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Arrière-arrière petite-fille de Daniel Robitaille, plus connu sous le surnom de Candyman, Caroline McKeever connait fort bien l’histoire de son ancêtre, à tel point qu’elle ne cesse de faire des cauchemars à son sujet. Lors d’une exposition des peintures de son aïeul, la jeune femme va prononcer cinq fois le nom de Candyman devant un miroir dans l’unique but de prouver aux invités que tout ceci n’est qu’une légende. Mais ce qui ne devait pas arriver arriva : Candyman est revenu d’entre les morts et malheur à celles et ceux qui croiseront son chemin…



Quel beau festival nous avons eu en 1993! Avant de donner le relais à Gérardmer, le Festival International du Film Fantastique d’Avoriaz s’est en effet fini en beauté avec une compétition des plus alléchantes : "braindead" (Peter Jackson), "action mutante" (Alex de la Iglesia), "Candyman" (Bernard Rose), "Dr Rictus" (Manny Coto), "evil dead 3" (Sam Raimi) ou encore quelques suites comme "hellraiser 3" ou "simetierre 2" étaient de la partie pour cette ultime édition.
L’occasion pour le public de découvrir un nouveau visage dans la galerie déjà diverse et variée des « grands méchants » du cinéma de genre en la personne de Candyman. Le film de Bernard Rose, inspiré d’une nouvelle de Clive Barker, a effectivement fait sensation lors de sa projection dans les montagnes de Haute-Savoie et pour preuve : Prix du public, Prix de la meilleure musique (Philip Glass) et Prix de la meilleure interprétation féminine (Virginia Madsen), rien que ça!

Au vu du succès de ce film, il n’est peu surprenant de voir sortir un second opus en 1995 puis un troisième volet trois ans plus tard. Le résultat fut-il cependant toujours à la hauteur?

La première suite ne fut pas mauvaise en soi et nous apportait divers éléments complémentaires au sujet du mythe de Candyman (notamment par le biais de flashbacks nous montrant le calvaire que Daniel Robitaille a enduré, les tortures subies : des informations qui nous avaient déjà été dispensées dans le premier opus, mais uniquement de façon verbale et non visuelle). Un petit plus donc que Clive Barker souligna également, l’écrivain britannique originaire de Liverpool ayant lui-même déclaré qu’il s’agissait là d’une bonne suite au film de Bernard Rose.
Malheureusement, comme bien souvent dans les sagas (hormis des "Alien", "vendredi 13" ou autres "Freddy"…), le troisième volet est synonyme de déception ("les dents de la mer", "Chucky", "halloween", "massacre à la tronçonneuse", "scream" entre autres, ou même plus récemment "détour mortel" et "hostel" par exemples) et la série des "Candyman" n’échappe pas à la règle.



Partant d’un scénario fort classique dans son approche, reprenant même des idées et des passages des deux opus précédents sans la moindre originalité (on nous ressasse une fois de plus le mythe de Candyman, on nous refait le coup de l’enlèvement, on nous plonge dans les visions cauchemardesques de l’héroïne, on nous rebalance les tirades favorites de Candyman etc etc…), il faut bien avouer que ce troisième opus n’apporte guère de fraîcheur à la saga et au contraire ennuie terriblement.
Rythme mou, histoire platonique et trop linéaire, sursauts inexistants, idées farfelues au taquet (mélanger le vaudou au mythe de Candyman ou encore nous pondre un casting très « teen-movie » sont des trouvailles bien bancales pour ne pas dire casse-gueule), tant de points noirs qui font de cette seconde suite un ratage total. Une déception d’ailleurs perceptible dès les premières minutes du film : une introduction bien fade et gentillette, des flashbacks peu convaincants (les passages retraçant les mésaventures de Daniel Robitaille sont bien plus réussis dans l’opus précédent), sans oublier l’absence de la musique emblématique de la saga au grand damne des fans!

