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Adam, la créature de Frankenstein, a survécu jusqu'à aujourd'hui, grâce à une anomalie génétique survenue lors de sa création. Son chemin l'a mené jusqu'à une métropole gothique et crépusculaire, où il se retrouve pris par une guerre séculaire sans merci entre deux clans d'immortels. Adam va être obligé de prendre parti et de s'engager dans un combat aux proportions épiques.



Je dois bien l’avouer, la perversité de certaines personnes dépasse parfois mon entendement. Tenez, pas plus tard qu’il y a quelques jours, j’ai assisté à une pratique sexuelle que je n’aurais jamais crue envisageable : j’ai vu un livre se faire violer par un groupe de personnes payées pour le faire. Ce livre, c’est "Frankenstein ou le Prométhée moderne", de Mary Shelley. Les coupables, tous ceux qui ont participé de près ou de loin à "I, Frankenstein", preuve éclatante que si certaines œuvres de qualité ne bénéficient pas d’une sortie cinéma, un bon gros nanar friqué aura toujours une place sur nos écrans.



Oh, bien sûr, I, Frankenstein (quand même le titre est à chier, c’est déjà mal parti) n’est pas une adaptation directe du roman mythique de Mary Shelley. Nooooon, il s’inspire d’un comic-book de Kevin Grevioux. Le mec qui a scénarisé "Underworld". Un mec qui s’est dit un jour que ça pourrait être sympa de mettre la créature de Frankenstein face à des Gargouilles et des Démons. Je ne devrais plus m’étonner de rien, après des zombies qui tombent amoureux, des vampires qui brillent au soleil ou des catcheurs calamars, mais quand même, j’ai du mal à retenir les mots d’oiseaux sur ce coup-ci. Ah, et encore mieux ! Certains ont même trouvé l’idée assez intéressante pour en faire un film ! UN FILM METTANT EN SCENE LE MONSTRE DE FRANKENSTEIN CONTRE DES P***** DE DEMONS ET DES S****** DE GARGOUILLES ! Et devinez qui, du haut de sa fascination quasi-morbide pour le nanar fantastique, s’est dit qu’il ne pouvait pas louper l’occasion de voir au cinéma un truc aussi débile sur le papier ? Parfois, je me déteste, et je me flagelle quotidiennement avec le ticket de cinéma depuis cette séance maudite.

Le pire, c’est que ça n’a même pas été si désagréable. J’ai ri. J’ai beaucoup ri. Le grand public attendait le retour des Inconnus, il s’est trompé de cible : I, Frankenstein (je ne résiste pas à l’idée de répéter ce titre encore, et encore, pour qu’il s’inscrive dans vos esprits et que vous souffriez au moins un peu également !) est l’une des choses les plus honteusement drôles que j’ai vues sur un grand écran depuis très longtemps. Parce qu’au-delà de l’idée de base, dont on ne pourra jamais souligner assez la débilité, tout le film transpire une incompétence remarquable, comme si tout le monde avait cherché à se dépasser dans la médiocrité.



Avec un maquillage plus ou moins visible selon les besoins du scénario, et surtout absolument incompatibles avec l’idée de créature rapiécée, le monstre de Frankenstein, Adam, est interprété par Aaron Eckhart. N’allez surtout pas voir une promesse dans la présence de l’acteur renommé, qu’on aura notamment vu dans "The Dark Knight : le chevalier noir" : il est là pour prendre le chèque, et pour cracher ses répliques à la caméra. Ses compagnons ne sont pas en reste : Bill Nighy, bien décidé à alterner le bon et le moins bon ces dernières années, en fait des tonnes dans le rôle du chef des démons ; Jai Courtney, qu’on aimerait nous présenter comme la relève des films d’action (Jack Reacher, Die Hard 5) est plus expressif quand il est sous la forme d’une Gargouille que sous forme humaine ; Miranda Otto, la Eowyn du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, semble quant à elle se demander ce qu’elle fait là.

Il faut dire que les pauvres ne sont pas aidés par un scénario faisant la part belle aux incohérences (je souris en repensant à ces Gargouilles reprochant à Adam de se battre dans la ville alors qu’il ne faut pas attirer l’attention), par des dialogues d’une platitude oubliée, par cette impression générale d’inconsistance ou les personnages sont de toute façon interchangeables, surtout si les effets numériques leur permettent d’avoir les yeux lumineux et si les effets sonores peuvent amplifier la voix des méchants quand ils veulent… eh bien, quand ils veulent montrer qu’ils sont méchants. Mais pire que tout : ils ne peuvent rien contre une esthétique grotesque, un gothique de supermarché qui ferait passer "Underworld" et "Van Helsing" pour du Lord Byron. La cerise sur le gâteau ? Le maquillage des démons, directement issus de la série "Buffy contre les vampires".



Au milieu de tout ça, on tente mollement de nous offrir quelques scènes d’action. Malgré l’abus habituel des plans de trois nanosecondes ou des ralentis, ça fonctionne assez bien, grâce à une idée qui m’a plu : quand les Démons meurent, ils se transforment en boule de feu qui file aux Enfers, quand les Gargouilles meurent, un rayon de lumière va vers le Ciel. C’est bien pratique pour éviter une éventuelle censure, et j’ai trouvé l’effet plutôt réussi, apportant une touche visuelle pas désagréable.

Mais bon, cet unique élément, qui ne plaira d’ailleurs sans doute pas à tout le monde, n’empêche pas le film de sombrer dans une médiocrité remarquable, perpétuant la tradition des gros nanars de luxe que nous offre ponctuellement le cinéma fantastique lorsqu’il tente d’adapter un récit classique dont il n’a manifestement pas saisi l’essence pour en faire une œuvre instantanément dépassée, uniquement destinée à en foutre plein les poches de ses créateurs tout en insultant le spectateur et Mary Shelley.








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Une daube


1.02

A côté, le déjà pas super "300 : LA NAISSANCE D'UN EMPIRE" sorti la même année passe pour un chef-d'oeuvre, c'est dire !