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Un groupe de jeunes délinquants et leurs éducateurs Kate et Jim font une excursion à Mortlake, ancienne ville minière mais véritable coin paumé d’Angleterre. Là, les adolescents sont censés retaper une vieille bâtisse en guise de travail d’intérêt général. Un soir, ils vont prendre un verre au pub local, le bien nommé « Le trou sale » et découvrent les habitants du cru, semblant tous issus de relations consanguines tellement ils ont, pour la plupart, des têtes de dégénérés en puissance. C’est le lendemain, à la suite d’une embrouille avec de jeunes autochtones, que le week-end de nos touristes citadins se transforme en cauchemar dont ils espèrent tous sortir en vie. Y arriveront-ils ?



De mémoire récente, le milieu rural de l’Amérique profonde a longtemps été le foyer de certaines des horreurs les plus émouvantes mais aussi les plus incongrues en termes de faits divers insolites. Le territoire des Etats-Unis est tellement gigantesque qu'il est alors concevable qu'actuellement, il peut encore y avoir toutes sortes d'atrocités se produisant dans les coins les plus éloignés sans que personne ne soit au courant ou bien alors trop tard. C'est pour ça que des films comme "Massacre à la tronçonneuse" et "La colline a des yeux" ont fonctionné à merveille. Ils nous renvoient à la face tous les actes de sauvagerie commis en milieu rustique que notre côté voyeur malsain ne peut pourtant nous empêcher de regarder. Cependant, transposer l’action au Royaume-Uni était un pari risqué de la part d’Alex Chandon, connu pour son film indépendant pourtant culte "Cradle of fear". On risque forcément de rencontrer un problème de crédibilité ainsi que la probabilité d'offenser presque tous les habitants qui vivent dans la région du lieu de tournage en réalisant un tel métrage. L’opinion publique pourrait, après coup, avoir une vision plutôt sombre et stéréotypée de ceux vivant dans ces coins reculés. Notons qu’à ce sujet, Inbred, tourné autour de la ville de Thirsk dans le Yorkshire, s’est vu tout d’abord refuser toutes sortes d’autorisations par les puissances locales sous prétexte qu’elles ne voulaient pas de ce type de publicité et qu’elles avaient peur que les gens pensent que les personnages du film soient comme les vrais habitants de Thirsk. Mais heureusement, après quelques discussions, cela s’est arrangé par la suite et le tournage a bien eu lieu.



Inspiré donc par les classiques du genre survival précités précédemment, Inbred (traduit par : « haut degré de consanguinité ») propose une comédie horrifique dans laquelle de jeunes urbains et leurs chaperons tombent sous le coup d'une communauté de tueurs fous déterminés à occire leurs visiteurs de façon saugrenue comme dans "2000 maniacs". Ainsi, après une ouverture assez lente laissant entrevoir les premiers signes annonciateurs du drame futur, Inbred vire progressivement au gore festif digne des années 80 et de ses illustres prédécesseurs. Chandon démontre alors un talent insolent à l'humour noir décapant avec une prédisposition innée pour le théâtre. Mais ce serait plutôt ici le théâtre parisien du Grand Guignol, celui-là même où des pièces spectaculaires mettant en vedette mutilations, tortures et autres formes de l'horreur graphique ont été mises en scène à partir de la fin du 19ème siècle jusqu'aux années 1960. Ici, les habitants de Mortlake utilisent les rares occasions où les étrangers se déplacent dans leur bourg pour mettre en scène des vaudevilles divertissants et macabres. Le propriétaire du pub, à la manière du Captain Spaulding de "La maison des 1000 morts", se grime alors avec de la peinture puis se comprime dans son costume de meneur afin de procéder à des tortures en tous genres et à la mise à mort certaine de tout malheureux s’étant égaré dans la ville. Le tout sous les vivats et autres lazzis d’une foule de dégénérés mentaux et physiques déchaînés, mais surtout galvanisés par l’enjeu du spectacle. Terrible !



Alors certes, le film est rempli de clichés, notamment en ce qui concerne les protagonistes, mais bon est-ce bien dérangeant ? Les jeunes sont effectivement insupportables, frustrés car on leur a confisqué leur portable et surtout incapables de rester plus de cinq minutes sans utiliser au moins une insulte dans leurs phrases. Les deux adultes les encadrant sont quant à eux stéréotypés à mort : on a la sympa avec les jeunes qui dialogue avec eux et l’autre un peu plus strict, chargé de « leur apprendre la vie » (bref le bon vieux coup du « bon flic et du méchant flic »). Puis, on a les habitants, véritables freaks de la nature aux incisives proéminentes qui aiment, à l’instar des montagnards de "Délivrance", les chansons accompagnées au banjo, mais surtout les spectacles sanglants où des gens de passage sont suppliciés de façon malsaine. Certes, ils sont quasi tous déformés, effrayants, mais Chandon fait un travail spectaculaire en nous présentant cette communauté comme très soudée qui se réunit dans le pub local pour boire, chanter et festoyer jusqu’à pas d’heure. Finalement ils semblent humains et ce sont les citadins qui viendront rompre cette harmonie ! Ils l’ont donc bien cherché !

Ce qui est le plus plaisant avec les films d’horreur, c’est quand soit les victimes sont sympathiques et que le public éprouve de l’empathie quant à leur sort, soit quand celles-ci sont insupportables et qu’on attende qu’une chose : qu’elles meurent dans d’atroces souffrances ! Avec un plaisir malsain mais non dissimulé, Inbred suit la deuxième voie, qui est vraiment la bonne car les adolescents frustrés matériellement et sexuellement sont pénibles à supporter à l’écran, alors quand ils se font tuer l'effet est décuplé et salutaire. Bravo donc au réalisateur Alex Chandon qui réussit un film mettant en scène des supplices aussi divers et alléchants que : une explosion de tête à la carabine, un écrasement par voiture, mais surtout un piétinement de visage par un cheval et une injection de pompe à merde dans la bouche ! Formidable et jamais vu !



Alors certes, Inbred manque de rythme, souffre de quelques longueurs et est nanti d’un scénario un peu creux. Son casting est, de plus, sans intérêt et sert juste de chair à canon afin d’accroître le bodycount des victimes. Mais n’empêche, le volume de gore et de violence dans ce film à petit budget est à couper le souffle. Les amateurs de tripailles y trouveront donc leur compte d’autant que le ton comique et décalé planant sur l’ensemble du film n’est pas non plus désagréable. Ce n’est pas mémorable mais constitue un spectacle modeste très défoulant, alors laissez-vous tenter, car les occasions de sourire en ces temps de crise sont tellement rares qu’il faut savoir les apprécier quand elles se présentent…









Du même réalisateur :

CRADLE OF FEAR