RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Ti West

Scénariste
Ti West

Date de sortie
2013

Genre
Insolite

Tagline


Cast
Joe Swanberg
AJ Bowen
Kentucker Audley
Amy Seimetz
Gene Jones


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Tyler Bates

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 5
(7 votes)
Deux journalistes accompagnent un de leurs amis parti voir sa sœur qui a quitté la ville pour aller vivre parmi une communauté religieuse isolée. Une fois sur place, les trois hommes vont être surpris par la qualité de vie de ces 200 personnes environ qui ont décidé de s’isoler et de vivre une vie fondée sur le partage des biens. Tout le monde semble heureux de cette nouvelle vie qui s’est offerte à eux, loin du capitalisme, de la violence, du racisme et de tous ces fléaux du Monde moderne. Dirigée par un chef que l’ensemble de ses fidèles appellent « Père », cette communauté va cependant rapidement montrer des zones d’ombre à nos trois hommes…



Nouveau film de Ti West ("the roost", "the house of the devil", "cabin fever 2", "the innkeepers", "V/H/S"…) en compétition lors du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer 2014, « the sacrament » était très attendu à la « Perle des Vosges ». Une chose est certaine : votre rédacteur ne regrette nullement d’avoir assisté à la projection de ce dernier.

Inspiré de faits réels (beaucoup ont en mémoire le suicide collectif du « Temple du Peuple » en 1978 en Guyane où les fidèles d’une secte avaient tous été retrouvés morts), le nouveau film de Ti West nous plonge au cœur d’une communauté des plus mystérieuses où un sentiment d’insécurité permanent se fait ressentir et nous tient en haleine du début à la fin.
Rarement ces dernières années nous avons été confrontés à une telle expérience cinématographique, à une ambiance aussi oppressante.

Car si il y a bien une chose qu’il faut mettre en avant dans « the sacrament », c’est cette ambiance qu’il dégage, cette atmosphère inquiétante qui plane sur cette petite communauté isolée de toute civilisation moderne.
Caméra à l’épaule pour rendre l’immersion la plus totale possible (façon de filmer devenue monnaie courante ces dernières années suite à l’éclosion de nombreux found footages mais qui peut encore, c’est le cas aujourd’hui, nous surprendre), nous pénétrons dans cette petite communauté coupée du monde extérieur par une forêt peu accueillante.



L’isolement : premier facteur qui crée cette ambiance frissonnante. Tout semble tellement loin de nous dans ce petit village perdu au milieu de nulle part auquel on ne peut d’ailleurs accéder que par voie aérienne (un hélicoptère qui d’ailleurs s’en va une fois nous avoir déposés, nous laissant seuls dans cette contrée presque sauvage…). Passée une petite route aménagée au cœur de la forêt qui semble s’étendre sur des kilomètres (et renforce par la même occasion cette impression de s’enfoncer dans une végétation environnante des moins hospitalières), nous pénétrons enfin dans le village à proprement parlé.

Et là, nous remarquons des gardes armés qui nous fixent de loin, silhouettes quasi immobiles. Un silence presque étrange semble s’être abattu sur cette petite communauté où l’on a constamment l’impression d’être épiés. « Trop paisible » pense-t-on alors… Après cette sensation d’isolement, c’est un sentiment d’insécurité qui commence alors à se faire ressentir.

A cette impression d’isolement et ce sentiment d’insécurité vient maintenant se rajouter des éléments mystérieux, des éléments complémentaires qui viennent accentuer encore plus fortement cette ambiance angoissante qui s’est instaurée depuis que nous avons posé le pied au sol en sortant de l’hélicoptère. C’est le moment de visiter le village et de rencontrer les habitants. Très vite, au fil des interviews, nous comprenons que ces villageois sont bien plus ce que l’on pourrait appeler des « fidèles » car cette communauté ressemble de plus en plus à une véritable secte. Tout le monde semble obnubilés par une même personne qui semble prêcher la bonne parole et qu’ils appellent « Père ». Plus de doute : nous avons affaire ici à une secte et nous sommes en plein cœur de celle-ci! Nouveau coup de tonnerre, l’angoisse et l’inquiétude commencent à augmenter sérieusement, bien plus encore quand on voit les fidèles faire des prières et s’adonner à des chants religieux. Des frissons nous parcourent par moments : comment se sortir de ce qui semble être un véritable guêpier où tous semblent endoctrinés par cette sorte de gourou manipulateur?



Le tempo va alors aller crescendo pour nous amener à une dernière partie virevoltante, une partie où la menace n’est plus seulement une supposition mais un constat. Le sol jonché de cadavres, nous tentons de sortir vivants de cet enfer sur Terre, évitant les balles qui fusent, nous cachant dans la forêt pour échapper à ces hommes armés. Un seul objectif en tête : monter dans l’hélicoptère et quitter cet environnement hostile.

Ce qui est fort appréciable également dans ce nouveau film de Ti West, c’est le traitement des personnages. Alors que nous aurions pu penser nous retrouver devant un énième found footage sans le moindre intérêt et servi par des acteurs plus pitoyables les uns que les autres, force est de constater que les acteurs jouent plutôt bien. Sans être pour autant très travaillés (l’objectif étant focalisé sur l’ambiance générale du film et non sur le jeu des acteurs), les personnages de « the sacrament » ne font pas dans l’excès, réagissent à certaines situations de façon plus que logique et font bien souvent les bons choix, judicieux et réfléchis. De même, le « Père » n’est pas l’espèce de gourou illuminé auquel nous aurions pu également nous attendre : non, il s’agit là d’un homme mûr, s’exprimant calmement et argumentant ses propos avec un vocabulaire proche de celui d’un politicien ou d’un homme ayant reçu une éducation poussée.
Un degré de réalisme encore une fois démontré ici, nous faisant de moins en moins penser que nous sommes devant une fiction (certes inspirée de faits réels…).



Très bonne surprise que ce « the sacrament » qui nous plonge dans un univers des plus inquiétants, mystérieux et oppressants.
Un réalisme surprenant (permis par son contexte s’appuyant sur une histoire vraie, par des personnages intelligemment interprétés et par un scénario non tiré par les cheveux, sans véritable fausse note) qui nous fiche une bonne petite dose de stress et qui place ce film dans le haut du panier de la filmographie de Ti West sans aucune hésitation.