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Une jeune femme, à la veille de ses seize ans, réalise que depuis une semaine, elle semble vivre la même journée avec sa famille. Au détour de cette boucle temporelle, elle tente de chercher une signification à cet incroyable phénomène qui semble n'étonner personne autour d'elle, avant que l'impensable ne s'impose à elle et qu'elle réalise qu'un danger imminent les guette...



Avant d'aller plus loin dans cette chronique, je tiens à dire que je suis allé faire un tour sur d'autres sites afin de prendre la température sur le film que je m’apprêtais à voir. Autant le dire tout de suite, Haunter était décrit comme un film dont on attendait beaucoup mais qui ne serait en fait qu'une grosse déception. Les responsables de ces articles n'ayant pas lésiné sur les mots péjoratifs comme montage « pataud », lourdeurs scénaristiques, etc.

Si je tiens à commencer ma critique par ce fait c'est évidemment car mon avis est différent et de plus, j'ai choisi de m'insurger contre ces jugements négatifs trop hâtifs.



Tout d'abord il convient de faire un point sur la filmographie de Vincenzo Natali. Mondialement connu pour Cube (excellent casse-tête horrifique qui n'a rien perdu de sa force), Natali a aussi proposé une émouvante relecture du mythe de la créature et ses créateurs dans Splice et aussi présenté une comédie ludique et philosophique absolument géniale qui se nomme Nothing. Ces trois exemples montrent une volonté évidente de proposer des concepts forts, audacieux, autour du fantastique, genre que Natali semble fortement apprécier. Cette démarche sincère et touchante de l'amour du genre donne déjà le ton. En Effet, cela traduit une passion pour le genre et une volonté de proposer des concepts inédits afin de surprendre le spectateur.



Et Haunter ne déroge pas à la règle. En Effet, il s'appuie sur un scénario très original qui a le mérite de secouer le genre un peu fatigué du film de fantômes. Ici tout est renversé, tout devient étrange et étranger, le temps s'immobilise et pourtant Lisa, l’héroïne, cherche à trouver le grain de sable qui viendra enrayer cette machine infernale. À l'instar d'Un jour sans fin, le héros tourne en boucle et à l'instar de Beetlejuice, on se place ici du côté des non vivants mais l'exploitation qu'en fait le scénariste va s'aventurer sur des territoires beaucoup plus sombres et plus tortueux.



L’excellentissime montage s'amuse à perdre le spectateur dans le temps et l'espace, ce qui ajoute à l'étrangeté du film. Quelques scènes effrayantes viennent parsemer cette curiosité filmique et une tension permanente se construit au fur à mesure du déroulement de l'intrigue, car en plus de jouer sur les paradoxes temporels, il joue aussi sur l'humanité des personnages. Dans son acte final, le film prend une tournure émotionnelle assez incroyable. Haunter amuse, effraie et émeut, il propose une intrigue d'une originalité fraîche et bienvenue.

Alors oui, il n'est pas exempt de quelques scories telles qu'un léger manque de rythme et une certaine redondance en fin de métrage. Mais cela n'est rien à côté de ses qualités. Par la présente critique, je tiens à demander la réhabilitation de ce métrage bien trop vite qualifié de déception. Quand on voit des The Conjuring à la pelle un petit Haunter fait beaucoup de bien.

Merci monsieur Natali.









Du même réalisateur :

CYPHER
SPLICE
CUBE