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A la fin de la Seconde Guerre mondiale, des soldats russes découvrent avec horreur l'ultime plan d'Hitler afin d'échapper à la défaite : une armée de surhommes, recomposés à partir des membres de soldats tombés au front, issues des expériences complètement folles du docteur Frankenstein…



Décidément, depuis "Le projet Blair Witch" et le succès de "Rec", les Found Footage inspirent les réalisateurs, avec plus ou moins de bonheur ; la saga "Paranormal Activity" n’en finit plus de nous proposer de nouveaux épisodes chaque année, les salles obscures ont été envahies par des longs métrages comme "Cloverfield", "Chroniques de Tchernobyl", "Le dernier exorcisme", "Devil Inside" et les DTV s’y mettent aussi avec des titres tels "Apollo 18", "Diary of the Dead", "Atrocious" et autre "The last Broadcast" ou "Zombie Diaries". Dernièrement, c’est le réalisateur Barry Levinson qui a surpris son monde avec "The Bay" qui s’avère pour ma part l’un des meilleurs films utilisant cette technique de caméra embarquée. Une technique qui fait souvent tourner la tête aux spectateurs et peut provoquer des effets vomitifs si on n’est pas habitué aux mouvements de caméra parkinsoniens. Le réalisateur néerlandais Richard Raaphorst a lui aussi décidé de réaliser un Found Footage et il a pris comme décor les campagnes désertiques de l’Allemagne à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Il y envoie une troupe de soldats russes ayant pour mission de retrouver un bataillon en difficulté dans un petit village et place un caméraman qui devra tout filmer pour la Mère Patrie.



Si vous êtes réfractaires à ce style d’œuvre dont les images proviennent de ce que filme l’un des personnages, peut-être devrez-vous laisser une chance à « Frankenstein’s Army ». Durant la première demi-heure, le film de Richard Raaphorst possède pourtant tous les « défauts » inhérents aux Found Footage, à savoir une présentation bien trop longue des personnages, pas mal de bavardages, des séquences « de marche » qui ne viennent jamais dynamiter un rythme faiblard et bien sûr, la fameuse caméra tremblotante. Il ne se passe pas grand-chose durant cette phase d’exposition et il faut bien avouer qu’on prend son mal en patience, attendant que débarque ce pourquoi on a enclenché le film dans son lecteur : les créatures promises par la jaquette, le résumé et la bande-annonce. Une fois arrivés dans le village, les soldats russes vont enfin avoir de l’action et par la même occasion, les spectateurs aussi ! Et c’est tant mieux parce que l’ennui avait pointé le bout de nez depuis un petit moment déjà…



Une fois plongé dans ce qui va devenir le décor principal du film, « Frankenstein’s Army » se transforme alors en une petite série B jouissive et surtout très gore. L’imagination du réalisateur concernant « ses créatures » est également à mettre dans les points positifs du film car il nous propose du jamais vu sur un écran et ce mix entre « corps zombifié » et « bioméchanique » est visuellement époustouflant. Si vous êtes tombé sous le charme des figurines de la collection « Tortured Souls » inspirée de Clive Barker, nul doute que vous apprécierez haut la main les créatures imaginées par Richard Raaphorst, dont les enchevêtrements de chair et de métal envoient au tapis tous les monstres vus depuis belle lurette. Certains sont réellement magnifiques et on assiste avec délectation à un véritable « Freak Show » sanglant et barbare. Bonne nouvelle également, les effets spéciaux ont été réalisés à l’ancienne et point de CGI dans le film, ce qui nous vaut des débordements gore plus qu’efficaces, avec éviscération, perforation de crâne à la foreuse, opération à cerveau ouvert et j’en passe. Les décors désaffectés de l’usine, la salle d’opération, les couloirs lugubres, sont jonchés de sang et de morceaux de cadavres, ce qui donne petit à petit au film une ambiance crasseuse et malsaine qui lui sied particulièrement bien. La frénésie visuelle augmente également avec la frénésie de l’action et le rythme un peu soporifique du début fait place à un véritable délire sur pellicule.



La dernière demi-heure est de ce point de vue particulièrement jubilatoire et les expériences du docteur Frankenstein, descendant de l’illustre Baron, devraient donner le sourire et la patate aux spectateurs aimant être plongés dans un univers quasi grotesque et absurde, qui ne recule devant aucun excès, assumant son mauvais goût et son irrévérence avec panache. Point d’orgue de ce délire filmique, la scène où le médecin fou s’amuse à créer un nouveau monstre dont le cerveau est composé pour une moitié d’un lobe « nazi » et pour l’autre moitié d’un lobe « communiste » ! Du grand n’importe quoi qui emporte l’adhésion, le réalisateur n’hésitant pas à nous en montrer le plus possible. L’humour noir parachève de nous laisser sur une bonne impression, avec toutefois le regret que « Frankenstein’s Army » aurait pu être encore plus fou au niveau de son rythme et surtout plus consistant niveau scénario. Néanmoins, les défauts du film, bien présents, s’oublient assez rapidement une fois que l’action et les monstres se déchaînent. On félicitera donc Richard Raaphorst qui nous propose un univers déjanté et surtout inédit.


Disponible en DVD et BR chez WILD SIDE VIDEO






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FRANKENSTEIN'S ARMY