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La jeune Carrie White, coincée entre les moqueries de ses camarades et la bigoterie de sa mère, a bien du mal à se faire une place au Lycée. Un jour, elle découvre qu’elle possède des pouvoirs de télékinésie. Leur étendue trouvera un exutoire lors d’un bal particulièrement sanglant...



L’héritage de ce roman de jeunesse de Stephen King aura finalement été durable. Surnageant du lot, "Carrie au bal du diable" réalisé avec la maestria que l’on sait par Brian De Palma, et qui remonte à 1976 (et oui, déjà), a été suivi très tardivement d’une suite "Carrie 2 : La haine" qui suit le parcours de Rachel, parente de Carrie White. Puis suivra une nouvelle adaptation plus fidèle au livre de King en 2002 ("Carrie") avec un téléfilm où la fragile Angela Bettis ("May") endossera sur ses épaules le rôle-titre. C’est donc dans cet intérêt pour l’histoire de Carrie que s’inscrit la démarche de la réalisatrice de "Boys don’t cry", une démarche finalement bien mercantile.



Pour escompter attirer un public adolescent, susceptible de s’identifier à la jeune Carrie White, les producteurs jettent leur dévolu sur Chloë Grace Moretz, la jeune héroïne de "Kick-Ass". Un choix curieux, qui prend le contrepied de celui de l’étrange Sissi Spacek, qui n’était pour le coup pas vraiment jolie. Car, même en insistant sur la timidité et la réserve de la jeune fille, on voit bien qu’elle a un charme supérieur à ses camarades de classe. Modernisant son histoire, à l’instar de la série "Bates Motel", on y retrouve les instruments de notre modernité, style internet et téléphones portables. Ces derniers étant utilisés notamment lors de la très attendue séquence de la douche.



Toutefois si ce n’était que ça comme travers, ça ne serait pas trop grave, mais l’intérêt de plaquer autant le film de De Palma devient embarrassant surtout lorsqu’en termes de comparaison, ce remake est très largement en dessous, au point de sembler être marqué par un certain cynisme ambiant. Ainsi, le rôle du professeur de sport est réduit ici à se contenter de suivre la pauvre Carrie White sans aucunement être un instrument de sa transformation en une jeune femme plus sûre d’elle-même. L’osmose entre les deux est absente et même par moments prête à sourire ou à rire. Tout le reste est convenu et les habitués du film de 1976 n’auront aucune surprise. Sauf, à rechercher les quelques volontés de réappropriation du script du côté de la mère bigote, interprétée avec conviction par Julianne Moore ("Hannibal").

L’introduction se permet de remonter à l’accouchement de Carrie, nous dévoilant de manière prégnante la folie maternelle déjà en gestation. Dans une autre scène, Margaret White s’écorche volontairement, se donnant des marques sur son corps aussi meurtri que son âme. C’est fort peu pour qu’à l’exception d’un jeune public (le film a quand même peiné au box-office américain), on y trouve son compte. Surtout que le casting dans son ensemble est franchement peu charismatique, mais il est finalement représentatif d’une grande partie de la jeunesse actuelle. Les passages obligés se suivent du coup sans grande passion pour arriver au fameux massacre final. En plus du bain de sang très attendu, c’est une douche froide qui attend le spectateur le plus tolérant.



Ne voilà-t-il pas que Kimberly Pierce se réveille (elle où son assistant) et nous affuble d’une scène répétitive où Carrie se prend le sang de porc. Au cas où on aurait raté la scène. Ici, exit la sensualité charnelle qui se dégageait de Nancy Allen – celle qui lui succède ayant du mal à endosser le rôle de la bitch- [au passage le moment où elle fait une pipe à son amant pour le convaincre de l’aider dans son forfait passe aussi à la trappe]. Tout est finalement plan-plan et la Carrie 2013 se révèle moins cruelle. Plus encline au pardon que dans la précédente version où sa folie était totale et sans pitié, même envers ses potentiels soutiens.
N’arrivant jamais à retranscrire la fièvre du film de De Palma, ce Carrie, la vengeance est l’exemple flagrant du projet inutile par excellence. Sans arriver à aucun moment à imprimer sa trace sur nos rétines et dans nos mémoires (même la musique du pourtant doué Marco Beltrami est enterrée dix pieds sous terre par celle de Pino Donaggio), voilà un film à rallonger à la longue liste des inutilités contemporaines.








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