tree Friends") n’en finit plus de réjouir les fans de splatter hors normes. Pendant un peu plus d’une heure dix, on assistera ainsi à une succession de scènes toutes plus sanglantes les unes que les autres. Au programme et ce de façon non exhaustive tant le film foisonne d’idées, vous aurez : des explosions de têtes, de corps ou de moult parties de celui-ci, des découpages à l’arrache, du tranchage de tout se qui passe à portée de tronçonneuse, d’arme blanche, de fusil à balles explosives et autres gants à plasma découpant toute matière ! Bref, de la bonne boucherie gore riche en idées même si parfois outrancière !



Sur le plan pur du script maintenant, on se retrouve ici dans une société moderne où le peuple a été « encouragé » au cannibalisme par l'Autorité dans un monde où manger de la viande animale est prohibé et passible de peine de mort. Les citoyens sont ainsi nourris de hamburgers fabriqués à base de viande humaine composée de criminels identifiés scientifiquement comme déviants selon leur cortex cérébral et poussés au suicide ou abattus, c’est selon, et ensuite préparés pour être consommables par le plus grand nombre. Ainsi, dans les fastfoods Taeter Burger, les gens peuvent commander des doigts à la place de frites, des steaks de mains, de la cervelle bouillie, tandis que les os des criminels sont recyclés pour en faire des baskets ! Outre cette trouvaille scénaristique réjouissante, le film est entrecoupé de spots publicitaires pour la chaîne de restauration rapide susmentionnée ci-avant mais également par des séquences de propagande à la gloire de l’Autorité, tout comme dans le formidable "Starship Troopers". Mais voilà, exception faite de ses multiples scènes gore et de ses quelques concepts novateurs voire empruntés à certaines œuvres antérieures, Taeter City n’a pas grand-chose d’autre à proposer et peut vite lasser les non aficionados de ce type de cinéma underground.



Le gros point faible du film, c’est son budget. Les effets spéciaux sont certes généreux mais pas terribles, le maquillage des protagonistes est grossier même si pas forcément gênant sauf quant aux scènes de course-poursuites. Ici, les déplacements des miliciens de l’Autorité se font dans de soi-disant bolides futuristes… dont on se rend assez vite compte qu’il s’agit de véhicules miniatures filmés de très près, ce qui apporte un côté risible au métrage et pas du tout raccord avec son propos et son atmosphère !

En ce qui concerne les acteurs et même chez les principaux, il n’y a ici ni méchant ni gentil véritable. Que ce soit chez les tueurs aux ordres de l’Autorité avec Razor, portant un casque pendant une bonne partie du film mais arborant une sacrée paire de poumons ou bien chez les serials killers avec Caronte, le criminel résistant aux ondes et qui est laid au possible, aucun ne suscite une quelconque once d’empathie, mais c’était peu être fait exprès de la part de Giulio De Santi, puisque l’on est dans une société d’hyper consommation impersonnelle, mais bon ça n’aide pas à rentrer dans le film. De plus, pour ce qui est des personnages secondaires, difficile d’émettre un jugement sur leur prestation puisque leur temps à l’écran est limité : ils servent quasi tous de chair à canon, point barre ! De fait, comment peut-on raisonnablement s’attacher ou s’identifier à un personnage alors qu’aucune individualité ne se dégage du métrage ? Et subséquemment comment pénétrer dans l’univers du film quant tous les protagonistes manquent de charisme ? De plus, même si la narration est intéressante avec ce mélange de scènes de baston, de poursuites et de spots publicitaires, elle s’avère assez répétitive ce qui pourrait en ennuyer certains, au rang desquels figure votre serviteur.



Malgré un pitch original et prometteur, le film n’a rien d’autre à proposer que du sang et des organes explosés et c’est bien dommage ! Mélange de « Wicked City » (de Tai Kit Mak de 1992, adaptation live de l’animé éponyme de Kawajiri) au niveau scénaristique et de "Starship Troopers" quant aux idées de propagandes critiquant le fascisme, Taeter City présente surtout un scénario servant de prétexte à l’hyper violence et basta. Alors d’accord, l’ambition de l’entreprise est louable et son enthousiasme pourrait être communicatif si le reste suivait. Mais le style affiche une certaine pauvreté visuelle via certains effets spéciaux ridicules et le casting est trop malingre pour être transcendant. Toutefois, nonobstant cette critique relativement négative, ce film violent et gore à souhait est susceptible de plaire aux adeptes du cinéma d’horreur underground et à tout fan de cannibalisme, et ce n’est déjà pas si mal, à condition d’aimer la surenchère !


Le DVD que l’on peut trouver sur le site de Necrostorm est accompagné de plusieurs gadgets (dont un poster signé par le réalisateur), ainsi que de bonus complets et sympas...