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Des adolescents à problèmes sont réunis le temps d’un petit séjour dans la forêt par un couple de personnes désireux de leur venir en aide. Ces « vacances » qui devaient aider ces jeunes à sortir de leur quotidien et de se soigner de façon naturelle vont rapidement se transformer en un cauchemar des plus terrifiants. En effet, non loin de la cabane où ils séjournent, des tiques des bois ont muté et sont devenues énormes! Avides de sang frais, ces bestioles vont rapidement s’attaquer aux personnes ayant le malheur de croiser leur chemin…



Des petites séries B, parfois assimilables à des téléfilms, mettant en scène des animaux agrandis par mutations et par conséquent devenus dangereux pour l’être humain, on en a vu à la pelle il faut bien le reconnaître. Tournés avec des budgets bien maigres, ces films nous ont en effet déjà mis face à des énormes serpents (les suites de la saga des "anaconda" entre autres), des araignées ("arachnid", "spiders"…), des moustiques ("mosquito"), des crocodiles ("alligator"…) ou tout autres bestioles ("komodo", "frankenfish"…) susceptibles de devenir inévitablement une grande menace pour nous si ces dernières se retrouvent agrandies de façon quelque peu exagérée.

Le long-métrage sur lequel nous allons discuter quelques instants, à savoir "ticks", fait ainsi partie de cette longue liste de films précédemment cités. Exit les bestioles bien trop classiques que sont les serpents, araignées et autres crocodiles dans ce genre de production et place cette fois-ci à une bêbête bien méconnue des films d’horreur : la tique des bois. Quoi de mieux que cet arachnide suceur de sang, véritable vampire dans le monde des animaux, une fois devenu énorme pour affoler la population?

Réalisé en 1993 par un certain Tony Randel à qui l’on doit entre autres le deuxième épisode de la saga "hellraiser" ou encore l’opus de 1992 d’"amityville", "ticks attack" (de son vrai nom en France) suit la lignée de ses petits copains et nous offre un spectacle flirtant entre le bon et le moins bon, bien plus proche cependant de ce que l’on pourrait retrouver dans un petit téléfilm que dans un long-métrage destiné aux salles obscures il va sans dire. Explications…



La première chose qui vient presque inévitablement à l’esprit quand on regarde "ticks", c’est ce manque d’originalité omniprésent. Un sentiment de déjà-vu qui, même si nous n’avons pas l’habitude de rencontrer ces prédateurs dans d’autres films de genre, ne nous quitte pas d’une semelle durant tout le long-métrage et ne fait que nous conforter dans nos impressions de départ lors d’un final sans véritable surprise (bien que sympathique).
Un manque d’inventivité qui, même s’il peut parfois agacer (on devine trop rapidement la fin réservée au chien ou aux grands vilains méchants pas beaux du film), peut également nous amuser (les personnages ultra-stéréotypés ou encore cette explication de l’origine de ces tiques géantes, mutées par une substance servant initialement à la croissance de la marijuana…).

Autre défaut non négligeable, mais pourtant également présent dans bon nombre de productions de ce genre (on peut presque parler ici aussi de « marque de fabrique ») : l’interprétation. Hé oui, les Golden Globes et autres Oscars sont à des années lumières de ce que peut nous proposer ici ce casting plutôt mauvais dans l’ensemble et, comme déjà dit avant, ultra-stéréotypé.
La racaille des banlieues de L.A., la jeune fille Barbie, le beau gosse bourré aux stéroïdes pour épater les demoiselles, la coincée du cul et le jeune héros mal dans sa peau (et bien entendu n’étant pas à l’aise dans un environnement forestier) : une belle brochette de bras cassés à laquelle on peut rajouter des sortes de braconniers peu sympathiques avec les gens de la ville (ça c’est fichtrement original tiens!) mais qui s’avèrent étrangement ici les personnages les plus attrayants.
Des personnages pour qui on ne ressent aucun attachement, même lors des passages quelques peu émotionnels qui font l’effet d’un pétard mouillé. Par ailleurs, une VF fort mauvaise ne vient qu’enliser cette performance d’acteurs des plus minables.



Malgré ces quelques bémols énoncés dans les paragraphes précédents que sont le manque d’originalité et la qualité déplorable de l’interprétation (deux principaux défauts que nous aurions presque envie de pardonner tellement ils sont communs dans ce genre de productions malheureusement), il faut tout de même bien reconnaître que le film de Tony Randel possède quelques atouts non négligeables dans sa manche.

A commencer par un rythme plutôt bien soutenu (d’ailleurs, le film ne dure que 80min, exit donc les passages inutiles pour parvenir à 1h30 comme aiment si bien le faire certains réalisateurs). En effet, on ne s’ennuie pas devant ce "ticks" : attaques assez nombreuses, découvertes macabres, mise à feu de la forêt… Sans oublier deux huis clos fort appréciables : le premier dans le cabinet d’un médecin (où notre vilaine tique se déplace de meuble en meuble sans que l’on puisse savoir sous ou sur lequel elle se trouve) et le second dans une cabane en bois assiégée par les vilaines bestioles (grand classique de ce genre de film…), une partie vraiment frissonnante et réussie (ça court de partout : sur les murs, les fenêtres, les tuiles…) qui pousse à la claustrophobie. Cette sensation d’enfermement et d’insécurité se fait plutôt bien ressentir dans cette dernière partie de film, pour le plus grand plaisir du public qui avait déjà à l’époque frissonné de terreur devant le culte "arachnophobie".

Autre bonne surprise que nous attendions forcément au tournant en lisant le résumé du film : les effets spéciaux. Bien que le film ne casse pas trois pattes à un canard de part son scénario des plus minces, ces bonnes vieilles tiques vont par contre vous faire frissonner, soyez-en assurés! Comme dans "arachnophobie" ou "éclosion" (deux musts dans le genre), ça grouille de partout, ça se glisse dans les petits recoins, sous les vêtements, brrrrr…

Même si certains effets peuvent parfois paraître datés, d’autres au contraire sont réussis : le visage tuméfié de la première victime des tiques en est d’ailleurs une preuve des plus parlantes. Et que dire des gros plans faits sur ces arachnides en pleine excitation (ça gigote de partout : pattes, mandibules…) quand ces derniers sont piégés dans la main de certains humains ayant réussi à les retirer de leur peau? Ou encore cette séquence (clin d’œil à "the thing" de Carpenter) où une énorme tique sort d’un cadavre? (certains diront que nous aurions pu nous passer de ce genre de grosse vilaine bêbête de fin mais pour ma part je trouve cela tellement jouissif!)
Du bon travail réalisé entre autres par un certain Doug Beswick qui a déjà participé à des projets ambitieux tels que "star wars 5", "total recall", "terminator", "gremlins"…



Malgré quelques défauts bien connus de ce genre de productions (casting très moyens, manque d’originalité dans le scénario), "ticks" s’avère pourtant une bonne petite série B dans le genre « animaux dangereux » de part ses effets spéciaux plutôt réussis dans l’ensemble et son rythme fort bien soutenu.
Un petit film à voir sans hésitation!