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Une scène filmée en 8 mm montre les images d'une femme menottée et poignardée à mort. Puis, sans transition aucune, on assiste à la balade de six amis qui conduisent à travers une zone désertée et qui se retrouvent soudain harcelés par un camion dont le chauffeur refuse de communiquer avec eux. Il les oblige ainsi à s'arrêter et se gare derrière les jeunes voyageurs. Après une durée indéterminée, l'homme costumé en lapin de Pâques repart, tue une femme qu'il tenait captive alors que nos compères sont, par la force des choses, obligés de continuer à pied dans une région hostile et dont certains habitants semblent plus qu’inamicaux à leur égard. Survivront-ils alors à ce cauchemar éveillé ?



Voilà encore un film d’horreur qui annonce la couleur avec le slogan « basé sur une histoire vraie » se voulant bien effrayant. Après quelques recherches, « The bunnyman » est une légende urbaine qui est probablement originaire de deux incidents recensés dans le comté de Fairfax, en Virginie, en 1970, mais qui a été répandue dans la région de Washington DC. Il existe de nombreuses versions de la légende, mais la plupart impliquent un homme portant un costume de lapin (« The bunnyman ») qui attaquerait de jeunes gens avec une hache. Toutefois beaucoup de variantes diffèrent quant à l'origine de l’arme, des victimes et de la description du costume de lapin. Dans certains contes, le fantôme du lapin ou son spectre vieillissant sortirait de son lieu de décès chaque année à Halloween pour commémorer sa mort et mutiler des gens.



Dans tous les cas, l'intention du film est donc clairement de promouvoir le mythe, mais c’est juste une ignominie. Bunnyman (aux Etats-Unis) ou « The Bunnyman Massacre » (en Allemagne) ou comme vous voudrez l'appeler, est juste un exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire dans un film d’horreur si vous voulez le rater. Il s'ouvre sur une séquence tournée en 8mm où l’on voit un homme traquant une jeune femme et la tuer - sans jamais savoir qui est le quidam ou pourquoi il a occis la jeune fille - c'est juste une sorte d'introduction. On n’a toutefois aucune piste quant à savoir si elle était pertinente pour le reste de la narration, mais si c'était le cas, ce n’était pas clair du tout. Puis nous rencontrons six jeunes crétins qui conduisent à travers la campagne. J'utiliserai volontairement le terme « crétin » ou d’autres synonymes tout au long de ma critique parce que si les crédits de fin prétendent que tous ces personnages ont des noms distincts, personne ne les utilise pendant le film, ils préfèrent tous communiquer la plupart du temps en s’interpellant avec des « Hey toi ! » ou des « Allons, allez ! » et des « Cours ! » et surtout, plus que tout : tous nos protagonistes ont des comportements incohérents au possible à la limite de la débilité mentale ! Enfin bref, on ne saura jamais pourquoi ils étaient là tous ensemble et où ils se rendaient exactement mais avant que nous puissions passer trop de temps à nous inquiéter à ce sujet, ils sont soudainement pris en chasse par un camion mystérieux qui les oblige à quitter la route pour se retrouver acculés au bord d’une nationale avec leur véhicule endommagé. Plutôt que d’appeler la police (oh non, ce n’est pas vrai, aucun de nos tarés n’a de téléphone portable, et oui, vous ne rêvez pas !), un des six imbéciles sort de la voiture et commence à essayer de la réparer. Alors que le nigaud mécanicien est sous la bagnole, le camion vient à nouveau percuter la voiture, tuant l’abruti qui était dessous. Les débiles survivants sortent du véhicule sans aller vérifier si leur congénère est bien mort puis passent le reste du film à travers les bois à discuter, se cacher ou bien se faire décimer, c’est selon. Le conducteur du camion qui trimballe une tronçonneuse et est habillé comme le lapin de Pâques les poursuivra sans relâche ni pause pipi. Et c'est à peu près tout si on résume grosso modo. Oh bien sûr, les abrutis courent et rencontrent quelques autochtones dans cette campagne isolée, et la majorité d'entre eux leur dira de s'en aller. Ce qu’ils ne feront pas. Certains des crétins mourront dans le désert et puis d’autres décéderont dans la cabane du Bunnyman, car ils auront forcément eu la brillante idée d’y aller et ce, alors que ladite cabane est située au bout d’un chemin lugubre flanqué de croix et d'ossements humains avec des crânes accrochés aux arbres ! D’ailleurs lorsque l’un de nos protagonistes suggèrera que ce n'est probablement pas une bonne idée de continuer sur cette voie, un autre lui rétorquera qu’il y a probablement une explication logique à cela (et bien oui en fait la plus rationnelle étant celle du maniaque dérangé ayant tué des gens et accrochant leurs squelettes dans les arbres bordant son allée !) et ils continueront leur petit bonhomme de chemin tranquillement.



