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Le succès et le buzz générés par "V/H/S" aidant, c’est sans surprise que l’on découvre qu’une séquelle arrive moins d’un an après. Celle-ci prouve une fois de plus que le found footage fait encore recette et qu’il se prête bien aux anthologies d’horreur à la "Creepshow". V/H/S/2 est donc un film à sketches consacré aux fans fatigués des remakes à gogo et autres suites de films d’exorcisme ou d’activités paranormales inondant nos écrans. Ici encore, le plan est simple : des scénaristes et réalisateurs indépendants ayant fait leurs preuves ont été contactés afin de proposer chacun un « mini-film » s’inscrivant dans ce nouveau projet. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ceux qui ont apprécié le premier opus, vont également aimer le deuxième.



Le film s’ouvre sur un segment (« Tape 49 ») directement relié à "V/H/S": un couple de détectives privés munis de caméras rentre par effraction au domicile d’un jeune étudiant porté disparu et recherché par sa mère. Une fois à l’intérieur, nos enquêteurs tombent sur une collection de cassettes vidéo et une sorte d’autel improvisé de magnétoscopes empilés çà et là. Ils trouveront également : des piles de cahiers à spirales remplis de notes, ainsi qu’un ordinateur portable en train d’enregistrer une vidéo. Parmi cet amoncellement singulier, les fins limiers découvriront en compulsant le journal du jeune homme, que ce dernier était amateur de VHS rares. Ils commencent alors à visionner des K7 de la collection dans l’espoir de résoudre leur affaire et de retrouver le disparu…
Comme la dernière fois, le segment reliant tous les autres entre eux est le maillon faible car il est vite oubliable, n’apporte pas grand-chose et est donc dispensable. Pourtant réalisé par Simon Barrett (scénariste sur le précédent "V/H/S", "You’re next", "The ABCs of death"…), ce court ne décolle jamais, la faute sans doute à la qualité individuelle des autres films tellement meilleurs (ou presque) qu’ils rendent celui-ci insignifiant. Mais aussi et surtout par sa fin (un peu) téléphonée et éculée (beaucoup). Mais jugeons plutôt les mérites des autres segments.

Le premier sketch, « Phase 1 Clinical Trials », signé Adam Wingard ("You’re next") et dans lequel il se donne le premier rôle, relate l’histoire d’un accidenté de la route qui se retrouve avec un implant d’œil cybernétique enregistrant tout ce qu’il voit partout où il va afin de transmettre toutes les infos nécessaires aux scientifiques suivant leur « cobaye ». Ce qui n’est pas très pratique quand il va aux toilettes avouons-le ! Mais ce n’est pas là le principal problème de cette avancée technologique puisque l’organe greffé fait des siennes et notre héros bionique commence à avoir des visions bizarres de fantômes ayant élu domicile chez lui ! Cette histoire assez conventionnelle de spectres parvient tout de même à décoller un peu lorsqu’entre en scène le second personnage : une accorte jeune fille qui, elle, peut entendre les spectres ! L’autre intérêt de ce segment est l’abandon du found footage pur pour du POV (Point of vue) autrement dit l’utilisation de la caméra subjective, nous mettant donc quasi à la place du protagoniste principal lorsqu’il côtoie les visions spectrales venues le hanter. Bref un bon démarrage dans un « train fantôme maison » qui a son petit effet et annonce la couleur.



