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Nous sommes en 2012, après le tarissement universel du pétrole, le monde a sombré dans l'anarchie et le chaos. C'est donc la loi du plus fort qui prévaut. Un beau jour Ford, Viper et Nova partis en patrouille de reconnaissance sauvent Neon des griffes d’un redoutable individu ayant déjà occis son fiancé. Nos trois jeunes gens décident alors de la ramener dans leur camp de fortune, un hôpital désaffecté, où elle fait la connaissance du reste du groupe de rescapés vivant là : Dakota, Torino, Max, Yukon, Victoria et Darwin, leur leader un peu plus âgé. Mais bientôt tous s’aperçoivent qu’elle a été suivie par les Rovers, une redoutable bande de cannibales, bien décidés à en faire leur petit-déjeuner. Deux alternatives se présentent alors à eux : vont-ils rester là afin de les combattre au risque de se faire tous tuer où battront-ils en retraite vers un autre endroit dont ils ignorent s’il est soit plus hostile, soit plus sûr ?



Tooth and nail est un long-métrage faisant partie des « 8 films to die for » et diffusé au « After Dark Horrorfest » celui de 2007 en l'espèce, une collection au sein de laquelle on peut retrouver des petits films à micro budget sympathiques comme "Borderland" ou "Lake Mungo", par exemple, mais qui peut aussi présenter des navets de premier ordre à l’instar de "Mulberry Street" ou encore "Profanations". Aussi, qu’est-ce qui pouvait donc nous tomber sous la main ou plutôt sous les yeux ? Car en fin de compte, il s’agissait ici, si on regardait attentivement la jaquette du DVD et que l’on synthétisait au maximum, ni plus ni moins que d’un énième survival en milieu post-apocalyptique avec ses gentils rescapés et ses féroces cannibales. Rien de très original donc, dans le monde du cinéma de genre. En effet, qui n’a pas vu ou encore entendu parler de "La route", "Le livre d Eli", "Stake land" ou "Hell", pour ne citer que les plus récents touchant à peu près aux mêmes thèmes ? Que pouvait alors nous réserver ce petit DTV ?

Côté scénario, rien de très transcendant puisque après une crise du pétrole ayant engendré l’anarchie, un groupe de rescapés a trouvé refuge dans un hôpital abandonné. Ensemble, ils tentent de retrouver la normalité. Ils ont même un leader, une sorte de savant se prénommant Darwin qui veut tenter de « reconstruire » la race humaine. Il assigne a chacun une tâche, la sienne étant de tracer des plans et de réfléchir beaucoup (c’est pour cela qu’il est le chef voyez-vous !). Ainsi, on ramasse du bois, on recueille de l'eau, d’autres sont envoyés en éclaireurs pour explorer les voisinages en quête de nourriture ou autre et ainsi de suite. Malheureusement, Darwin ne pense pas aux moyens de protéger son groupe. Et si Viper le costaud rebelle peu avare en coups de poing est inquiet de ce qui peut se passer si quelqu'un vient avec de mauvaises intentions, c’est qu’il a raison ! Ils auraient dû se préparer les bougres ! Il y a en effet un groupe de cannibales qui apparaissent sur les marches de la porte de leur hôpital et ils ne sont pas venus pour une simple consultation ! Ainsi, Mark Young ne joue pas dans l'originalité avec son lot de personnages stéréotypés (les gentils, les méchants, les traîtres), sa trame prévisible (nos rescapés vont presque tous se faire décimer un par un) et ses effets de surprise ratés (on devine le twist de fin dès le début). Ajoutons à cela que les méchants quoique vicieux, n'ont aucune personnalité tous comme les gentils, vraiment très fades et sont très peu attachants. Alors qu’il y avait matière à peaufiner un tant soit peu la psychologie des personnages, puisque le budget était serré autant miser tout là-dessus ça ne coûtait rien !



