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Une étudiante décide de faire du co-voiturage avec un jeune homme qu’elle ne connait pas afin de se rendre dans le Delaware pour passer les fêtes de Noël en famille. Après avoir pris un raccourci, ces derniers se retrouvent accidentés après qu’un chauffard, arrivant en face à toute allure, ait manqué de peu de les tuer. Voiture immobilisée et personne à l’horizon, un malheur n’arrive jamais seul : les voici alors pris dans une tempête de neige. Mais très vite, nos jeunes amis vont rapidement se rendre compte que le froid n’est pas la première menace qui les guette en cette nuit glaciale : en effet, d’étranges silhouettes apparaissent dans les bois, tout autour d’eux…



Second film d’un réalisateur ayant principalement œuvré jusque là en tant que premier assistant de Steven Soderbergh, "wind chill" est un thriller fantastique flirtant avec divers registres tels que le road movie ou le film de fantômes. Petit film assez méconnu certes mais pourtant produit par deux célébrités du Septième Art, George Clooney et Steven Soderbergh, et mettant en valeur deux « stars » montantes du cinéma américain, la belle Emily Blunt (découverte dans "le diable s’habille en Prada" puis vue dans "wolfman", "looper" ou encore "les voyages de Gulliver") et Ashton Holmes (remarqué dans "a history of violence", vu également dans "the divide"…).

Bon, tout ce petit monde c’est bien beau mais que nous réserve donc le film de Gregory Jacobs? Hé bien disons que je garderai un avis assez mitigé au sujet de ce "wind chill" dont, en toute honnêteté, je n’attendais pourtant vraiment pas grand-chose au départ.

Balançant entre le bon et le moins bon, il faut tout de même reconnaître que certaines qualités sont bien présentes dans ce film, mais nous voilà comme bien souvent confrontés à ce distinguo entre le fond et la forme. Car, en effet, les idées sont là (certes pas forcément originales mais bien présentes) mais le hic est la façon dont elles sont amenées dans le film et plus particulièrement dans sa seconde partie.
Alors que le long-métrage de Gregory Jacobs commence de manière fort appréciable (nous avons là un road movie où rapidement une tension se crée entre la jeune étudiante et son chauffeur bien mystérieux et inquiétant), le film vire rapidement dans un fouillis scénaristique parsemé de flashbacks et de cauchemars, si bien que l’on finit par y perdre pieds par moments.



Porté par le concept de la pensée nietzschéenne de l’Eternel Retour (que l’on pourrait traduire de manière simple par « le fait de mener sa vie de telle façon que l’on pourrait souhaiter que cette dernière se répète perpétuellement »), « wind chill » montrait alors une idée de base fort intéressante, qui aurait pu donner lieu à de bien sympathiques séquences mêlant surprises et fantastique, mais qui malheureusement n’a pas été habilement portée à l’écran et nous invite finalement à nous perdre dans certaines séquences brouillonnes encastrées dans le film.

Même si cette idée d’histoire qui se répète (les fantômes reviennent sans cesse sur le lieu de la tragédie survenue par le passé) se fait bien ressentir dans "wind chill" et marque là quelque chose d’assez peu commun dans le cinéma de genre il faut tout de même le reconnaître (les très bons "time crimes" et "triangle" nous serviront également ce type de scénario en boucle, avec une redoutable efficacité, offrant alors au public un plaisir fou à se triturer les méninges pour tout bien comprendre et recoller tous les morceaux de ces brillants puzzles scénaristiques), il est vraiment dommageable que la réalisation ait été vraiment trop approximative dans cette seconde partie.

On en vient même finalement à regretter par moments ce semblant de thriller sous forme de road movie que l’on nous servait dans la première partie du film et où nos deux jeunes acteurs formaient un appréciable duo. Un relationnel entre les deux étudiants des plus étranges : entre un jeune homme bizarrement très serviable (voire même trop gentil pour être vrai pourrait-on dire) et une jeune fille quelque peu sur la défensive (et se posant des questions au sujet de son chauffeur qui semble connaître bien trop de choses personnelles d’elle alors qu’elle n’a jamais discuté avec lui), voilà qui pouvait nous laisser fort perplexes, dubitatifs… et terriblement impatients de voir le tournant que cela allait prendre! Et au moment où la tension devenait palpable, où le doute n’était plus (cet homme cache quelque chose, elle en est certaine), le film prend alors un tournant radical mais pas celui que l’on aurait peut-être souhaité…



Pourtant, chose intéressante, bien que les deux parties du film s’avèrent de qualité inégale, celles-ci apparaissent pourtant fortement complémentaires. En effet, dans chacune d’elles, ce sentiment de peur et d’inquiétude est bien présent mais n’est pas suscité de la même manière. Dans la première partie, les interrogations au sujet de ce mystérieux jeune homme qui rapidement montre qu’il n’est pas celui qu’il disait être nous poussent à croire que la jeune fille est tombée dans un guet-apens machiavélique (guet-apens d’autant plus effrayant que la voici enfermée avec lui dans cette voiture, générant par la même occasion une sensation de claustrophobie).
La seconde partie, quant à elle, nous plonge dans un univers totalement différent où le fantastique a pris place avec ses fantômes et ses phénomènes étranges (la radio s’allume toute seule) et où l’isolement est bien rendu à l’écran (la neige qui ne cesse de tomber, les arbres tout autour de soi, la nuit noire, l’absence de routiers et de réseau…). Quelques passages effrayants (ces individus tout de noir vêtus qui avancent tels des zombies sous la neige) et deux-trois sursauts faciles (ça frappe contre les fenêtres de la voiture, ça s’agrippe aux épaules de nos jeunes étudiants…) viendront ponctuer cette seconde partie dans le registre de la terreur. Sans oublier les décors (la vieille bâtisse abandonnée au milieu des bois, ces grandes forêts tout autour de nous) et la musique qui viennent renforcer un peu plus cette sensation d’atmosphère étouffante et glaciale à la fois (la sensation de froid est d’ailleurs très bien rendue, l’équipe ayant eu le souci du détail à ce sujet : buée, engelures, blancheur des visages, utilisation de journal pour combler les trous d’air…).



Au final, "wind chill" s’avère intéressant sur son fond mais parfois bien décevant sur sa forme, plus particulièrement sur sa seconde moitié. Les bases scénaristiques sont là, aucun doute là-dessus, mais le film est malheureusement assez inégal entre sa première partie très road movie (et plutôt réussie il faut le reconnaître) et sa seconde partie plus portée sur l’aspect fantastique (et nous perdant dans des flashbacks et des scènes de cauchemars en veux-tu en voilà qui viennent perturber cette ambiance glaciale et cette atmosphère inquiétante obtenues grâce à une belle photographie, des décors sinistres et une impression de froid rarement aussi bien rendue à l’écran!).
Des qualités si flagrantes ternies par une seconde partie aussi brouillonne : quel dommage…








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