Mais même sans parler de la musique phare du film, c’est le mythe tout entier qui semble avoir disparu, l’essence-même du premier opus ayant été comme supprimée. Alors que le second volet avait déjà quelque peu fait l’impasse sur certains éléments essentiels à l’histoire de Candyman (la dénonciation de l’esclavage, du racisme, de la différence sociale et raciale…) pour bien plus se rapprocher de ce que nous qualifions chez Horreur.com de « film de tueurs fous », "Candyman 3 : le jour des morts" va quant à lui se transformer en teen-movie sans âme pour presque ressembler à un slasher bas de gamme.



Finie la poésie macabre qui émanait du film de Bernard Rose, même le légendaire Candyman ne fait plus son petit effet et nous parait bien fade ici. A la manière de la saga des "scream", nous faisons dorénavant le tour de la famille de Candyman en découvrant au fil des épisodes ses descendants (l’arrière petite-fille dans le deuxième opus, puis maintenant sa fille…) et les rares petits plus qui peuvent retenir notre attention (et éviter à ce Titanic-là de sombrer au fond des eaux par la même occasion) se comptent sur les doigts d’une seule main : une enquête policière en parallèle menée par deux bien belles ordures (seuls les policiers sont bien interprétés), une fin pas si mal (l’originalité du film tient uniquement dans ses cinq dernières minutes dirons-nous) et des effets gores plus présents. C’est triste mais c’est à peu près tout ce que je retiens de cet opus…

Car, en effet, les seules interprétations d’honnête facture sont celles des forces de l’ordre (que ce soit le duo d’ordures ou le duo de bons flics), le reste du casting est tout simplement affligeant… Si l’on passe un Tony Todd pas au mieux de sa forme (mais parvenant tout de même à se ressaisir dans quelques scènes), il nous reste une héroïne et un héros tout droit sortis des agences de mannequinat ou de séries télé (on retient forcément la présence de Donna D’Errico, vue dans "alerte à Malibu", dans la peau de Caroline, la blonde aux gros seins et au beau derrière qui est contre toute attente une descendante de Candyman), sans oublier une bande de satanistes ringards et enfin quelques autres seconds rôles féminins (une belle black et une mannequin en string et topless) présents uniquement pour pimenter un peu le film et surtout essayer de faire oublier, une fois de plus dans ce genre de production, la pauvreté d’un scénario nullissime en nous balançant des plans fesses et nichons.

Rajoutons à cela une scène exécrable où l’on voit notre duo de beau/belle gosses en train de se saouler puis de se câliner sous une musique douce et nous obtenons là le summum de la bêtise dans ce film. LE teen-movie dans toute sa (gerbante) splendeur!

Ah, et j’oubliais : évitez impérativement la version française d’une nullité à toute épreuve qui ne fait que ternir un peu plus ce casting désolant.



Essayons toutefois de finir sur une bonne note. En effet, comme dit plus haut, les effets spéciaux (pas tous malheureusement) demeurent de bonne facture, sans être transcendants, et ont la particularité d’être les plus sanglants de la trilogie. Giclées de sang et éventrations sans oublier les traditionnels coups de crochets par derrière, le film ne fait pas toujours dans la dentelle (mention spéciale à la scène dans la voiture de police) et s’avère même parfois inventif dans ses meurtres (l’attaque des abeilles par exemple).

Au final, et vous l’aurez compris si vous avez lu les quelques paragraphes ci-dessus, ce troisième chapitre de "Candyman" est une pâle désillusion. Après un second opus plutôt honnête, malgré une perte d’éléments essentiels ayant fait la fierté et le succès du premier volet (qu’elle nous manque cette cité de Chicago…), cette deuxième suite vient définitivement enterrer le mythe de Candyman (que l’on croyait d’ailleurs bien mort à la fin de l’opus précédent) à notre grand regret. Rythme mollasson, histoire sans réel intérêt, casting déplorable… Ce film de Turi Meyer (à qui l’on doit en partie les scénarios de "détour mortel 2" et "leprechaun 2" mais également les réalisations de certains épisodes de "Smallville") est à oublier.








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