Mais l'action et les effets spéciaux allaient-ils rattraper les faiblesses de l'intrigue ? Eh bien pas vraiment. Comme dans tout film d'horreur qui se respecte, le groupe de base va se réduire telle une peau de chagrin jusqu'au dénouement final, donc on peut parler de scènes répétitives même si le modus operandi des cannibales quant aux meurtres peut parfois varier. Néanmoins, on assistera ébahi à un final saugrenu lors duquel une de nos héroïnes se mue en véritable guerrière, maquillage à l’appui, décimant un à un ses adversaires telle une victime justicière que l’on peut retrouver dans les rape and revenge movies, surprenant mais pas inoubliable. Par ailleurs, le problème avec certains films post-apocalyptiques au financement étriqué, c'est qu’en raison de leurs contraintes budgétaires, il est très souvent difficile pour eux de bien retranscrire la fin du monde à l’écran. Il faut un cinéaste vraiment doué et imaginatif pour tirer cela d'un petit budget, mais ce n'est pas impossible et peut même être réalisable. Il suffit de regarder "Six String Samouraï" pour s’en persuader ! Mais ici que nenni, les personnages du métrage ont l’air trop propres, tout comme l'intérieur de l’hôpital paraît trop neuf, trop organisé et manquant cruellement de pourriture, de fissures et de vétusté. Un monde post-apocalyptique doit être pourri, vieux et non pas d’une propreté quasi irréprochable ! Les hommes doivent avoir de longues barbes, les filles ne devraient pas être épilées et maquillées. Tout le monde devrait être malodorant et sale. Les rues, quant à elles, devraient être jonchées de cadavres d’animaux, d’humains et de carcasses de voitures en veux-tu en voilà. Mais pas dans Tooth and nail où les villes semblent désertées mais pas délabrées outre mesure et où les personnages semblent avoir même le temps de se raser. Ainsi, Mark Strong fait avec les moyens du bord, mais sa réalisation est molle, impersonnelle, trop lisse et les effets spéciaux peu nombreux mais assez réussis (il y a quand même quelques plans gore bien sentis), tout comme les maquillages des punks cannibales (dont certaines dentitions…), n’arriveront pas à sauver un film mis à mal par la platitude de la mise en scène, dommage.



L’autre grosse déception vient du casting. D’un côté on a les principaux protagonistes avec chez les garçons, deux acteurs jouant de façon honnête : Rider Strong ("Borderland", "Cabin fever 2") et Michael Kelly ("Dawn of the Dead", "L'agence", "Chronicle") dans les rôles respectifs de Ford et Viper, deux rescapés plutôt rebelles et chez les filles : Rachel Miner et Nicole DuPort (interprétant les survivantes Neon et Dakota), n’étant pas de grandes actrices puisque seule la première a joué dans quelque chose de notable (à savoir "Le dahlia noir"), ce qui se ressent bien à l’écran vu le manque d’empathie qu’elles suscitent. De l’autre côté on a les caméos a priori d’enfer sur le papier de Michael Madsen ("La mutante", "Sin city", "Bloodrayne", "Terror trap"),Vinnie Jones ("Les condamnés", "The Midnight meat train") dans les rôles de deux cannibales assoiffés de sang au look de punks sauvages et Robert Carradine ("Orca", "Humanoid terreur abyssale", "Hoboken hollow") en gourou fainéant mais instruit. Seulement voilà, ils font de la figuration inutile car ils n'apparaissent que sporadiquement à travers le film, ce qui est bien dommage compte tenu de leur potentiel de base.



Film de genre post-apocalyptique Tooth and nail est un métrage qui a un grand air de déjà-vu et s’apparente carrément à un sous "Mad Max" des familles. Le monde décrit est plus suggéré que visible, la faute à des moyens limités. Les acteurs font ce qu’ils peuvent ou effectuent juste de la figuration pour certains et le scénario n’a rien d’innovant. Même la réalisation laisse à désirer et donne l'impression de voir un film de série B voire Z, un de ceux que l’on peut retrouver au fin fond des bacs de DVD invendus de toute bonne fouille qui se respecte. Reste cependant des cannibales au look de punk assez bien fait et quelques effets gore sympathiques, mais c’est trop peu. Un petit film donc.









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