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Harris, Kira et Sid sont de vieux camarades d'école qui se retrouvent pour l’enterrement d'un de leurs amis. Après une nuit de beuverie, ils décident finalement de se faufiler dans le cimetière pour pleurer davantage leur copain fraîchement décédé. Après avoir bu plus que de raison, l'un d'eux trouve, sur la pierre tombale du défunt, une carte contenant une sorte d’incantation. Les malheureux récitent alors celle-ci et finissent par danser sur trois tombes sans se douter une seule seconde qu’ils vont bientôt, dans leur quotidien, être hantés par trois fantômes violents. Avec l'aide d’un enquêteur en paranormal nommé Vincent Cochet et de Frances, son assistante, ils vont essayer de trouver un moyen de survivre à la colère de ces esprits malveillants. Y arriveront-ils ? Et si oui, à quel prix ?



Profanations (aka « The gravedancers », dans sa version originale plus explicite) est un long-métrage faisant partie des « 8 films to die for » et diffusé au « After Dark Horrorfest » celui de 2006 en l'espèce, une collection au sein de laquelle on peut retrouver des films à micro budget plus ou moins inégaux comme "Borderland", "Lake Mungo", pour le meilleur, ou encore "Tooth and nail" et "Mulberry Street", pour le pire. A quelle catégorie appartient donc le métrage objet de cette critique ?

Profanations n'est ni plus ni moins que l'histoire de trois compagnons en deuil et fortement alcoolisés qui décident de célébrer leur ami mort récemment en dansant sur quelques tombes (vraiment une trop bonne idée les gars !). Cependant, les habitants de ces caveaux qui occupaient l’espace réservé aux psychopathes en tous genres du cimetière (en plus nos trois larrons n’ont pas de bol !) sont furieux et avides de vengeance envers ces personnes qui les ont réveillés. Désormais, ce groupe d'amis est hanté et doit se battre pour sa survie, sinon les méchants fantômes les emporteront dans leur sépulture pour leur tenir compagnie à jamais et ce, jusqu’à la prochaine pleine lune afin de rompre cette terrible malédiction (aux dires des parapsychologues qui savent toujours tout sur tout !).



Ok, je vous l’accorde, l'histoire est un tantinet ringarde et moyennement crédible (juste un peu), mais elle fonctionne pourtant assez bien…du moins pour une partie du film. Il commence comme on pouvait s'y attendre façon "L’expérience interdite" de Joel Schumacher, avec des fermetures de porte intempestives, des bruits étranges s’arrêtant dès qu’un personnage pénètre dans une pièce, puis au bout de vingt-cinq minutes, les fantômes font plus d’apparitions et se présentent matériellement pour donner au public quelques bonnes frayeurs.

Ainsi, Harris et sa femme Allison, avocats à la ville, se retrouvent hantés par une pianiste ayant assassiné son adultère de mari à la hache, Sid, loser de son état, est visité, quant à lui, par un enfant pyromane et Kira, accessoirement ancienne petite amie d’Harris, reçoit (la pauvre !) les visites d’un violeur sadique amateur de tortures ! Aussi, le film est intéressant en ce qu'il essaie vraiment d'étoffer les menaces de nos protagonistes, donnant à chacun des fantômes une personnalité propre avec des motivations et des méthodes différentes pour hanter leur victime. Rien de tout cela est particulièrement original certes, mais on peut certainement apprécier l'effort. Un grand nombre de films d’horreur récents ayant trop tendance à se servir du côté inexplicable du paranormal comme d’une béquille afin de ne jamais vraiment définir des règles pour ce que les fantômes peuvent faire. A moins que ce ne soit qu’un moyen pour combler un script complètement vide…

La meilleure chose à propos de ce long-métrage, c'est probablement les fantômes eux-mêmes. Il y en a un total de trois et diantre, qu’ils sont effrayants ! Leur look est hyper soigné et ils font vraiment froid dans le dos, ce qui est tout de même assez surprenant vu qu’il s’agit d’un métrage à petit budget. On ne s’attend donc pas du tout à avoir des effets spéciaux d’aussi bonne facture ! On en veut également pour preuve la scène très réaliste des incendies qui apparaissent de nulle part. Cependant, et c’est là que le bât blesse, la fin est ridicule à tous niveaux. Notamment en ce qui concerne l’apparition finale : ici celle d’une vilaine tête de fantôme façon esprit malveillant à la "Poltergeist" mais elle ressemble plus à du carton pâte périmé à l’instar du démon dans « Le passage » avec notre Alain Delon national. Et je ne vous parle même pas de la course-poursuite risible de nos héros face à la grosse tête de spectre…



Artisan méritant d’un très bon premier film ("Serial Killers") et d'un second déjà culte ("Le Couvent"), Mendez a un talent avéré pour la réalisation et sait mettre en place une atmosphère horrifique, on le voit notamment au travers certaines scènes chocs qui parsèment le film. Fortement influencé par les années 80 auxquelles il semble rendre hommage volontairement ou pas (on pense surtout à "Amityville la maison du diable" et "Poltergeist"), il nous balance toutefois son contenu horrifique à un rythme soutenu sans jamais se soucier une seconde d'une quelconque logique scénaristique. Pourtant, malgré son manque d'originalité flagrant, Profanations exploite son concept à fond et ne manque pas de divertir le spectateur au passage (intentionnellement ?), ce qui n’est déjà pas si mal, avouons-le !

Mais si le film peut se vanter d'être un divertissement du dimanche soir passable, on peut dire qu’il n’est pas aidé par le jeu des acteurs. Dominic Purcell ("Blood creek", "Primeval") tout en retenue est trop amorphe pour apporter une once de charisme au film et sa performance est pénible à voir. Pour ce qui est des personnages secondaires, ceux-ci n’arrivent pas à sortir leur épingle du jeu, même si Josie Maran est canon (on se demande d’ailleurs bien pourquoi Harris lui préfère sa blondasse fadasse !) et que Tchéky Karyo ("Les dents de la nuit" et "Chrysalis") est fidèle à lui-même en second couteau efficace.



Bien mieux que la plupart des remakes américains fatigués du genre (mais en même temps ce n’est pas bien difficile !), Profanations n'a malheureusement pas sa place parmi les meilleures productions. Avec ses spectres violents et certains effets spéciaux efficients, il n’épatera toutefois personne côté scénario, tant tout a déjà été vu auparavant un nombre incalculable de fois. Mendez a beau être énergique dans sa réalisation, on n’oubliera pas aussi facilement la fin du film, ridicule au possible et surtout l’interprétation de l’acteur principal, semblant être venu là pour cachetonner et surfant sur la vague de son succès avec la série « Prison Break », dommage.









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