RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Réalisation
Brendan Muldowney

Scénariste
Brendan Muldowney

Date de sortie
2009

Genre
Insolite

Tagline


Cast
Darren Healy
Nora-Jane Noone
Gerry Shanahan


Pays
Irlande

Production


Musique
Stephen McKeon

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 6
(3 votes)
Un homme, Paul Graynor, paparazzi de son état et se situant dans la trentaine poursuit sa vie morne dans un Dublin où la violence est plus que présente. Il partage son temps entre son travail et les visites qu'il rend à son père à l’hôpital, endroit où travaille une jeune infirmière qui semble attirée par sa personne. Mais cet équilibre fragile va éclater en un millier de fragments quand un soir deux jeunes hommes le frappent et le mutilent gratuitement dans un déluge de violence. Son réveil sera horrible car il réalisera que dans l'attaque il a été castré. Le film suivra cet homme dans sa tentative de reconstruction puis de sa métamorphose.



Premier long-métrage de Brendan Muldowney, Savage détonne dans le paysage cinématographique actuel par son approche très réaliste et immersive. Mais le réalisateur irlandais n'en est pas à son premier coup d’essai puisqu'il est l'auteur de plusieurs courts-métrages dont The Ten Steps (2004) qui est un petit bijou d'angoisse et qui a d'ailleurs été récompensé dans une douzaine de festivals. L'homme a un certain talent pour la mise en scène et cela vient se confirmer à la vision de Savage.



Puissant et surprenant sont les meilleurs mots pour résumer ce que l'on peut ressentir lorsque l'on visionne le film.
Puissant car Paul, la victime incarnée par un Karl Ague habité, touche le spectateur car il est présenté dans toute sa complexité. Ici Paul n'est pas présenté comme un héros, ou un bourreau ; il est simplement montré comme un être complexe, introverti, morose et peu épanoui. Le spectateur doit donc s'investir dans la compréhension de ce que peut vivre intérieurement le personnage et cela est une grande audace car peu de films osent ce genre de parti-pris.
La réalisation ainsi que la photo sont à tomber, nous nous retrouvons plongés dans un Dublin froid où parfois seule la violence tapie dans l'ombre des rues semble la réchauffer. Le cadrage serré renforce l'effet d'étouffement et d'angoisse parfaitement maîtrisé. Sans parler de la caméra qui appuie l'oppression et l'horreur quotidiennes que doit affronter le personnage en le cadrant au plus prés.



Surprenant, le film l'est mais pas forcément dans le scénario qui se présente un peu comme un « vigilante movie » comme Death Sentence de James Wan par exemple. Mais plutôt dans les retranchements réflexifs dans lesquels il nous emmène.
Le récit suit quatre chapitres aux titres évocateurs qui vont à la fois expliquer et étayer la transformation que va subir malgré lui Paul, c'est à dire qu'en perdant son sexe, il va perdre son humanité et se rendre compte qu'une rage difficile à contenir va grandir en lui et cela va conduire à un final assez marquant.

Étonnant aussi car comme une analyse clinique d'un phénomène psychologique, le récit d'une froideur abyssale va se montrer d'une violence inouïe sans que cela soit graphique. En effet, le réalisateur a pris le parti de ne pas beaucoup en montrer car le sujet dans son traitement fait déjà froid dans le dos. La violence est dans les non- dits, dans les silences gênés, dans l'humanité que perd Paul, pas besoin d'en rajouter.
Le résultat est par ailleurs d'autant plus estomaquant qu'il est extrêmement réaliste et humain.



Alors oui, le final peut paraître un peu court et pas si violent que ça, mais peu importe, le plan final glace le sang. Il est évident que cela n'est pas pour tout public car ce n'est pas un film d'horreur mais une tragédie horrible, ne vous trompez pas sur le produit, mais en revanche si vous voulez prendre une méchante claque, foncez.
Notez aussi que Brendan Muldowney est actuellement sur un autre projet qui s'intitule Love Eternal et qui suit le parcours d'un homme étrange cloîtré durant dix ans et qui va apprendre à un connaître un monde qu'il ne connaît plus. À suivre...









Du même réalisateur :