Vous l’aurez aisément compris, Bunnyman est une grosse purge des familles même pas drôle à regarder entre potes bien imbibés tellement c’est mauvais. Le script est épouvantable, le réalisateur (aussi producteur, scénariste et…acteur) n’a aucun sens du rythme (il n’y a qu’à voir la scène où les abrutis discutent avec un redneck du cru donnant l’impression de durer trois heures tellement c’est longuet), il n'y a aucun développement quant à la psychologie des protagonistes, leur background (que signifie vraiment les saynètes du générique de fin illustrant ce qui semble être le jeune Bunnyman et sa famille ?) , les relations entre eux ne sont pas claires (qui sont : le bossu, l’homme et la femme normaux, en apparence, vivant avec le psychopathe ?) et chaque personnage semble demeuré au possible. C’est bien simple, chaque décision qu'ils prennent est soit la mauvaise ou tout simplement stupide. Avouons-le, si vous êtes coincé au milieu de nulle part avec un maniaque vous pourchassant avec son gros camion, sortiriez-vous de votre voiture pour essayer d’aller dialoguer avec le conducteur puis iriez-vous marcher dans une forêt abandonnée avec des crânes accrochés aux arbres ? Non !!! Ajoutons à cela que le jeu des acteurs est juste terrible, il est vrai qu’ils ne sont pas aidés par les dialogues, mais bon comment ces gens ont-ils réussi à passer le casting ? Ont-ils seulement été aux cours du soir ?

Généralement le son est important dans un film d’horreur, il renforce la tension, créé des fausses alertes et fournit de l'élan lors des moments les plus lents. Ici que nenni ! Parfois, le film est beaucoup trop fort et soudain on n’entend plus rien et ce, au cours d’une scène de dialogues !? Puis la tronçonneuse ou un klaxon de voiture ou tout autre son irritant fait place et devient assourdissant, aïe mes oreilles !

Pour ce qui est des effets spéciaux, ceux-ci sont à peu près inexistants, les scènes de morts sont loin d'être horribles, exception faite d’une femme coupée en deux par des chaînes, pourtant il y avait de quoi faire avec une tronçonneuse (l’arme de choix du Bunnyman) plongée dans les estomacs ! Mais non, vous ne voyez rien, juste un peu de sang éclaboussant les visages, si bien que quasiment tous les tués le sont hors de l'écran, dommage !

Pour ma part, Bunnyman est littéralement le pire survival que j'ai vu depuis des années, des décennies même. Pourquoi ? Eh bien - tout simplement - parce qu'il est terriblement mauvais à tous les niveaux qu’il en deviendrait presque unique. Il devrait d’ailleurs servir d'indice de référence, devenir le film que tous les cinéastes en herbe devraient regarder et réviser afin de savoir tout ce qu’il ne faut pas faire dans un film d'horreur. Pourtant, le mythe de « The Bunnyman » constituait une légende urbaine intéressante et pouvait permettre au film d’innover en termes de croquemitaine et de situations propres au survival qui souvent tourne à la boucherie. Mais ici, que dalle, la seule originalité de Bunnyman s'arrête au titre, puisqu’il apparaît comme rien de plus qu'un clone de "Massacre à la tronçonneuse" du début à la fin, et pour certains passages du film je pourrais presque jurer avoir vu "Duel", "Jeepers Creepers", "Delivrance" , "Wrong Turn", "Monster man" , "La colline à des yeux", et encore plein d’autres que Lindbergh plagie lourdement mais sans talent.



Sans intrigue, stupide, exaspérant, terne, terriblement réalisé, scénarisé avec les pieds et avec un son pourri, Bunnyman est un gaspillage insensé tant il cumule les mauvais points d’autant plus qu’il copie ce qui a déjà été vu un milliard de fois ! Cela ressemble à un projet de fin d'année d’un étudiant en cinéma mal reconstitué. Carl Lindbergh, qui a dirigé, produit, monté et joué dans le film doit revenir à l'école de cinéma ou peut-être essayer de faire un autre métier car là, le petit budget n’est pas une excuse, ce long-métrage est l'un des pires jamais réalisés. Il faut l’éviter ou apprendre de lui. Cependant, avec tout ce qui a été dit, Bunnyman représente tout de même votre seule et unique chance de voir un homme dans un costume de lapin de Pâques chasser une bande de crétins avec une tronçonneuse !


Oh la mauvaise nouvelle que voilà ! Bunnyman a une suite ! Écrit et réalisé par Carl Lindbergh (surprenant !), "Bunnyman 2" a été fait en 2012. Prions le ciel pour qu’entre-temps, le réalisateur ait appris de ses erreurs passées... On peut toujours rêver !






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