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Laissé pour mort à la fin du premier opus car complètement brûlé à l’acide sulfurique, le tueur à la caméra fixée sur l’épaule et au masque chromé surnommé « ChromeSkull » est pris en charge par une étrange organisation qui va progressivement lui redonner vie. Pendant ce temps, Tommy, le seul rescapé du meurtrier sanguinaire, est en fuite mais se fait enlever par Preston, bras droit fanatique du tueur masqué. De son côté ce dernier, après moult opérations chirurgicales, a jeté son dévolu sur Jess, une jeune fille qui disparaît rapidement. Le détective King va devoir tout faire pour retrouver les jeunes gens avant qu’il ne soit trop tard…



Transfuge des effets spéciaux s’étant fait une solide réputation sur des séries télé notamment, Robert Green Hall (qui se fait désormais appeler Robert Hall) nous revient pour une suite qu’on espère toute aussi sanglante que "Laid to rest". Mais si rappelez-vous, son premier long-métrage assez moyen mais aux maquillages sanguinolents et aux effets gore hyper réalistes, apprécié également pour le look ultra classe de son tueur masqué, mais surtout nanti d’un script à pleurer tellement les personnages faisaient n’importe quoi ! Si le premier volet se montrait catastrophique côté scénario, ChromeSkull : Laid to rest 2 parvient à présenter quelques qualités bien supérieures. Alors certes, Hall n’en fait guère plus non plus puisqu’on est sur le terrain balisé du slasher mais tout de même, il se risque pourtant à un enrichissement de son intrigue initiale en tentant de nous en apprendre un peu plus sur son tueur. Quasi à l’article de la mort à la fin du premier opus, il est récupéré ici par un bien étrange commando qui se charge très vite de le remettre sur pied. Il s’agit en fait d’une véritable société spécialisée dans l’abattage humain (à la façon de "Hostel"), dont ChromeSkul semble être le patron, mais dirigée ici de façon intérimaire par Preston, un subalterne obsédé par le tueur masqué charismatique. Une passion qui le pousse très rapidement à revêtir le costume de ChromeSkull mais pire, à vouloir lui ressembler en commettant d’horribles méfaits. Pendant ce temps-là, exit la brune siliconée du premier volet jouant comme un pied, place à une blonde transparente et à Tommy, seul survivant du premier massacre, ne tardant pas tous deux à se faire enlever. Si "Laid to rest" ne racontait strictement rien et que ses personnages principaux avaient des comportements incohérents, sa suite tente d’apporter quelques éléments de réponse sur les agissements et origines du tueur, ce qui avouons-le, apporte un peu plus de consistance scénaristique en donnant un semblant de background à notre ChromeSkull adoré. Mais pour la suite, on retrouve malheureusement les poncifs habituels du genre disséminés çà et là. Dommage, mais est-ce bien là le principal ?



Non me direz-vous, mais c’est toujours un plus quand on veut renouveler un genre maintes fois rabâché et que l’on veut sortir du lot. Et c’est côté effets visuels qu’il faut ici chercher l’originalité. Robert Hall est en effet un pro du maquillage à l’ancienne, le latex et les effets visuels réalistes primant d’abord pour cet artisan. Cela se traduit à l’écran par un véritable catalogue de sévices gore : opération chirurgicale du visage hyper détaillée, découpe de crâne, femme découpée en deux et autres mutilations faciales dont le réalisateur semble féru sont ainsi au programme pour le plus grand plaisir des fans de séquences dégoûtantes mais hyper bien faites.

