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Dans un futur proche, une espèce extraterrestre hostile, les Doryphores, ont attaqué la Terre. Sans l’héroïsme de Mazer Rackham, le commandant de la Flotte Internationale, le combat aurait été perdu. Depuis, le très respecté colonel Graff et les forces militaires terriennes entraînent les meilleurs jeunes esprits pour former des officiers émérites et découvrir dans leurs rangs celui qui pourra contrer la prochaine attaque. Ender Wiggin, un garçon timide mais doté d’une exceptionnelle intelligence tactique, est sélectionné pour rejoindre l’élite. A l’académie, Ender apprend rapidement à maîtriser des manoeuvres militaires de plus en plus difficiles où son sens de la stratégie fait merveille. Graff ne tarde pas à le considérer comme le meilleur élément et le plus grand espoir de l’humanité.



La Stratégie Ender est à l'origine un roman de l'écrivain américain Orson Scott Card, et publié en 1985. Lauréat des prix Nebula en 1985 et Hugo en 1986, il est le premier volet du Cycle d'Ender, actuellement composé de 6 romans (La Stratégie Ender, La Voix des morts, Xénocide, Les Enfants de l'esprit, A war of gifts et Ender : l'exil), auxquels s'ajoutent la Saga de l'ombre, celle de La Première Guerre formique (et bientôt la Seconde) et plusieurs nouvelles. Régulièrement approché pour une adaptation au cinéma, Orson Scott Card avait toujours refusé de céder les droits, en raison de différends artistiques. Après un premier projet avorté, qui aurait vu Wolfgang Petersen à la réalisation, la machine se met en marche en 2009, avec Gavin Hood (Mon nom est Tsotsi, "X-Men Origins : Wolverine") en tant que scénariste et réalisateur.



Le premier point marquant de La Stratégie Ender est qu'il s'éloigne des blockbusters classiques de science-fiction en se concentrant sur l'aspect tactique, stratégique de l'affrontement entre l'humanité et une espèce extraterrestre. Loin de l'éternel affrontement frontal entre les soldats de chaque faction, on nous présente cette fois la formation et l'évolution du jeune Ender, destiné à remplir des fonctions de commandement dans la lutte conte les Doryphores. La première partie reste assez classique, avec l'entraînement militaire, les tensions entre les candidats, les liens qui se créent...On est donc en terrain connu, mais plutôt efficace, grâce notamment à un Asa Butterfield (Hugo Cabret) très convaincant, dont l'intensité compense joliment le physique plutôt frêle et le rend parfaitement crédible lorsqu'il affronte des concurrents plus costauds. Les entraînements et batailles dans la salle d'apesanteur sont également de très bons moments, parfaitement chorégraphiés, même si leurs issues ne fait jamais aucun doute.



C'est d'ailleurs l'un des principaux bémols du film : son absence presque totale de surprise, sauf dans le final. La progression ne dévie jamais de la ligne que l'on devine dès les premières secondes, en raison de personnages stéréotypés (Harrison Ford interpréte un colonel Graff sans aucune subtilité). Seul le final viendra apporter, enfin, une bonne dose d'originalité, sortant de l'éternel manichéisme auquel le genre nous avait habitués. Ce virage arrive certes bien tard, mais donne au film une dimension politique inattendue. Mais surtout, la structure particulière du film, presque exclusivement consacré à la formation d'Ender, donne l'impression d'être devant une grosse introduction à l'univers imaginé par O.S. Card.



On imagine ainsi sans peine que le film de Gavin Hood pourrait être le premier volet d'une trilogie, se contentant de poser les bases de ce que les films suivants développeront...D'autant que le film ressemble beaucoup à une autre trilogie, de jeux vidéo cette fois : Mass Effect. En effet, si le jeu s'était sans doute inspiré de l'univers d'Ender pour une partie de son propre background, notamment pour la Guerre du premier contact ou l'histoire des Rachnis, on retrouve de nombreux éléments visuels et de mise en scène directement issus des trois jeux.

Bref, si le film dispose d'un casting de qualité (outre Ford et Butterfield, on retrouve Ben Kingsley, Viola Davis ou encore Abigail Breslin), d'effets spéciaux très réussis au service de quelques scènes de batailles très spectaculaires, et si l'on apprécie autre chose que l'éternel affrontement entre le courageux soldat humain et les méchants aliens, on reste néanmoins un peu sur notre faim avec La Stratégie Ender.