RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION


Genre
survival horror

Systeme
PlayStation

Developpeur
Konami

Annee
1999

Votre note: -
Moyenne: 6
(4 votes)


Un jeune homme à la recherche de sa fille lutte pour survivre dans un monde à cheval entre la réalité et l’enfer, dans une ville renfermant de terribles et sombres secrets. Suivez la trace d’une traînée de sang et passez outre de nombreuses mutilations pour arracher l’être aimé des griffes d’une puissance démoniaque. Entrez dans une autre dimension ou la mort même n’offre aucune échappatoire. Bienvenue dans la folie de Silent Hill…



Si Resident Evil a popularisé le survival horror en 1996, il aura fallu attendre 1999 pour enfin voir apparaître un véritable rival à la saga de Capcom : l’incontournable Silent Hill. Plus qu’un clone de la saga se déroulant alors à Raccoon City, le jeu de Konami va apporter une approche nouvelle au genre, reprenant les bases de Resident Evil, en gommant certains défauts, tout en mettant l’accent sur un scénario plus travaillé et une ambiance plus étouffante.

Dans ce premier Silent Hill, nous incarnons Harry Mason, à la recherche de sa fille adoptive Cheryl, qu’il avait trouvée 7 ans auparavant aux abords de Silent Hill. Revenu sur les lieux à la demande de sa fille, alors qu’il ne lui avait jamais révélé son passé, il se retrouve rapidement piégé dans une ville recouverte d’un épais brouillard, où la neige tombe continuellement alors que ce n’est pas la saison, et où les routes sont soudain devenues impraticables en raison d’éboulements…Un visuel particulièrement travaillé, qui deviendra l’une des signatures de la série, et qui trouve son apogée dans les passages dans la dimension parallèle, véritable cauchemar éveillé.

Harry Mason est donc un homme ordinaire, loin des militaires ou des policiers qui peuplent souvent le genre. Cela ne peut sembler être qu’un détail, mais cette spécificité a une véritable influence sur le jeu : Harry n’est pas un monstre d’endurance, et reprend difficilement son souffle après une longue course, et n’est pas habitué aux armes à feu, ratant régulièrement sa cible. Cela a une conséquence très importante : plutôt que de foncer tête baissée pour dégommer ses ennemis, on finit peu à peu par tenter de les éviter, bien conscients de la fragilité de notre personnage face à ces créatures terrifiantes, d’autant que les munitions seront comptées, et que nous devrons affronter certains ennemis au corps à corps, avec des armes de fortune.



Une vulnérabilité qui s’inscrit parfaitement dans l’ambiance du jeu, qui joue en permanence sur cette idée ainsi que sur celle de solitude : dans le brouillard, nous ne voyons qu’à quelques mètres, et c’est encore pire dans l’obscurité de la dimension parallèle. La peur de l’inconnu ajoute au stress, d’autant que le jeu met en place un mécanisme particulièrement brillant : quand un ennemi est proche, notre radio émet des interférences. Nous savons donc que la menace est proche, nous pouvons l’entendre, mais nous ne la distinguons pas…

Le jeu achève de nous désorienter en utilisant des angles de caméras parfois très particuliers, et une ambiance sonore monstrueuse réalisée par le formidable Akira Yamaoka : les rares musiques donnent envie de vite sortir de la pièce où nous nous trouvons, et les bruitages, à base de cris, de grincements, nous donnent quelques sueurs froides. On finit même par se faire peur tout seul, en marchant sur de l’herbe ou en franchissant une porte ! Cette ambiance formidable se retrouve dès les premières minutes de jeu, où l’on s’enfonce peu à peu dans les ténèbres, avec le bruit de la sirène qui s’amplifie, les angles de caméras nous désorientent un peu, les traces de sang se multiplient avant d’enfin découvrir les premiers ennemis.

Si cette ambiance est aussi efficace, c’est également grâce à un scénario très travaillé. Si l’on n’atteint pas la qualité d’écriture de Silent Hill 2, les développeurs ont tenu à toujours nous laisser dans l’inconnu, nous faisant rencontrer des personnages ambigus, laissant de nombreuses questions sans réponses et une large place à l’interprétation du joueur. Le jeu bouleverse régulièrement nos certitudes, et la mélancolie des lieux et l’horreur du destin d’Alessa finissent par réellement nous toucher.



Evidemment, le jeu datant de 1999 et étant sorti sur PlayStation, il commence à accuser techniquement le poids des ans : les déplacements de Harry sont assez laborieux, et l’animation des personnages humains laisse parfois à désirer. Rien de bien grave évidemment, d’autant que cet aspect est largement compensé par des cinématiques de toute beauté et décors en 3D. Evoquons enfin les énigmes, parfois très coriaces comme celle du piano, qui parsèment l’intégralité du jeu et vous feront parfois vous arracher les cheveux !

Le premier Silent Hill n’est donc pas seulement une merveilleuse alternative à Resident Evil, mais constituera l’une des expériences les plus marquantes de la PsOne. S’il n’atteint pas le niveau de perfection des deuxième et troisième volets, il propose un scénario très réussi, au service d’une ambiance extraordinaire que l’on peine à retrouver de nos jours. Un must !

6/6 - Steeve Raoult



LUMIèRE SUR