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Un mystérieux virus a détruit toute civilisation. Les rescapés vivent dans des bunkers fortifiés, redoutant leurs anciens semblables devenus des monstres dévoreurs de chair. R, un mort-vivant romantique, sauve contre toute attente Julie, une adorable survivante, et la protège de la voracité de ses compagnons. Au fil des jours, la jeune femme réveille chez lui des sentiments oubliés depuis longtemps… Elle-même découvre chez ce zombie différent autre chose qu’un regard vide et des gestes de momie…



Il y a parfois des films dont on ne comprend pas, sur le papier, l'intérêt. Prenez donc ce "Warm bodies", qui relate l'histoire d'amour entre une jolie jeune fille et...un zombie. Un postulat étrange, issu de l'imagination d'Isaac Marion pour son roman Vivants, laissant augurer le pire résultat à l'écran, malgré la présence derrière la caméra de Jonathan Levine, réalisateur de l'excellente surprise qu'avait été "Tous les garçons aiment Mandy Lane" en 2006. A vrai dire, je pensais même que le concept aurait pour limite absolue les divers jeux de mots que l'on pouvait retrouver sur les affiches et publicité.



Les premières minutes sont d'ailleurs vraiment pénibles, semblant confirmer nos pires craintes. Prenant le parti de raconter l'histoire du point de vue de R, un adolescent devenu zombie mais toujours capable de penser, Warm bodies est assez déroutant, voire même irritant pour un amateur de films du genre. R est intelligent, assez vif même, il aime la musique et est donc, en dehors de son goût pour la cervelle humaine, pas si différent de nous. Et lorsqu'il rencontre Julie, il va peu à peu reprendre vie, pour parler, retrouver une température corporelle normale, et même retrouver des sensations disparues, comme le froid ou la douleur.



Et étrangement, on finit par accepter cette idée de base si absurde, l'ironie de R et la gentille amourette entre les deux personnages nous touchant peu à peu. Dans cette relecture zombiesque de Roméo et Juliette de Shakespeare (après tout, de Roméo à Romero, il ne manque qu'un...R), où le zombie est autant présenté comme prisonnier de ses habitudes (là encore, le clin d'oeil à Romero et son "Zombie" est évident) que comme un être simplement exclu à cause de sa différence, on se prend au jeu, d'autant que Nicholas Hoult ("Jack le chasseur de géants") est parfait dans le rôle du zombie.



Bizarrement, Warm bodies nous prend donc parfaitement au jeu, nous faisant peu à peu accepter un postulat fantaisiste, voire même irritant (un zombie amoureux !) pour nous faire passer un agréable moment, devenant plus sympathique à chaque minute. Citant les classiques du film de zombie, de George Romero à Lucio Fulci, le film de Jonathan Levine a finalement pour principal défaut des effets spéciaux plutôt moyens, et un dénouement un peu bâclé.








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