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Des étudiants vont passer une partie de leur semestre en Roumanie, à l’Université de Razvan, un ancien château-fort construit en plein cœur de la Transylvanie. Un établissement scolaire des plus inhabituels avec ses cours de sport où l’on apprend le maniement du crucifix et de l’épée dans l’unique but de tuer des vampires, ses fêtes d’étudiants où tout le monde s’habille en suceurs de sang, son proviseur amateur d’instruments de torture et accessoirement apprenti Frankenstein… Alors, le jour où le chef des vampires de l’ancien temps, le maléfique Radu, refait surface au château avec ses escort girls aux dents longues et affronte une chasseuse de vampires des plus tenaces, digne descendante de Van Helsing, la situation devient de moins en moins maîtrisable!



Même si elles ne sont pas aussi nombreuses que les comédies portant sur la thématique des morts-vivants, les comédies basées sur l’univers des vampires sont bien plus présentes qu’on ne le croit dans le monde du Septième Art. On pense bien-entendu d’emblée à des films tels que "le bal des vampires" de Roman Polanski ou encore "vampire… vous avez dit vampire?" de Tom Holland. Mais, depuis les années 90, nombreuses sont les comédies sorties sur nos monstres aux dents longues, un panel allant du bon ("tale of vampires", "Dracula, mort et heureux de l’être", "les dents de la nuit"…) au moins bon ("un vampire à Brooklyn", "lesbian vampire killers"…).

Ce "transylmania" des frères Hillenbrand (de parfaits inconnus sur nos terres) fait assurément partie de la première catégorie, ce dernier parodiant la thématique des vampires à la sauce teen movie. Très sexy (on pense inévitablement à la saga des "american pie" à plusieurs reprises), "transylmania" joue énormément d’un humour tantôt potache (très porté sexe et drogue, parfois un peu lourd) tantôt plus subtil (les quiproquos et situations cocasses se succèdent avec une certaine réussite il faut bien l’admettre).



Même si certains gags sont très prévisibles et quelques bêtises sont poussées à l’exagération (troquer quelques jeans contre une moto side car…), on ne peut cependant pas dire que l’on s’ennuie devant le film des frères Hillebrand. Très rythmé et bourré de rebondissements (plus ou moins inattendus), « transylmania » nous offre même de bien sympathiques clins d’œil au cinéma de genre avec de parfaites allusions à "Dracula" (la fille du proviseur, quelque peu bossue, se prénomme Draguta entre autres), "Frankenstein" (à la manière de "frankenhooker" de Franck Henenlotter, notre proviseur se met à la construction d’un corps humain à partir de divers morceaux de cadavres), "Van Helsing" (ici, un parfait crétin…) ou encore "Re-Animator" et "Mars attacks!" (une tête retirée de son corps continue de parler). N’oublions pas également (la liste n’est cependant pas exhaustive) le petit clin d’œil à H.P. Lovecraft avec l’apparition d’un vieux livre intitulé « Codex Eroticon », sorte de bible de la parfaite baise (tiens, nouveau clin d’œil à "american pie" soit dit en passant) dont le nom fait bien-entendu penser au célèbre « Necronomicon », grimoire maléfique confectionné à partir de peau humaine sorti tout droit de l’imagination de l’écrivain américain.

Le mythe vampirique se retrouve également dans les décors du film, l’action se déroulant en grande partie dans un château fort lugubre (on cherche encore la fameuse université avec ses classes et ses couloirs parsemés d’étudiants… Seule la cantine nous est réellement montrée et accessoirement la salle de sport où l’on apprend le maniement du pieu et du crucifix…). Entre les couloirs sombres et étroits, les fameux escaliers en colimaçon, les remparts, le pont menant au bâtiment, les passages secrets… Tout le guide du parfait château-fort a semble-t-il été retranscrit dans "transylmania". Même une salle des tortures (pas dans le château mais non loin) nous est dévoilée dans une séquence des plus anecdotiques du film.
Petite touche rappelant entre autres les "Re-Animator" et "Frankenstein", nous avons même la chance de pouvoir pénétrer dans un vaste laboratoire où notre proviseur (à ces heures perdues savant et chirurgien décalé) exerce une activité secrète des plus farfelues.



Pour ce qui est de la galerie des personnages, là non plus nous ne sommes pas en reste! Un chef des vampires quelque peu à la ramasse par moments, un pseudo Van Helsing peureux, crétin et dragueur, une chasseuse de vampires maladroite mais tenace (difficile d’en venir à bout, la bougre!), un proviseur nain typé Frankenstein et complètement barré (sans oublier sa chère fille Draguta et sa bosse monstrueuse qu’elle porte sur le dos)… Bref, voilà une bien belle brochette de vainqueurs, véritables caricatures de personnages de films d’horreur, à laquelle s’ajoutent une bande d’adolescents ultra stéréotypés (normal pour une comédie horrifique à la "scary movie") : l’homosexuel, le geek intello, les raides déf’, la belle blonde sexy…
On appréciera également (pour les amateurs de films en VOST) le travail fait sur les voix de certains personnages, risibles au possible (le proviseur à la voix aigue pour rappeler sa petitesse, le comte Radu et sa voix rauque un brin exagérée, la pompom-girl prenant la voix de la fiancée de Radu avec un accent très Pays de l’Est…). Un régal pour le spectateur!

Au niveau des effets spéciaux, par contre on comprendra bien vite que le budget n’était pas prévu pour cela (pas de débordement sanglant et les rares effets visuels sont très perfectibles : la bosse de Draguta, le corps assemblé de notre proviseur chirurgien…) mais qu’importe, le principal est de s’amuser et c’est plutôt réussi dans l’ensemble!



Au final, voilà une bien bonne surprise que ce quasi-méconnu "transylmania"! Rythmé, drôle dans l’ensemble (certains gags sont prévisibles et d’autres font l’effet d’un pétard mouillé, conséquence logique quand on cherche à faire rire toutes les 10 secondes à la manière de "hot shots!", "scary movie" et autre "alarme fatale"), parsemé de rebondissements, de quiproquos et de situations cocasses : le film des frères Hillenbrand ne devrait pas vous décevoir pour peu que vous aimez les comédies à l’esprit très teen movie.








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