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« Europa Report » narre l’histoire, par le biais d’images récupérées, de l’équipage envoyé pour creuser le sol glacé d’une des lunes de Jupiter, baptisée Europe, suite à la découverte de présence d’eau et donc potentiellement de vie en sous-sol. Le parcours de ces astronautes sera parsemé d’embûches et à cause d’une panne, ils se retrouveront sans possibilité de communiquer avec leur base terrestre. Cette situation va les obliger à prendre des décisions difficiles et irrémédiables. Sont-ils prêt à sacrifier ce qu’ils ont de plus cher pour découvrir les secrets d’Europe ?



Les films se déroulant dans l’espace ne sont pas les plus représentés dans le paysage cinématographique et pourtant, il est toujours compliqué pour un nouveau projet de se démarquer des autres. Entre le cultissime « 2001 » de Kubrick, les très bons "Moon" et "Apollo 13" ainsi que l’exploit technique de "Gravity", difficile de trouver sa place dans le cercle fermé des films spatiaux surtout que ces réussites ont abordé une majeure partie des genres (exploration spatiale, découverte extra-terrestre, action, thriller psychologique…) et donné au public des standards d’exigence. Qu’apporte donc « Europa Report » par rapport à toutes ces autres œuvres ? A première vue, pas grand-chose ! Le synopsis ultra classique, quoique toujours intriguant, rappelle forcément des films comme "Mission to Mars", "Apollo 18" ou même "Alien le huitieme passager". En plus de ça, la réalisation en « found footage » n’inspire pas forcément confiance non plus. On se dit qu’on va encore avoir le droit à une migraine une fois le film terminé ! Pour enfoncer le clou, les vingt premières minutes de mise en place, utiles et instructives, n’ont malgré tout rien de bien emballantes. Il est donc difficile d’être complètement conquis de prime abord. Toutefois, étrangement, on reste devant le film, pris par la curiosité et l’envie d’en découvrir plus grâce à une approche plutôt didactique et humaine de l’expédition spatiale.



Une patience récompensée à la fin du premier tiers du film quand, après une tempête, deux astronautes (sur les six qui composent l’équipe) doivent sortir de la navette pour réparer les dégâts entraînant le sacrifice de l’un d’eux. Suite à ces dommages, l’équipage perd la communication avec la base terrestre et doit se débrouiller seul et décider des priorités. Avec cette scène, on entre dans le cœur du sujet, à savoir l’importance de la vie humaine face à la réussite de la mission. Malgré cette perte humaine et matérielle, la navette continue donc vers sa destination : Europe, une des fameuses lunes de Jupiter. Malheureusement, un atterrissage en catastrophe va empêcher l’appareil d’arriver au point de chute défini dans l’objectif de mission. C’est à ce moment que nous découvrons ce nouveau territoire et il faut bien avouer que le côté glaciaire est appréciable et nous change des sols rocheux ou de la terre rouge auxquels nous sommes habitués d’ordinaire dans ce genre de films. De plus, bien que réalisé avec un budget qu’on imagine réduit, cette surface recouverte de glace fait son petit effet et l’on partage le sentiment d’angoisse vécu par les astronautes. Afin de ne pas trop en dévoiler sur le reste de l’intrigue, je dirais juste que le métrage continue de se diriger sur la voie du sacrifice (mais faut-il sacrifier l’Homme, la mission, la morale ?), de rebondissements en rebondissements, jusqu’à une ultime décision qui permettra aux spectateurs (du film et de la base terrestre) de savoir ce qui est arrivé à l’équipage. Ainsi, le film nous montre des êtres humains confrontés à des situations périlleuses dues à l’environnement spatial, à des conditions extrêmes, à une supposée «entité » extraterrestre et surtout à eux-mêmes, le contact avec la Terre étant coupé. Quant à savoir s’il y a vraiment une « présence » alien, le suspense est entretenu aux travers différentes scènes clés et maintenu jusqu’à la conclusion finale. Plus que la découverte ultime, ce sont les choix qui vont mener à ce dénouement qui sont essentiels et les importantes révélations (sans elles, le film, et donc la mission, n’auraient pas de but) sont finalement accessoires en comparaison de l’épreuve humaine endurée par les protagonistes et des dilemmes moraux et scientifiques qu’ils doivent affronter. Avec cette montée en puissance progressive et cette approche originale et intelligente, « Europa report » arrive à emporter l’adhésion et captive.



Nullement démonstrative, la réalisation de Sebastiàn Cordero sert principalement à montrer les sentiments des personnages à travers des cadrages simples mais précis. Par exemples, des plans sur des regards qui en disent longs sur ce que perçoit une des héroïnes lors de l’exploration d’Europe. Bien plus percutants que des effets spéciaux en CGI, ces moments compensent des cadrages parfois répétitifs à l’image de ceux façon « caméra de surveillance » à l’intérieur de la navette. Saluons tout de même la lisibilité de l’ensemble et l’absence de caméras « tremblotantes » souvent de circonstance dans les found footage. Côté rythme, le film prend son temps et risque d’ennuyer les plus impatients d’entre vous et ce, malgré sa courte durée (1h25). Assez lent et peu enclin à l’action, « Europa Report » demande donc un investissement personnel de la part du spectateur ainsi qu’une curiosité vis-à-vis du domaine spatial pour être pleinement apprécié.



Avec un début peu accrocheur, une réalisation parfois trop plate et une approche tout en finesse, « Europa Report » risque de laisser de côté une partie du public. Celle-ci ratera un très bon film et surtout une jolie réflexion sur la nature humaine et sur la recherche spatiale. En conclusion, si vous vous attendez à un film d’action avec plein d’aliens ou à un « Blair Witch » cosmique, vous risquez de déchanter ! Par contre, si vous aimez les films d’ambiance et que l’aventure astronomique est un sujet qui vous intéresse, ce « Europa Report » est une bonne pioche.


Disponible en DVD et BR chez Metropolitan






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