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Alors qu’ils étaient à la recherche de traces éventuelles du Comte Dracula, un professeur et son assistant se retrouvent plongés dans l’univers des « Parallèles », les adorateurs du Maître vampire. Un monde peuplé de créatures monstrueuses et dangereuses ouvre alors ses portes à nos deux amis…



Son attachement au mythe du vampire, le cinéaste français Jean Rollin ne s’en est jamais caché. Sa carrière a d’ailleurs débuté avec plusieurs films mettant en scènes nos suceurs de sang ("le viol du vampire", "la vampire nue", "le frisson des vampires" ou encore "requiem pour un vampire") et c’est donc sans grande surprise que nous le retrouvons bien des années plus tard avec "la fiancée de Dracula".

Et il n’a pas trop trop changé au fil des années notre Jean Rollin : aimant s’entourer de personnes avec qui il a l’habitude de travailler (on peut citer entre autres le compositeur Philippe d’Aram ou bien-entendu l’actrice Brigitte Lahaie déjà vue dans "les raisins de la mort", "fascination", "la nuit des traquées", "les paumées du petit matin" ou "les deux orphelines vampires"), il se plait à mélanger le fantastique (à tendance parfois gothique) et l’érotisme/exotisme tout en se permettant parfois quelques touches d’humour, de drôlerie, dans ses œuvres souvent sous-estimées.

Car il est vrai que Jean Rollin (à qui l’on doit également "la morte vivante" ou encore "le lac des morts-vivants" que je n’avais pas encore cités, honte à moi) divise indéniablement son public, beaucoup trouvant ses films ridicules, très amateurs, chiants et bien souvent incompréhensibles (houlà, ça fait beaucoup). Pour ma part, j’avoue avoir passé parfois quelques bons moments devant certains de ses films sans pour autant avoir trouvé dans sa filmographie de réel(s) chef(s)-d’œuvre, je ne vais pas vous mentir. Et ce n’est pas "la fiancée de Dracula" qui va déroger à cela, bien au contraire…



Car force est de constater que nous aurions une pleine pelletée de choses à reprocher à ce film si nous nous focalisions uniquement sur son scénario.
Doté d’une histoire sans grand intérêt et possédant des segments parfois sans queue ni tête, « la fiancée de Dracula » possède par ailleurs comme bien (trop) souvent dans les films de Jean Rollin une lenteur effroyable, un rythme mou qui vous assomme dès les 10-15 premières minutes du long-métrage (au risque de choquer certain(e)s, j’avoue m’être assoupi à trois reprises devant la première moitié du film, contraint alors de donner de petits coups de zappette pour revenir brièvement en arrière, soucieux de savoir ce que j’avais loupé d’époustouflant durant ces petits moments d’absence).
Platonique, sans vraie surprise ni péripétie intéressante, on suit un fil conducteur qui semble lui-même s’être perdu (le comble)... On suit quelqu’un qui nous donne des informations sur quelqu’un d’autre, ce quelqu’un d’autre va alors nous envoyer chez une troisième personne etc etc… Tout ça pour finir (ATTENTION SPOILER) dans un gros bordel (si si) où tout le monde s’entretuent… (FIN DU SPOILER) Un scénario franchement pénible et barbant qui nous rappelle alors subitement que notre lit bien douillet n’est qu’à quelques pas de la télévision.

Mais non, je m’obstine à penser et à espérer que "la fiancée de Dracula" peut nous procurer quelques petites séquences agréables, comme j’en ai pris l’habitude avec les œuvres de Jean Rollin. Malheureusement, passées quelques séquences amusantes dans un couvent de nonnes dégénérées ainsi que deux trois scènes de nudité (venez admirer les beaux seins d’une ogresse, le magnifique fessier d’un vampire ou encore le petit minou de notre chère fiancée de Dracula!) ou d’érotisme lesbiens (quelques baisers langoureux entres femmes et vampires) semblant cacher un vide scénaristique évident, il n’y a vraiment pas grand-chose à se mettre sous la dent…



Que dire de la galerie des personnages? Là encore, on reconnait bien là la patte de notre Jean Rollin national mais ce coup-ci il y va fort notre cher ami! Entre une ogresse qui nous fait des monologues stériles et puériles à tout va (même chanter la chanson de St-Nicolas, elle n’en est pas capable…), le jeune assistant du professeur qui récite ses tirades sans jamais y mettre l’intonation adéquate (et je passe sur ses réactions bien souvent crétines), une fiancée de Dracula bête à manger du foin et aux paroles sans queue ni tête, ou encore un nain habillé en bouffon qui ne cesse de se lamenter ou de sortir des louanges à sa douce vampire, nous voici dans de beaux draps! Et ce n’est pas Brigitte Lahaie, amie de longue date de Jean Rollin, qui viendra redonner un peu de rythme (même pas un bout de sein) et d’intonation à tout ceci…

Et je ne parle pas de certains passages vraiment dérisoires, pas crédibles pour deux ronds, où l’on voit par exemple une femme jouer du violon et dont les mouvements de l’archet ne sont pas du tout en adéquation avec la musique qui en émane, ou encore cette séquence où le professeur et son assistant viennent libérer des nonnes captives tel des magiciens (ils bidouillent je ne sais trop quoi à l’extrémité de la chaîne qui les retient toutes trois et soudain les voilà libérées, les chaînes tombant à terre comme par miracle!). Du grand n’importe quoi mais bon cela faisait déjà quelques temps à ce moment que je n’attendais plus grand-chose de ce film ô combien pathétique…

On se rattrapera à la rigueur sur les nonnes complètement folles qui réussiront peut-être à vous soutirer quelques sourires de part leur stupidité et leurs réactions parfois inattendues et carrément barrées. Reste également notre vampire dont est fou amoureux le nain bouffon qui pourra attirer votre attention (au moins, elle, elle ne parle quasi pas!) de part sa présence semi-fantomatique, inquiétante et mystérieuse à la fois. Mais bon c’est vraiment une très maigre consolation…



Pour ce qui est des effets spéciaux, je ne vais pas m’étendre non plus sur ce sujet. Jean Rollin reste égal à lui-même sur ce point et nous serre quelques scènes sanglantes (des morsures principalement accompagnées des traditionnelles coulées de sang du coin des lèvres) avec plus ou moins (enfin ici surtout moins) de réussite.

Encore une fois, la musique et les décors demeurent deux ingrédients essentiels permettant de relever la tête de l’eau. On appréciera tout particulièrement les divers endroits fréquentés tout au long du film (un cimetière, une tour lugubre, un couvent, une grotte, un passage secret, des souterrains etc etc…) qui évitent de plonger définitivement dans cette routine instaurée par un scénario trop linéaire et chiant ainsi que par des acteurs fort mauvais.

Vous l’aurez compris, aussitôt vu aussitôt oublié : "la fiancée de Dracula" n’est franchement pas une merveille (enfin le film je veux dire, la gonzesse ça va!). On lui préfèrera bien d’autres titres de Jean Rollin sortis des années auparavant il va sans dire.