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Sam Lorit, joueur en fin de carrière de l’équipe parisienne retourne dans son village natal, Capelongue, afin d’y disputer un 32ème de finale de la coupe de France de football. Lorsque le bus parisien débarque dans ce bled du nord, l’ancien « enfant du pays » ne s’attend pas à un accueil aussi froid de la part d’une population dont l’immense rancune n’a d’égale que la taille des muscles de son ami d’enfance : Jeannot Belvaux. Ce dernier, resté joueur amateur à Capelongue, est dopé à bloc par un père médecin qui va malheureusement lui prodiguer la piqure de trop… Celle qui déclenchera l’épidémie…



Avant d’entrer dans le vif du sujet, resituons un peu ce qu’est « Goal of the Dead ». Il faut dire que le(s) film(s) débarque(nt) sur l’écran parisien du cinéma « Les 3 Luxembourg » pour quatre séances avant d’entamer une tournée en province sans qu’on en ait trop entendu parler avant. Tout d’abord, précisons que le film est français contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre. Ensuite, son format est plutôt original puisque le film est divisé en deux « mi-temps » soit deux films de 70 minutes, le premier réalisé par Benjamin Rocher (co-réalisateur de "La Horde") et le second par Thierry Poiraud ("Atomik Circus"). Un diptyque type « Grindhouse », avec un entracte animé par l’équipe du film (en tous cas pour la première), pour la diffusion de cette comédie horrifique.

Il faut bien avouer que le titre "Goal of the dead" colle parfaitement au film puisque c’est bien de football et de zombies qu’il s’agit. Plus haut, je spécifiais que GOTD est une comédie horrifique et il faut bien avouer également que s’il y a bien un film qui mérite cette « étiquette », c’est bien celui-là puisque le métrage est un mix parfait d’humour et de gore et cela tout au long des deux parties. En effet, le premier film parlant principalement de l’arrivée de l’équipe de Paris à Capelongue ainsi que du match et le second débutant au moment de la propagation du virus, on aurait pu craindre un déséquilibre entre les deux films (l’un aurait pu être trop porté sur la comédie et l’autre sur l’horreur), mais l’ingéniosité du scénario et un montage pertinent permettent d’obtenir l’homogénéité nécessaire au fonctionnement de l’ensemble. Bien sûr, le fait qu’un réalisateur différent ait réalisé chacune des parties fait qu’il y a des disparités dans l’approche de la mise en scène mais le tout fonctionne et les deux métrages se complètent parfaitement. Impossible d’ailleurs de dire si l’une des mi-temps est meilleure que l’autre.



Côté humour, entre les gags visuels surprenants et les « punchlines badass » des personnages, le film percute et provoque un rire instinctif chez le spectateur. L’écriture des dialogues est très bonne et le timing des répliques est millimétré, le tout interprété par des acteurs convaincus et convaincants. Le casting, parlons-en justement, puisque c’est un des très gros points forts du film. Pas de grosses stars à l’affiche mais des comédien(ne)s talentueux, impliqués et surtout une osmose entre eux qui fait plaisir à voir. Alban Lenoir, qui interprète l’ancienne gloire Sam Lorit, fait merveille et apporte le charisme nécessaire à ce personnage principal de joueur qui perd ses certitudes et son arrogance au fur et à mesure des révélations. L’acteur alterne avec brio les moments humoristiques et les passages de doutes. Dans le rôle d’Idriss Diago, la star montante de l’équipe parisienne, Ahmed Sylla crève lui aussi l’écran grâce à une puissance comique incroyable que l’on pouvait déjà déceler grâce à ses sketchs et qui confirme que son talent s’expatrie sans problème au cinéma. Pour la touche féminine, Charlie Bruneau et Tiphaine Dabiot interprètent des femmes fortes et la caractérisation de leurs personnages est réussie, ces dernières ne faisant pas figure de « faire-valoir » aux nombreux rôles masculins, loin de là. En guest-star, Bruno Salomone vient ici faire ce qu’il sait faire à la perfection à savoir le type odieux et pourri jusqu’à la moelle ! Face à lui, Patrick Ligardes, en coach fébrile mais honnête, effectue la balance et apporte la petite et dernière touche d’humanité qu’il reste au monde du football. Impossible de conclure cette section casting sans parler de la bande des aficionados de l’équipe Capelonguaise composée notamment de Vincent Debost, d’Alexandre Philip et de Benoît Moret, des fans de foot sympathiques et hilarants même si la caricature du supporter du nord alcoolique pourra irriter les plus ronchons d’entre vous. Toutefois, même si ces personnages sont plein de défauts pour la plupart, ils sont tous attachants et abordés avec un traitement affectueux et jamais méchant de la part des deux réalisateurs et des scénaristes.



