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Cinq copines décident de partir faire du camping sauvage en forêt. Une fois sur place, ces dernières tombent sur un trio de jeunes hommes venus faire de l’escalade. Les deux groupes vont faire connaissance et se lier d’amitié mais la disparition soudaine de l’une des filles et la découverte d’un corps sans vie dans la forêt vont perturber ces joyeux moments et provoquer la panique générale. La seule chose qui importe à présent est de sortir de cette forêt en vie…



Depuis plusieurs années maintenant, le genre survival est devenu monnaie courante dans le cinéma de genre, à tel point qu’il est aujourd’hui difficile de se démarquer dans cette catégorie filmique surpeuplée.

Bien après des films ayant initié ce sous-genre ("les chiens de paille", "délivrance", "massacre à la tronçonneuse", "la colline a des yeux" ou encore "les révoltés de l’an 2000"), certains films parviennent cependant aujourd’hui à sortir du lot, voire même à devenir des quasi-références dans le domaine (les deux premiers volets de la saga des "détour mortel", "battle royale", "wolf creek", "the woman", "motel", "calvaire", "tous les garçons aiment Mandy Lane", "the loved ones", "5150 rue des ormes", "manhunt"…).

D’ailleurs, à ce petit jeu, nos voisins British sont très forts et nous ont offert quelques bonnes petites choses émoustillantes dernièrement avec notamment "creep", "wilderness", "severance", "bienvenue au cottage" mais aussi surtout les très bons "eden lake" et "the descent". Et c’est encore aujourd’hui vers nos voisins d’outre-Manche que nous allons nous tourner avec "the hike".



Basique et proposant très peu d’originalité, nous avons clairement avec "the hike" le scénario ultra-classique, pour ne pas dire copié-collé, de nombreux petits direct-to-laserdisc. En effet, une fois passée une intro rapide nous mettant face à une réelle menace dans des bois, nous voilà plongés dans une petite randonnée forestière entre filles qui va rapidement tourner au cauchemar comme nous pouvons nous y attendre.

Car oui, nous n’allons pas le nier et avouons-le nous aimons cela : dans bon nombre de survivals les protagonistes aiment aller dans des lieux quasi-déserts, loin de toute civilisation, où chaque mètre carré se ressemble et où les téléphones portables ne sont d’aucune utilité au vu de l’absence de réseau GSM. Et bien-entendu, c’est à ce moment-là qu’un malade, un groupe de tarés ou bien un monstre font leur apparition pour notre plus grand bonheur.

Et "the hike" nous offre exactement ce que nous étions en droit d’attendre au minimum d’un survival. En effet, les codes de ce sous-genre sont ici parfaitement respectés, aucune tromperie à priori sur la marchandise. A la manière de films tels que "détour mortel", "eden lake", "les proies", "timber falls", "primale" ou encore "manhunt", nous sommes plongés au cœur d’une grande forêt : isolement, solitude, téléphones portables hors service, le milieu hostile par excellence dirons-nous. A ce titre, nous ne pouvons que féliciter le travail effectué sur la photographie et le cadre forestier choisi qui nous inspire aux premiers abords le repos et la tranquillité (cascades, lac…) mais également dans un second temps la solitude et un éloignement bien rendus à l’écran de part ces arbres à perte de vue et le chant des oiseaux. L’idée comme quoi un havre de paix peut rapidement apparaitre comme très (trop) isolé, silencieux et par conséquent inquiétant (d’autant plus quand la nuit tombe)…



Bien que Rupert Bryan s’inspire fortement de ses homologues pour réaliser son film (un démarrage à la "the descent" pour finir par un final à la "eden lake", rien que ça!), nous pourrons cependant souligner cette volonté de nous offrir des scènes dérangeantes et de nous faire vivre le véritable calvaire vécu par des jeunes femmes innocentes aux prises avec des cinglés de la pire espèce. Mais malgré des efforts indéniables à ce niveau (divers thèmes sont ici abordés pour nous qualifier la folie meurtrière et le sadisme de ces malades : torture, meurtre, viol, amputation, nécrophilie…), le réalisateur se noie malheureusement dans une lenteur, une monotonie et une répétitivité très prononcées qui font traîner le film en longueur et ne lui apporte finalement pas grand-chose.

Et c’est justement cela que nous reprocherons à "the hike" : de grands vides scénaristiques comblés dans un premier temps par des dialogues nunuches ou des scènes de nudité et de drague puis par des courses-poursuites longues et monotones dans les bois… Une fois l’identité des tueurs dévoilée, nous aurions pu nous attendre à quelque chose de bien mieux que ces quelques confrontations basiques ou ce jeu du chat et de la souris qui devient très répétitif et usant à la longue. Certes, nous ne pouvons nier quelques bonnes idées par-ci par-là comme ces fausses pistes sur l’identité des tueurs ou encore ces minces passages quelque peu dérangeants mais tout nous parait noyé dans une masse peu entraînante au final et manquant clairement d’originalité et de rebondissement.

Le casting montre également quelques limites, principalement du côté des actrices. Si l’on oublie les stéréotypes bien soulignés de certaines filles de la bande (la femme-soldat ou encore la belle écervelée) ou encore ce côté nunuche que certaines dépeignent (ces dernières sont, à l’exception d’une, toutes émoustillées à la vue d’un jeune homme, à en devenir carrément gaga), ce casting très féminin à la "the descent" (on y retrouve d’ailleurs quelques similitudes dans les traits de caractère) s’avère certes bien en-dessous de celui du film de Neil Marshall mais montre bien plus de potentiel une fois la partie survival en place (ça gémit, ça crie, ça hurle, ça se sauve… Du classique dirons-nous mais tellement plus intéressant que ce que l’on nous avait donné pendant les 40 premières minutes).

Par contre, du côté des acteurs cette fois-ci, le casting est plus alléchant. Même si les personnages ne paraissent pas suffisamment travaillés (pas de réelles motivations dans leurs actes, la folie semble être un motif facile ici) et demeurent en grande partie très mystérieux, nous apprécierons ce côté très candide qu’ils renvoient, à la manière d’un "funny games". En effet, ces derniers semblent prendre ces calvaires qu’ils font subir aux jeunes femmes comme une banalité, des choses de la vie (on pense notamment à cette scène où les victimes sont ligotées, voire mutilées, et l’un des tortionnaires parle de cuisine comme si de rien n’était). Derrière ce semblant de doux agneau se cachent en réalité des fous dangereux se comportant comme des animaux, des obsédés sexuels dépourvus d’humanité, bref des sauvages…



Bien loin de ce qui se fait de mieux dans le genre survival, "the hike" perd de son attrait principalement à cause d’une lenteur, d’une répétitivité et d’un manque d’originalité quelque peu navrants. Un résultat tout de même décevant étant donné les quelques points forts indéniables du film que sont la photographie, le casting masculin, les (très maigres) excursions vers ce qui se veut dérangeant, et l’ambiance bien rendue dans ce cadre forestier certes classique mais toujours aussi efficace dans ce genre de films.
Des petits regrets donc…








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