RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 4.7
(8 votes)
Un OVNI s’écrase en plein Wisconsin. Son occupant, un extraterrestre, va se réfugier dans une maison située non loin de là. Après avoir pris la forme du mari défunt d’une jeune veuve, il va tenter de rejoindre les siens. Poursuivi par un agent fédéral et un scientifique obnubilé par la vie extraterrestre, le duo de fugitifs fera tout pour arriver à temps au point de rendez-vous fixé par les amis de celui que l’on appellera Starman.



1984. Alors que John Carpenter avait déjà œuvré dans le cinéma d’horreur plus particulièrement ("la nuit des masque" alias "halloween", "fog", "the thing") mais également dans d’autres catégories filmiques avec des films tels que "Christine" ou "New York 1997", Michael Douglas lui propose alors le scénario d’un film de science-fiction mêlant action, émotions et humour. Voici quelque chose de bien nouveau pour celui qui deviendra au fil des années l’un des plus grands réalisateurs dans le cinéma de genre!
Après une relecture du scénario et plusieurs modifications faites sur ce dernier par un certain Dean Riesner, John Carpenter se lance dans l’aventure et nous offre peut-être avec "les aventures de Jack Burton dans les griffes du mandarin" (1986) l’un des films les plus inattendus dans sa filmographie. Une histoire émouvante signée Carpenter, c’est un peu comme le magnifique "lovely bones" de Peter Jackson : un film qui surprend quand on connait le réalisateur mais qui s’avère être au final une bonne surprise.

Car oui, "starman" est un très bon film, n’en déplaise à ses détracteurs. Malgré un scénario simple, ce long-métrage de John Carpenter parvient à nous divertir grâce à cette alchimie naissant d’une fusion entre plusieurs genres (drame, humour, science-fiction, action) et à ce rythme plutôt bien maintenu tout au long du film (courses-poursuites, séquences émotions…).

Si l’on devait définir "starman", on pourrait dire que nous avons affaire ici à un road movie mêlant science-fiction, humour et émotion. Différents thèmes abordés (si l’on excepte le côté road movie du film) qui ne sont pas sans rappeler des films comme le culte "E.T." de Steven Spielberg ou encore le plus contemporain "super 8" où des extraterrestres se retrouvaient « piégés » sur Terre.



A cela s’ajoute une belle touche de magie (la fin du film ou encore ce passage où Starman redonne vie à une biche abattue par un chasseur local) et de poésie ainsi qu’un message très humaniste et on obtient certes un petit ovni dans la carrière exceptionnelle de John Carpenter mais également un très bon moment de cinéma.

Niveau casting, là non plus nous ne sommes pas déçus par les choix opérés. Notre duo de fugitifs fonctionne bien et, malgré leurs différences (d’un point de vue biologique avant tout), ces derniers vont vivre une aventure ensemble et rapidement s’apprécier.

On suit avec plaisir, curiosité et intérêt notre Starman se familiariser à nos coutumes, nos habitudes. Une initiation d’autant plus compliquée que nous avons ici un extraterrestre et non seulement une personne venant d’un pays étranger d’où une nécessité d’apprendre jusqu‘au B.A.BA des choses (le simple fait d’utiliser une fourchette est nouveau pour Starman), ce qui nous donnera d’ailleurs justement cette petite touche humoristique dont nous parlions quelques lignes plus haut.

Une initiation à la vie humaine qui va également créer des liens plus ou moins intimes entre les deux êtres. Starman va progressivement éprouver des sentiments, manifester des émotions, une évolution qui va donner au film de John Carpenter certaines séquences touchantes/émouvantes fonctionnant à merveille.



La musique fait partie intégrante de l’émotion dégagée par "starman". Chose non négligeable à préciser, cette dernière n’est pas signée par John Carpenter (tout comme le scénario d’ailleurs) mais a le mérite de coller parfaitement à la narration et de se manifester lors des passages les plus émouvants pour augmenter l’intensité émotionnelle de certaines séquences, principalement dans le dernier tiers du film.

D’un point de vue SFX, nous sommes effectivement face à un film de science-fiction et nous avons alors droit au début à quelques plans dans l’Espace avec vaisseau spatial et tout le tralala mais rapidement le film décide de se focaliser sur l’aspect humain (interaction entre les êtres de différentes espèces, charges émotionnelles…), le principal objectif du film.
Donc, ne chercher pas un film avec soucoupes volantes à gogo et autres bizarreries typiques de nombreux films d’extraterrestres : nous sommes ici face à un film détenteur d’un message fortement humaniste et non devant un film crachant des effets spéciaux à tout va comme savent de toute façon si bien le faire de grosses productions hollywoodiennes.



Au final, avec son étiquette d’ovni dans la carrière de John Carpenter, "starman" n’en demeure pas pour autant un film moyen. Drôle, émouvant et suffisamment attrayant pour nous faire passer un agréable moment de cinéma, voilà bien un film injustement trop peu connu du grand public…