Niveau réalisation, GOTD fait plaisir à voir. Les cadrages sont bien choisis, les séquences d’actions sont dynamiques et l’ambiance est superbement bien retranscrite grâce à une photographie soignée. Par exemple, les séquences nocturnes de matchs de foot sont magnifiquement éclairées et on en vient à regretter qu’il n’y en ait pas plus. Pas de panique, le reste du film est d’un niveau technique tout aussi réussi et on vient parfois à penser à Carpenter et à son "Assaut" ou à "Fog" lors des scènes où les héros se barricadent dans un bar. Une référence parmi tant d’autres pour un film qui en cumule certaines sans pour autant les pomper ou les parodier. Les maquillages des « contaminés » sont aussi une franche réussite tout comme les effets spéciaux gore. Les membres se déchiquètent et les coups pleuvent dans une ultra-violence réjouissante et, dans la deuxième partie, on a même le droit à une séquence de shoot filmée au ralenti plutôt bluffante. Le tout est enrobé par un habillage sonore de haute qualité. Les bruits des coups et des chocs lors des combats sont percutants, les musiques sont entrainantes et les cris des « zombies » originaux.

On pourrait qualifier de classique le scénario de GOTD car, finalement, des films de zombies on en a vu des dizaines. De plus, les rebondissements n’ont rien de bien original non plus. Ce qui fait la différence avec d’autres métrages du même genre, ce sont les idées qui viennent pimenter ce pitch banal. Les combats avec des armes improvisées, la vision légèrement acide du monde du football, l’écriture du chant des supporters, la baston entre l’agent de joueur et un zombie sont tant de moments ou de concepts forts qu’on se remémore avec plaisir à la sortie du film. Seul bémol, la scène de combat final entre le héros, Sam Lorit, et sa Némésis, Jeannot, est un peu rapide et pas à la hauteur de l’attente suscitée par tout ce qui précède. Une bien maigre déception par rapport à tout le plaisir ressenti tout au long des deux films.



Au final, après la vision des deux métrages, le premier mot qui vient à l’esprit est : jubilatoire. Ce GOTD est une excellente surprise, qu’on n’attendait pas spécialement. Le genre de film, fun et rythmé, qui donne le sourire et qu’on a envie de revoir pour le partager avec d’autres amis. C’est aussi un bon coup de crampon dans la fourmilière du film de genre français et la preuve qu’en France, on peut faire des films qui ont « de la gueule », délirants, osés et bien joués. Grand coup de chapeau à Benjamin Rocher et à Thierry Poiraud pour ce double programme qui restera, quoiqu’il arrive, comme une des grandes réussites cinématographique de 2014. De là à dire que la France tient son "Shaun of the Dead", il n’y a pas loin.









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Portrait de Steeve Raoult

1.02

La médiocrité à la française a encore frappé : en dehors d'acteurs convaincants, GOTD est l'exemple même de la comédie horrifique ratée puisque très rarement drôle et jamais à la hauteur de l'aspect horrifique. Et comme le film est en plus écrasé par ses multiples clins d'oeil et sa dénonciation puérile du monde du football, on sera heureux qu'il n'y ait pas de prolongations...

Bol d'air frais


6

Qui a dit que les Francais ne savaient pas réaliser de comédie horrifique ? Enfin une belle oeuvre 100% Frenchie, ca fait longtemps que j'attendais ca ! Les effets spéciaux dans la deuxième partie sont monstrueux !