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L’histoire débute le 22 juin 1990 dans la petite ville anglaise de Newton Haven : cinq adolescents au comble de l’âge ingrat fêtent la fin des cours en se lançant dans une tournée épique des pubs de la ville. Malgré leur enthousiasme, et avec l’absorption d’un nombre impressionnant de pintes de bière, ils ne parviennent pas à leur but, le dernier pub sur leur liste : The World’s End (La Fin du Monde). Une vingtaine d’années plus tard, nos cinq mousquetaires ont tous quitté leur ville natale et sont devenus des hommes avec femme, enfants et responsabilités, à l’alarmante exception de celui qui fut un temps leur meneur, Gary King, un quarantenaire tirant exagérément sur la corde de son adolescence attardée. L’incorrigible Gary, tristement conscient du décalage qui le sépare aujourd’hui de son meilleur ami d’antan Andy, souhaite coûte que coûte réitérer l’épreuve de leur marathon alcoolisé.



Après une petite pause où ils se sont séparés pour des projets distincts (l'excellent "Scott Pilgrim" vs the world pour l'un, le sympathique "Paul" pour les deux autres), Edgar Wright, Simon Pegg et Nick Frost se réunissent enfin pour terminer leur Blood & ice cream / Three flavours Cornetto trilogy débutée avec les fabuleux "Shaun of the dead" et "Hot fuzz". Après le film de zombies et le film policier, c'est avec ce World's end le film de science-fiction qui inspire le trio, pour une aventure débutant comme un film de potes avant de changer de cap.



C'est avec un infini bonheur que l'on retrouve les éléments caractéristiques et les détails des deux premiers films de la trilogie, avec cette réalisation et ce montage si caractéristiques (les pintes de bière qui se remplissent), ces dialogues millimétrés, cet humour si particulier (et même assez difficile à appréhender par moments si l'on ne maîtrise pas l'anglais, les sous-titres français peinant à retranscrire bon nombre de jeux de mots). On s'amuse et on rit beaucoup, avec des situations et des répliques qui font mouche à chaque fois et un vrai sens du rythme, le tout enrobé avec une formidable bande originale.



Et quand au beau milieu de tout ça, l'aspect science-fiction débarque sans crier gare, le film prend encore une autre dimension, part dans un délire encore plus fou en même temps que les héros enchainent les pintes. Inspiré des classiques de la SF, autant littéraires (John Wyndham, Nigel Kneale, John Christopher) que cinématographiques ("L'Invasion des profanateurs de sépultures", "Le Jour où la Terre s'arrêta"...), Edgar Wright nous offre quelques affrontements dantesques où les robots-qui-ne-sont-pas-vraiment-des-robots se font démembrer dans des effusions de sang bleu par les acteurs fétiches du réalisateur : outre Pegg et Frost, on retrouve ainsi Martin Freeman ("Le Hobbit : un voyage inattendu"), Paddy Considine (Tyrannosaur) et quelques autres (Rafe Spall, Julia Deakin) dans de simple caméos.



Le seul bémol vient sans doute du fait que Wright ne semble pas savoir comment terminer son film, nous livrant quelques dernières minutes moins réussies, pour des scènes que l'on retrouve généralement en fin de générique. Reste qu'avec cet hommage hilarant à la science-fiction classique, doublé d'une belle réflexion sur la nostalgie, le conformisme et le rapport à l'alcool, Le Dernier pub avant la fin du monde est un des meilleurs films de cette année, et une nouvelle réussite pour un réalisateur au parcours sans faute jusqu'à maintenant.








Du même réalisateur :

SHAUN OF THE DEAD
SCOTT PILGRIM