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Genre
survival horror

Systeme
PlayStation 2

Developpeur
Konami

Annee
2001

Votre note: -
Moyenne: 5.1
(9 votes)


James Sunderland reçoit une lettre d’amour qui l’invite à revenir à Silent Hill, dans un lieu qui lui est cher, au cœur de la cité de villégiature envahie par la brume. James prend la route de Silent Hill, perturbé par le fait que cette lettre vient de son épouse décédée. Pourquoi l’attire-t-elle dans cette ville…et que va-t-il y découvrir ?

En 1999, "Silent Hill" avait apporté une nouvelle dimension au survival horror en mettant l’accent sur son scénario et son ambiance plutôt que sur l’action caractéristique d’un "Resident Evil". Deux ans plus tard, Konami nous livre un second volet, sans véritable lien avec le premier, offrant à la PlayStation 2 un de ses plus grands titres : Silent Hill 2. Un titre qui sortira sur plusieurs supports, et dans plusieurs versions : sur Xbox, renommé pour l’occasion Silent Hill 2 : Inner fears, le jeu comprendra un scénario supplémentaire d’une quarantaine de minutes, « Born from a wish », mettant en scène Maria, l’un des personnages principaux de l’aventure, juste avant l’arrivée de James à Silent Hill.



En 2002 (2003 pour l’Europe), c’est une version « director’s cut » qui sort sur PS2 et PC, incluant le scénario Born from a wish, mais aussi de nouveaux objets et des énigmes légèrement modifiées. Enfin, en 2012, le jeu bénéficie d’une sortie sur Xbox 360 et PS3, remastérisé en HD en compagnie de Silent Hill 3 dans une compilation étrangement nommée Silent Hill HD Collection (qui ne comporte donc que ces deux épisodes…). Bref, Silent Hill 2 fait partie de ces rares jeux qui ont marqué les esprits et sont toujours considérés, bien des années après leur sortie, comme des chefs d’œuvre.

Reprenant les éléments signatures du premier volet (le héros vulnérable, la brume omniprésente, la radio et les armes de fortune), S.H. 2 va d’abord bénéficier de puissance de la PlayStation 2 pour nous en mettre plein les yeux. Là où Silent Hill accusait le coup techniquement, ce second opus se révèle tout simplement magnifique : les effets de lumière sont splendides, les cinématiques incroyablement belles, les personnages, monstres et décors bien plus détaillés, et la réalisation parfaite. Le tout avec un aspect granuleux qui achève de nous mettre directement dans l’ambiance : en quelques secondes, nous sommes replongés dans cette atmosphère si particulière.



Mais au-delà de l’aspect technique, c’est surtout par son scénario que ce Silent Hill 2 va s’insinuer profondément dans notre mémoire. En effet, c’est avec ce volet que la ville devient une véritable métaphore des tourments des personnages, où chaque élément s’assemble et se désassemble selon l’état de leur psyché. Le personnage principal, James, est ainsi hanté par la longue maladie et le décès de son épouse, et vient à Silent Hill en quête de réponses. Il y affrontera ses propres démons, de Maria, double érotique de son épouse, au célèbre Pyramide Rouge, personnification de sa propre culpabilité. Il devra ainsi s’enfoncer de plus en plus profondément, au propre comme au figuré, au cœur de ce labyrinthe où il croisera d’autres esprits torturés : Eddie, obèse ne supportant plus les humiliations, ou Angela, dont le père a détruit l’enfance.

Silent Hill 2 est ainsi un jeu sur le deuil et sur la rédemption, et digère parfaitement ses nombreuses influences cinématographiques et littéraires, de David Lynch à H.P. Lovecraft, de Clive Barker à David Cronenberg en passant par "L’Echelle de Jacob". Fantasme et réalité se mêlent, la mort et la sexualité se confondent (Pyramide Head, muni de son immense épée, est aperçu violant d’autres créatures), les esprits déforment les chairs, le tout sur une musique d’Akira Yamaoka qui nous plonge autant dans l’effroi que dans la mélancolie. Car aussi effrayante que puisse être l’aventure, où les décors cauchemardesques le disputent aux horreurs que nous ne pourrons qu’entendre, Silent Hill 2 est surtout marqué par une immense tristesse, se prolongeant jusque dans le final. Une conclusion qui dépendra d’ailleurs de votre façon de jouer : il existe ainsi quatre épilogues possibles (auxquels s’ajoutent de façon humoristique la fin OVNI et…la fin du chien).



Bref, Silent Hill 2 est l’un des meilleurs survival-horror, si ce n’est le meilleur. Aussi abouti au niveau technique que dans sa narration, il nous entraîne comme rarement dans l’esprit de son héros, et nous marque profondément, dépassant le statut de simple chef d’œuvre du jeu-vidéo pour postuler au titre d’œuvre d’art.

6/6 - Steeve Raoult