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Nous suivons une bande de jeunes éclectiques mais stéréotypés à mort (avec la bombe sans cervelle, le junkie lunatique, le coincé à lunettes, la bonne copine vouée à un avenir sans lendemain et l’héroïne qui cache un lourd secret lié à son enfance…) qui vont à la campagne pour trouver des ténias ! Oui, vous avez bien lu, car la bimbo du groupe aux protubérances mammaires démesurées voudrait perdre du poids et le seul moyen d’y arriver est d’avaler un vers solitaire qu’on ne trouve que dans certains cours d’eau ! Lors de leurs recherches plus ou moins fructueuses, ils vont se faire attaquer par des zombies sortant des toilettes et devront faire face également à une mystérieuse infection de vers parasites ayant une forte tendance à ressortir par l’anus des personnes qu’ils ont contaminées…



Le moins que l’on puisse dire c’est qu’au vu du titre du métrage et du résumé ci-dessus, on s’attend à du lourd de la part de Noboru Iguchi. Je peux juste vous dire en guise d’intro alléchante que l’on ne sera pas déçu par la marchandise, car jamais un titre n’aura aussi bien été attribué ! Afin de resituer un peu le lascar parlons un peu de sa filmographie : c’est lui le réalisateur du remarquable "Machine Girl", des très moyens "RoboGeisha" et "Tomie Unlimited", du sympathique "Mutant Girls Squad", de l’incroyable "Karate Robo Zaborgar" et du segment barré « F is for fart » du récent "The ABCs of Death". Bref, du pur mauvais goût à la japonaise, une sorte de version nipponne de John Waters qui nous sort des métrages déviants et délirants qui tachent. Avec Zombie Ass : Toilet of the Dead, vous en aurez pour votre argent : du ou plutôt des culs, des zombies malsains, des ténias sodomites et toutes sortes de substances fécales.



D’une trame basique Noboru Iguchi tire une aventure scatologique qui repousse les limites du bon et du mauvais goût et cela dans le but unique de faire plaisir à ses fans. Son public veut du déjanté, du gore et du cul ? Eh bien, il en aura plein les mirettes, et ce pendant 1h30, point barre ! Entre les personnages qui ont tout le temps envie de vomir, de lâcher des flatulences ou de déféquer, des zombies qui sortent des toilettes en balançant des déjections excrémentielles à la face de leurs victimes, des parasites infects qui ressortent par l’anus ou des tentacules de ténia géant pénétrant une écolière, on frise l’overdose devant les séquences cradingues jusqu’à plus soif. D’autant que Noboru Iguchi, en gros voyeur pervers, se régale à filmer au plus près le postérieur de ses jolies actrices, même si celles-ci sont atteintes de diarrhées dantesques leur donnant des flatulences pas érotiques pour deux sous ! Les fans de la première heure (ceux des premiers films pornos gore du lascar) diront qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise, mais question rythmique et humour, les gags scatologiques à outrance rendent le long-métrage pénible car par trop répétitif. Une fois passé l’indigestion auditive et oculaire, il faudra attendre le dernier acte pour retrouver toute la folie créative à tendance manga de Noboru Iguchi avec l’apparition du monstre final lors d’un combat dans les airs à la « Dragon Ball Z » où notre héroïne vole grâce à ses pets face à un monstre tentaculaire et violeur tout droit sorti d’ « Urotsukidoji » ! Grandiose ! Toutefois, comme souvent avec Noboru Iguchi, il faudra se farcir un gros passage à vide en plein milieu du film, quand il tente de construire un semblant de scénario mélangeant en vrac : le premier "Evil dead" avec sa bande de jeunes perdus dans les bois devant faire face à une menace hostile, le mythe de "Frankenstein" revisité avec le complexe de la créature face à son créateur, les bébêtes désignées par Giger à la "Alien" se créant des orifices inattendus et les morts-vivants façon « Romero du pauvre », avant qu’enfin le rythme s’accélère dans l’habituel dernier acte. Dommage…



Coté casting, l’actrice principale joue avec justesse et compense relativement bien l’humour outrancier du métrage, en apparaissant au contraire plutôt sérieuse. Par ailleurs, elle ne manque pas d’un certain charme (on la voit légèrement dévêtue pour les plus vicieux…) et son personnage, en plus de savoir sacrément bien se battre, est le seul à être doté d’un background solide et est clairement le plus intéressant du film. Pour le reste, en revanche, c’est poussif et hyper aléatoire : les acteurs cabotinent à mort jusqu’à l’excès et la façon de jouer à la nippone avec cet humour potache ridicule est toujours aussi indigeste. Certes, c’est très typique de la comédie asiatique, mais c’en est trop et les dialogues insipides n’arrangeront malheureusement pas les choses.

En ce qui concerne l’horreur pure, celle-ci est curieusement assez peu présente. Il ne faut vraiment pas s’attendre à du "Tokyo Gore Police" et encore moins à du "Braindead". Le film mise plus sur les excrétions en tous genres avant tout, et du coup, hormis deux ou trois séquences assez gore, le reste se rapproche davantage d’un festival démesuré de chiasses, vomissures et pets nauséabonds qu’on dirait tout droit sortis d’une production Troma lambda. Même si ici, tout cela atteint un degré de grotesque quasi absolu, on ne peut nier que cette formidable énergie enthousiaste n’est pas sans rappeler Sam Raimi et Peter Jackson dans leurs œuvres séminales et ce n’est déjà pas si mal !



Cela va sans dire, mais Zombie Ass : Toilet of the Dead s’adresse à un public très particulier, qui saura apprécier le voyeurisme malsain de Noboru Iguchi qui filme ses acteurs sous les angles les plus humiliants, qui fait sortir les zombies de la cuvette des WC en avançant les fesses en l’air, qui mêle érotisme hentai et scatologie dans un film repoussant les limites du mauvais goût et dans lequel la notion d’acting n’a pas vraiment lieu d’être. Alors oui, le scénario est totalement incohérent, le rythme trop inégal et finalement l’ensemble n’est ni vraiment comique ni vraiment gore. L’humour très ras des pâquerettes est d’une redondance terrible, les gags étant quasiment les mêmes du début à la fin mais le film est tellement improbable et généreux qu’on se laisse prendre au jeu d’autant qu’il offre des moments heureusement très bons (notamment une fin très « manga » qui surprend). Aussi, rien que pour ça, ça vaut la moyenne et nécessite le visionnage d’un Noboru Iguchi afin de connaître son univers de cinglé tellement récréatif !