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À travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement… Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié.



Dans un paysage cinématographique où les films finissent par tous se ressembler, l'arrivée d'un film aussi ambitieux que Cloud Atlas est forcément un événement. Adaptation du roman Cartographie des nuages de David Mitchell, le nouveau film des Wachowski ("Bound", "Matrix"), épaulés pour l'occasion par Tom Tykwer ("Cours, Lola, cours", "Le Parfum, histoire d'un meurtrier"), le film met ainsi en scène six histoires différentes, à six époques et dans six lieux distincts...mais six histoires liées entre elles, et où l'on retrouve les mêmes acteurs dans le rôle de différents personnages.



Science-fiction, comédie, anticipation, film post-apocalyptique, polar, chaque histoire appartient à un genre particulier, ce qui peut dérouter pendant les premiers instants du film. En effet, les six destins sont développés parallèlement, au point de ne passer que quelques minutes à chaque époque avant de passer à une autre, l'atmosphère changeant ainsi en permanence. De même, le fait que les mêmes acteurs interprètent des personnages différents pour chaque histoire, leur physique changeant parfois complètement (il faut voir Hugo Weaving en femme ou Halle Berry en homme !), le récit semble au premier abord assez hermétique. Mais rapidement, tout cela prend forme, chaque histoire étant finalement assez linéaire et le véritable intérêt résidant dans les rapports ténus qu'elles entretiennent entre elles.

En effet, le film évoque les thèmes de la réincarnation et de l'importance des choix effectués pendant les vies antérieures, chaque récit s'abreuvant des détails du précédents par l'intermédiaire de figures malfaisantes récurrentes, d'une tâche de naissance identique ou d'une mélodie, les éléments les plus insignifiants finissant par s'emboîter telles les pièces d'un immense puzzle. Le tout dans une progression étonnamment fluide, les 2h45 passant incroyablement vite et le scénario restant assez clair pour ne pas perdre définitivement le spectateur.



Il faut dire aussi que chaque histoire est très intéressante, même si l'acte central du film semble être l'Oraison de Sonmi-451, dont l'ambiance futuriste, les scènes d'action et les révélations constituent finalement les meilleurs moments de l'ensemble. Chaque segment a son identité propre, et l'on passera de la cale d'un navire du dix-neuvième siècle à la Terre désolée de l'année 2321 sans que l'intérêt pour chaque histoire n'en souffre : le voyage d'Adam Ewing, le destin de Frobisher, l'enquête de Luisa Rey, l'amusante histoire de Cavendish ou la quête de Zachri et Meronym réservent toutes leurs moments forts, d'autant que le fait de reconnaître chaque acteur revêt par moments un aspect indiscutablement ludique.

On notera d'ailleurs la qualité du casting, puisqu'on retrouve Tom Hanks ("Il faut sauver le soldat Ryan", "Forrest Gump"), Halle Berry ("A l'ombre de la haine", "X-Men"), Jim Broadbent ("Iris", "Harry Potter et le prince de sang-mêlé"), Hugo Weaving ("Matrix", "Le Seigneur des anneaux", "V pour vendetta"), Bae Doona ("Sympathy for mister Vengeance", "The Host"), James D'Arcy ("Hitchcock", "An american haunting"), Keith David ("The Thing", "Requiem for a dream"), Susan Sarandon ("The Rocky horror picture show", "Lovely bones") ou encore Hugh Grant ! Chacun interprète donc plusieurs personnages, et est parfois méconnaissable sous le maquillage, tantôt vieilli, tantôt de sexe différent, tantôt d'ethnie différente.



Cloud Atlas est donc une oeuvre toute particulière, dont on ressort avec l'impression d'avoir enfin vu un film qui se démarque des autres, et digère parfaitement ses références comme "Soleil vert", "1984" ou Fahrenheit 451. Passionnant de bout en bout, esthétiquement superbe et bénéficiant d'un casting impressionnant, le dernier film de Lana et Andy Wachowski et Tom Tykwer est, pour le moment, l'un des plus belles réussites de 2013 !








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