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CONNEXION


Genre
survival horror

Systeme
GameCube

Developpeur
Capcom

Annee
2005

Votre note: -
Moyenne: 5.6
(9 votes)


Leon S. Kennedy a tourné la page. Il a survécu à l’épidémie qui s’est abattue sur Raccoon City, il y a 6 ans. Travaillant désormais pour le gouvernement, il est envoyé dans un petit village d’Europe. La fille du Président a été enlevée.



Changement radical pour la saga de jeux vidéo Resident Evil. Après 5 épisodes (6 en comptant le remake du premier) au gameplay identique, et franchement vieillissant (Code Veronica et R.E. 0 en montraient les limites), Capcom décide d’assumer totalement l’orientation action de sa série, entamée dès Resident Evil 2 et jamais freinée depuis, l’angoisse s’effaçant peu à peu face au massacre généralisé de créatures zombifiées et mutantes.

Avec R.E. 4, tout change donc. Finis les environnements fermés, les complexes ultra-modernes : cette fois, nous sommes catapultés en pleine campagne espagnole, avant de visiter un immense château puis une installation militaire. Finis les virus T ou G, bienvenue aux parasites Las Plagas. Au revoir les morts-vivants bêtes et lents : les « zombies » de R.E. 4 (oui, techniquement, on peut toujours les considérer comme des zombies) sont en fait maîtrisés par un maître qui contrôle leurs faits et gestes, peuvent courir, parler et se servir d’armes. Adieu, les caméras fixes : on suit maintenant le personnage de dos, à la façon d’un jeu de shoot à la troisième personne. Fini enfin l’inventaire où un objet occupe une case : chaque item a désormais sa propre taille, et l’on peut transporter bien plus d’armes et de munitions. On trouve également d’autres nouveautés, comme le fait de pouvoir viser, les dégâts localisés ou la présence de « QTE », qui nous obligent à rapidement appuyer sur la touche s’affichant à l’écran pour effectuer une action ou éviter une mort atroce.



R.E. 4, c’est tout simplement une autre vision du survival horror : la survie est toujours au goût du jour, nous obligeant à viser parfaitement, à fuir, à se barricader. Les munitions sont limitées, les ennemis nombreux, bien armés, et parfois particulièrement impressionnants. Certains semblent même sortis tout droit du cinéma, comme El Gigante, rappelant les trolls du Seigneur des Anneaux, ou le Docteur Salvador, dansant avec sa tronçonneuse tel un Leatherface des grands jours. Certains affrontements se font incroyablement dantesques, comme ce face à face avec le monstre du lac ou le siège d’une maison abandonnée par des dizaines d’assaillants dans un passager sans doute inspiré par le « Assaut » de John Carpenter.

A côté de cette avalanche d’action et de scènes grandioses, le scénario a beaucoup de mal à suivre, n’étant finalement qu’un prétexte à cette fuite en avant et n’apportant pas grand-chose à l’univers de Resident Evil. Si l’on verra avec R.E. 5 puis R.E. 6 que la question des parasites restera au centre des attaques terroristes, le lien entre cette aventure et les précédentes reste ténu, principalement réalisé par la présence de plusieurs personnages phares de la saga. En premier lieu, Leon S. Kennedy, héros de Resident Evil 2, mais aussi la sublime Ada Wong, toujours aussi mystérieuse. Mais surtout, on retrouve le principal antagoniste de l’histoire, Albert Wesker, certes dans l’ombre, mais que l’on pourra contrôler dans le mode bonus, Les Mercenaires. Les nouveaux visages manquent quant à eux cruellement d’intérêt, d’Ashley, l’irritante fille à secourir, à Lord Saddler, le grand méchant de l’épisode, en passant par Krauser, faire-valoir stéréotypé de Leon, qui sera néanmoins au centre d’un des affrontements les plus mémorables de l’épisode.



Resident Evil 4 marque donc un tournant important dans la saga, au point de dérouter certains fans de la première heure, hurlant au sacrilège. Réunissant l’ensemble des évolutions jusqu’alors éparpillées entre les épisodes, il assume complètement l’ascendant pris par l’action sur l’horreur depuis le second volet, l’intensité de l’aventure n’empêchant pas le jeu d’être particulièrement violent, avec des mises à mort extrêmement gore, mais aussi souvent stressant, le son de la tronçonneuse ou la possibilité d’être submergé par le nombre des adversaires apportant une ambiance réussie bien que différente des jeux précédents. Principal reproche : un scénario sans grand intérêt et trouvant, à l’époque, difficilement sa place dans la saga. Ce qui n’enlève rien à la qualité de ce jeu, qui restera comme l’une des œuvres majeures de la GameCube.

6/6 - Steeve Raoult