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Un post-apo avec des mutants à faces de grenouilles, un catcheur mort de rire et un tas de pépées pas bien frileuses ça vous tente ? Bienvenue à Frogtown. Après que les différents pays détenteur de l’arme nucléaire se soient tous rendus la politesse atomique, le monde tente de se reconstruire. Mais les radiations ont eu raison de la production de spermatozoïdes chez tous les hommes, sauf un : Sam Hell, Autre conséquence fâcheuse de l’apocalypse nucléaire : l’apparition de mutants ressemblant étrangement à des batraciens humanoïdes. Les mutants vivent en marge, dans une ville de bouges sales, de violence et d’alcool frelaté. Bienvenue à Frogtown. Dans cet univers de gravas et de banditisme, les humain(e)s se sont dotés d’un gouvernement provisoire, mélange de laboratoire médical et d’organisation paramilitaire dirigée par des femmes. Le « Gouvernement » capture Hell et oppose son droit de propriété sur la sulfateuse à moustaches du beau garçon. C’est donc affublé d’une ceinture de chasteté explosive, que Sam Hell et deux miliciennes vont se diriger vers Frogtown pour délivrer les dernières vierges fertiles, capturées par les vilains crapauds mutants. L’avenir de l’humanité dépend de la réussite de la mission suicide de Sam Hell et de ses deux gardiennes.



Premier vrai rôle du catcheur Roddy Piper (qui crèvera ensuite l’écran dans « Invasion Los Angeles »), Hell Comes to Frogtown est l’illustration absolue de la série B maladroite et jouissive. Et Monsieur Piper n’y est pas pour rien. Arrivé là sur un malentendu et détesté par le réalisateur (Roddy avoue avoir obtenu le rôle parce que la production voulait faire une faveur à son manager qui avait de grandes stars de la pop sous son aile), Roddy a un jeu particulièrement « libre ». Il n’est alors pas un acteur professionnel et voit dans Hell Comes to Frogtown une belle opportunité de se marrer. C’est donc un Roddy Piper cabotin et hilare, trop content d’être payé à tripoter quelques gonzesses, que le spectateur suivra pendant tout le film.

C’est précisément ce jeu, plein d’entrain et de maladresse, qui donne à Hell Comes to Frogtown sa bonne humeur communicative. Le premier s’éclate totalement, et le voir balancer des punchlines à deux sous, un immense sourire aux lèvres, les yeux pétillants de malice, suffit à justifier la vision du film.



Bien que Roddy Piper contribue plus que largement à l’aspect série B jouissive du film, le réalisateur n’y croit pas vraiment - il fera d’ailleurs un second volet sans Roddy Piper, et quelques autres navets composés de guerriers crapauds et d’alligators fans de glisse. Pourtant, tant le scénario que la direction artistique ne laissent aucune place au doute : Hell Comes to Frogtown ne pouvait être promis à un grand avenir.
C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles Roddy Piper n’a pas pris l’entreprise trop au sérieux. Une ceinture de chasteté qui ne peut être ouverte que par la boucle d’oreille-télécommande de l’une de ses gardiennes, des mutants-batraciens humanoïdes obsédés et un véhicule de combat façon « Mad-Max » mais roses…



Difficile donc de prendre Hell Comes to Frogtown au sérieux. Il s’agit véritablement d’un film d’exploitation dans la plus pure tradition du style : des courses, des combats et des actrices vaguement vêtues toutes les 15 minutes tout au plus. En clair rien n’est totalement à jeter. Tout est fait de bric et de broc improbable, mais participe à créer l’atmosphère inimitable de post-ap’ de série B propre aux années 80.
Le film de Donald G. Jackson et R. J. Kizer est donc bien plus proche de Roger Corman et ses improbables « Gladiateurs de l’an 2000 » que de productions plus sombres comme « Mad Max » ou même « Dead End Drive-In ».



Au final, soyons honnête : son scénario complètement con, emportera la sympathie des amateurs de pellicules déjantées. D’autant qu’il ne s’épargne aucune situation ridicule ni aucune vanne vaseuse.
Ajoutons à cela des grenouilles mutantes du plus mauvais goût, des personnages profondément crétins, et un casting qui caresse la rétine, et nous nous retrouvons avec un divertissement des plus agréables. Mieux : idéal par une chaude et moite nuit d’été, en slip dans le canapé, une bière à la main.

En parlant de bière, je lève la mienne à la santé de Arrow Video, qui a édité un Blu-Ray parfaitement fantastique du film (ne le cherchez plus, il est épuisé). Les bonus – dont sont tirées les anecdotes de la présente chronique) – sont comme à l’accoutumée absolument géniaux.









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