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Surgies des abysses, d'immenses créatures, les «Kaiju» s'en prennent aux constructions humaines. Leurs attaques se font de plus en plus nombreuses et épuisent les ressources de l'humanité, qui n'a plus comme seul recours que de riposter. Et ce sera en construisant d'immenses robots, les «Jaegers». La lutte paraît déséquilibrée et jamais l'apocalypse n'aura été aussi proche....



Alors qu'on attendait Guillermo Del Toro sur la transposition sur grand écran d' H.P Lovecraft ("Les Montagnes hallucinées"), le voilà attaché à ce blockbuster qui, s'il est éloigné des univers intimistes de films comme "Le Labyrinthe de Pan", nous rappelle qu'il s'agit aussi du réalisateur d' "Hellboy" et qu'il aime bien les monstres ("Mimic"). En cela, ne soyons pas vraiment surpris. Reste à savoir comment il allait se débrouiller pour arriver à ne pas faire un nouveau "Transformers". Fort heureusement, le cinéaste n'est pas Michael Bay et à l'instar d'un Zack Snyder dernièrement avec "Man of Steel" arrive à concilier les cahiers des charges, et s'intéresse à ses personnages qui ne sont pas uniquement destinés à être des marionnettes.



Généreusement mis en avant, le boulot fait par ILM est prodigieux, et à l'instar de "Jurassic Park", le film renoue avec le spectacle bon enfant, destiné à nous en mettre plein la vue. Et si on peut trouver que de temps en temps (à cause d'une photographie un poil sombre et de l'ambiance aquatique qui rend la gestion des combats peu aisée) on se perd au niveau des combats, ceux-ci sont d'une force rarement égalée pour un film de cette ampleur. Clairement tourné vers la culture nippone (berceau de cet univers!) , Del Toro rend hommage aux films de la Tohô et au réalisateur Ishirô Honda. Comme lui, et bien que de culture américano - mexicaine, la sensibilité humaniste de Guillermo fait qu'il n'en oublie pas de réveiller les souvenirs liés à la destruction du Japon suite aux attaques d'Hiroshima et de Nagasaki.



Pour ce faire, il réveille les souvenirs de Mako (Rinko Kikuchi, actrice japonaise, qu'on a pu voir dans "Babel") dans un Japon ravagé par les destructions des monstres marins, et la fillette qui y court à perdre haleine, dans un des moments les plus touchants de ce film. Avec qui naîtra une relation tendre avec son supérieur, Pentecost (Idris Elba: "Prometheus", "Thor: le monde des Ténèbres"), souvent en non dit, avec une forme de pudeur. Leur relation est symbolisée par une scène où ce dernier viendra lui remettre sa chaussure rouge en lui disant qu'il va honorer sa promesse, mais cela ne prendra sens lorsque le co-équipier de Mako lui dira qu'il a vu, via ses souvenirs, son passé.

Au delà des prouesses héroïques, ce sont les rapports amicaux, filiaux et/ou amoureux qui sont au cœur des enjeux car de cette collaboration naîtra la réussite ou l'échec de la lutte. Il faut être en osmose avec son partenaire de combat pour mettre le plus de chance possible de son côté. Au centre du scénario (d'abord avec la relation qu'il a avec son frère, puis avec Miko), on trouve Raleigh Becket, campé par Charlie Hunnam (devenu une star du petit écran avec la série "Sons of Anarchy") qui, s'il tient là le principal rôle, sait ne pas trop se mettre en avant, le travail d'équipe primant ici.



Loin de tout cynisme, Guillermo Del Toro, ne délivre pas ici un quelconque message, mais livre au Monde son amour pour les Monstres. Qui sont stupéfiants de réalisme! Il se fait largement plaisir en donnant à voir ce film jubilatoire qui mixe les références mangas à une certaine inspiration chevaleresque. Les Jaegers ne sont-ils pas l'équivalent de nos chevaliers en amure du Moyen- Âge ? Sans oublier les codes de l'honneur entre les différents protagonistes (Cf. Mako/Pentecost). Ce côté médiéval transposé dans l'univers de la robotique est finalement clairement plus proche de l'univers asiatique ("Evangelion") qu'occidental et les concepteurs du projet centrent l'essentiel de l'action du côté Asie du Pacifique, après une mise en bouche Etats-Unienne.

Avec un tel spectacle, difficile de retoucher terre après, et malgré quelques scories (dont un thème musical fadasse de la part de Ramin "Game of thrônes" Djawadi, et un humour lié à quelques personnages secondairesqui peut légèrement agacer), le pari ambitieux de Del Toro est mené à bon port.








Pacific, pas si con

Portrait de Lionel Jacquet

4.02

On en prend plein les yeux et en plus le film se permet même ( oh miracle ! ) un sous texte loin d'être couillon. Comme quoi, même un blockbuster peut avoir une âme.