Un des gros problèmes du film, c’est que le boogeyman, certes ici convalescent, n'est finalement que très peu présent à l’écran et qu’il se fait reléguer au second plan par un usurpateur aux motivations troubles : son bras droit Preston. Certes l’idée est intéressante, mais elle dessert le film dans le sens où tout est désormais focalisé sur le personnage de Preston qui opère à visage découvert et que le croquemitaine en perd subséquemment tout son charisme, même s’il nous fera malgré tout un retour attendu à l’occasion d’une fin saignante au possible. Autre souci du métrage, la gestion du rythme. Celui-ci est beaucoup plus lent que l'on pouvait le supposer. Nous avons bien droit à un infortuné couple de tués dès le début, mais cela diminue trop largement ensuite, l'ensemble du premier tiers du film, semblant consacré à la mise en place de tous les morceaux pour l'acte final. De plus, tourné dans des décors limités pouvant l’apparenter parfois à un huis clos (différentes pièces d’un hangar, des chambres, des bureaux), ChromeSkull : Laid to rest 2 témoigne d’une répétitivité dommageable. Non seulement elle fait stagner l’action mais cela provoque un ennui du spectateur entre les scènes de meurtres et les pseudos séquences d’enquête n’apportant rien du tout au métrage, les flics n’étant finalement bons qu’à fournir de la chair à canon. Notons également que d’aucuns pourraient se sentir frustrés de ne pas en savoir plus sur « l’organisation » prenant en charge la réhabilitation physique du serial killer (dont nous n’apprendrons pas grand-chose en sus non plus, sauf après le générique final…). Nous savons juste qu’elle existe, a une portée large et que, comme toutes les entreprises, elle possède une chaîne de commandement avec un chef suprême placé en haut de la hiérarchie et des requins avides de pouvoir prêts à tout pour prendre sa place, c’est tout.



On pouvait dire du premier film qu’il était une sorte de « Les chroniques de Sarah Connor party » car Thomas Dekker et Lena Headey étaient tous deux en vedettes dedans. Pour sa suite, ils ont gardé Dekker, tué Headey dans le premier film et récupéré un autre acteur de la série dérivée de la franchise Terminator, à savoir le sémillant Brian Austin Green. On peut donc supposer que s’ils décident de faire un troisième film (ce qui semble se profiler à l’horizon), ils peuvent inclure la charmante Summer Glau ! Blague mise à part, côté interprétation, dans ce deuxième opus de la saga ChromeSkull, on retrouve donc en tête de gondole le sieur Brian Austin Green ex-transfuge de « Beverly Hills », la série pour midinettes des années 90 et accessoirement playboy dans « Desperates housewives ». Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il pique littéralement la vedette au boogeyman et ce, de façon assez convaincante. Il est effectivement très bon dans le rôle de Preston, le bras droit du ChromeSkull pour qui il conçoit des armes révolutionnaires, mais complètement obsédé par son boss et mentor dont il semble vouloir prendre la place au sein de l’entreprise à un point tel qu’il le copiera dans la violence des crimes perpétrés et d’un point de vue capillaire également ! Pour le reste du casting, rien de notable. On retrouve Thomas Dekker qui manque tout de même d’épaisseur (pas trop étonnant vu son rôle) et la mignonne Danielle Harris, véritable faire-valoir apparaissant de manière sporadique et superflue. Cette fille n’a aucun charisme, elle est juste sympa à regarder, bref une performance complètement oubliable. Notons pour l’anecdote, la présence au casting de Johnathon Schaech pourtant mort dans le premier volet, mais ici présent dans un rôle différent. Mais c’est vrai qu’une paire de lunettes ça vous change un homme, c’est bien connu…



Si vous recherchez un déluge de séquences trash où le gore le dispute aux maquillages à l'ancienne d’un réalisme saisissant, ChromeSkull : Laid to rest 2 est fait pour vous. Pour le reste, pas grand-chose de nouveau à l'horizon : les acteurs, hormis un Brian Austin Green assez bon mais qui pique la vedette au croquemitaine du titre, sont inconsistants, le rythme pas assez bien géré et surtout l'histoire, après un début prometteur, tombe dans la facilité en enfermant ses personnages dans un huis clos horrifique basique où tous les individus servent de chair à pâté au serial killer. Bref, malgré un soupçon supplémentaire de budget, un script un peu meilleur que le précédent, ce deuxième opus s’élève un cran seulement au-dessus de son prédécesseur. On espère alors que si troisième volet il y a, un vrai scénariste sera enfin engagé !


Un préquel est prévu pour bientôt ("Laid to rest 3 : Conception").






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LAID TO REST