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Dans un futur proche, les États-Unis ont adopté un nouveau système politique obligeant une « purge annuelle » afin d'annihiler le taux de criminalité qui grandit de jour en jour ainsi que le niveau élevé du taux de chômage. Et le pire c'est que ça marche, en effet l’Amérique ne s’est jamais aussi bien portée tant économiquement que socialement. Mais qu'est-ce que « la purge » ? C'est simplement une nuit de douze heures, une fois par an, où il est possible de tuer et de faire du mal à qui l'on veut dans le but de décharger ses pulsions de destructions et de se défouler et où aucun service d'aide médicale ni policière n'ont le droit d'intervenir.



Le film débute sur la présentation d'une famille bourgeoise vivant dans un lotissement de maisons individuelles friquées. Le père tient une boîte spécialisée dans la vente d'alarmes ultra sophistiquées ayant le vent en poupe. Cet homme ainsi que sa famille se préparent à vivre cloîtrés dans leur demeure durant cette fameuse nuit de la « Purge », seulement des événements vont faire basculer leur nuit dans un cauchemar profond.

AHHH les joies de la traduction. Connu sous son nom original depuis un petit paquet de mois American Nightmare cache en fait « The Purge ». À l'évocation de ce titre, on peut se poser trois questions : « The Purge » est – il un film d'horreur ? « The Purge » en est-elle une ? « The Purge » est-elle l'histoire d'un mec constipé coincé sur ses toilettes durant une heure et demi ? Heureusement la réponse est non à ces trois questions. Ce film mal vendu n'est pas un film d'horreur mais plutôt un thriller à suspense teinté d'action. Ce n'est pas un chef d’œuvre mais il n'en est pas moins un bon moment. Et enfin ici, pas de problème gastrique.



Après son expérience sur « SINISTER », Ethan Hawke s'associe à la même maison de production ainsi qu'au réalisateur James DeMonaco pour signer cette bande. Mais alors quel est verdict ?

Disons que je n'y allais pas confiant et qu'au final je fus surpris par quelques petites qualités inattendues. Tout d'abord le scénario, plus malin qu'il n'en a l'air, présente un double niveau de lecture qui peut faire froid dans le dos. En effet, dès le départ, si la famille se prépare à se protéger, certains voisins, eux, se préparent à l'éradication de masse civile. Oui, grâce à ce postulat original, le réalisateur installe le doute et la méfiance partout. Ici tout le monde peut durant cette nuit être à la fois bourreau et victime. Les personnages sont croqués certes un peu de manière artificielle, mais les caractères de ceux-ci sont assez marqués pour qu'on s'y attache. Le film a aussi un léger côté politiquement incorrect tout à fait bienvenue. L'Amérique que l'on rencontre ici est à la fois fascinante et terrifiante car elle justifie ses génocides urbains en se galvanisant de leur réussite économique. Flippant, d'autant plus que cela est dépeint de façon très réaliste. Le film démarre fort avec cette ambiance délétère où la folie des hommes est au service de leurs réussites.



Puis, le film se vautre dans le survival plus classique, là où on aurait préféré plus d'ampleur, néanmoins la tension persiste et on s'immerge auprès de cette famille et du cauchemar qu'elle vit. Mais bon, ne soyons pas dupes, de nombreux clichés demeurent. Puis avec un tel sujet, un énorme regret revient à la charge dans notre esprit : pourquoi un si bon concept scénaristique se limite-t-il à faire du survival ultra balisé ? Dommage car si cette nuit de « purge » avait été filmée en pleine ville avec des enjeux plus fédérateurs et originaux cela aurait sans aucun doute plus intéressant.

Seulement voilà, à la vision du film, force est de constater qu'on ne peut s'empêcher de se dire que le scénariste à jouer un peu la carte de la facilité alors qu'un tel concept aurait pu être exploité avec plus d'ambitions.



The Purge reste malgré tout un film fort sympathique qui, si il est un peu facile, reste un bon moment bien nerveux, riche en suspense et en action dans une ambiance froide et faussement lisse qui possède en plus un deuxième niveau de lecture tout à fait effrayant.
En ces temps où l'originalité se meurt, il est fort agréable de regarder American Nightmare.

C'est drôle mais je suis en train de me dire que faire un film sur un mec constipé coincé sur ses chiottes pendant une heure et demi pourrait être très original et pourquoi pas intéressant. Avis aux scénaristes...








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