L’utilisation de la vision subjective continue avec le deuxième segment d’Eduardo Sanchez et Gregg Hale ("The Blair Witch Project") intitulé « A ride in the park » qui voit le calvaire d’un rider parti avec son VTT pour une balade en forêt se faire mordre par un zombie. Et inéluctablement il se transforme en être avide de chair humaine. La grande innovation distinguant ce court des films de zombies habituels, c’est que notre héros a une caméra fixée sur son casque de vélo. De fait, l’immersion dans l’univers de ces créatures en état de putréfaction est totale car particulièrement réaliste et surtout jamais vue ! Notre lascar va ainsi découvrir qu’on ne peut se manger soi-même, qu’on peut en revanche prendre beaucoup de plaisir à interrompre une fête d’anniversaire en plein air mais qu’on peut également être parfois rattrapé par sa conscience humaine… Partant d’une idée de base intéressante sur le papier, ce court de 12 minutes est très récréatif. Il est à la fois référentiel (quasiment tous les clichés de ce genre de film sont abordés), drôle, gore quand il le faut et l’on passe un bon moment lors de son visionnage. Dommage peut-être qu’il soit trop bref.



Le troisième chapitre « Safe haven », mis en images par Gareth Evans ("The Raid") et Timo Tjahjanto (coréalisateur sur "The ABCs of death"), est sans contestation aucune le meilleur de la franchise. On y suit une équipe de reporters partis questionner le leader charismatique d’une secte en Indonésie pourtant peu encline à ouvrir ses portes aux journalistes. Peu à peu on découvre les étranges rituels et pratiques taboues des adeptes de ce culte à travers les interviews des divers occupants, dont évidemment le chef spirituel (formidablement interprété par Epy Kusnandar), un petit bonhomme maigrichon hyper inquiétant. Très vite on se rend compte que l’équipe n’est pas là par hasard. Puis, tout dégénère dans une folie bestiale mais inéluctable pour finir en apocalypse. Structurellement, thématiquement, ce segment est hyper bien fait, d’autant que l’aspect found footage prend ici toute son ampleur. C’est d’abord intrigant et ce, dès les premières secondes puisqu’un climat inquiétant s’instaure dès lors qu’on embarque dans l’établissement si bien que l’on se demande très vite : mais que font-ils dans cette secte ? Quelles sont véritablement leurs intentions ? Puis ça vire très vite au malsain et à la boucherie gore sans limite. Bref, tout pour nous plaire. La seule chose que l’on pourrait reprocher au segment ce serait son plan final, mais il faudrait vraiment faire la fine bouche pour porter un tel jugement…

Quatrième et dernier segment, « Alien abduction slumber party » de Jason Eisener ("Hobo with a shotgun"), narre, quant à lui, les aventures d’une bande de gamins laissés seuls un week-end par leurs parents dans une maison au bord d’un lac. Là, entre faire des blagues puériles et filmer la grande sœur en pleine partie de jambes en l’air, nos jeunes têtes brûlées devront faire face à une invasion d’extraterrestres patibulaires qui, contrairement à E.T., n’ont aucune intention bienveillante à leur égard. Ce segment fait ainsi preuve d’une énergie communicative, d’un humour potache drôle mais jamais lourdingue et de moments de frayeurs bien dosés. Eisener, si mise à part l’utilisation d’une caméra fixée sur le dos d’un chien ne tente rien de particulièrement original, arrive néanmoins à brosser un portrait assez attachant d’une jeunesse insouciante qui va être mise à mal par des aliens belliqueux. Alors même si on est parfois aveuglé et assourdi dès lors que les envahisseurs arrivent, ce chapitre est le plus comique et apporte une touche de fraîcheur bienvenue à l’ensemble.



Ainsi, cette suite de "V/H/S" sans être non plus transcendante semble tout de même plus consistante que son prédécesseur susnommé. Exception faite de l’inter-segment « Tape 49 » de qualité très moyenne, tous les courts-métrages composant V/H/S/2 tiennent la route. On a du chef-d’œuvre horrifique à l’état pur (« Safe haven »), du « zombie movie » intelligent (« A ride in the park »), du plus traditionnel de bonne facture (« Phase 1 Clinical Trials ») et du fun immature mais efficace (« Alien abduction slumber party »). Cette suite pour laquelle seul Adam Wingard a rempilé, apparaît alors moins inégale que son aînée et prouve donc, et c’est assez rare pour être souligné, que certaines séquelles peuvent être meilleures que l’originale.









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