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La famille Harmon emménage dans une nouvelle maison qui a été témoin d'un meurtre et d'un suicide. Peu à peu, leur nouvelle vie se transforme en cauchemar, la maison cachant des secrets inavouables...




L'AVIS :



Le coup de scalpel qu'asséna Ryan Murphy avec sa série Nip/Tuck confirmait que la déviance fonctionnait aussi bien sur le petit que le grand écran. Comme pour réparer cet étalage d'horreurs, Murphy livre avec Glee un teen-soap rafraîchissant bien loin des tabous qu’il exposait au grand jour dans sa série précédente.. Chassez le naturel, celui-ci revient au galop : le besoin de transgression de Murphy trouve une nouvelle occasion de s'épancher sur les horreurs du monde avec une série horrifique qu'on attendait pas, écho lointain d'un certain Dark Shadows.

A la vue du projet, il est étonnant de constater à quel point les séries d'horreur ne jouissent en règle général que de structure indépendante : Murphy s'en va alors régler ses comptes...tout en conservant à sa manière cette tradition. Du sang neuf, comme on dit.



American Horror Story nous accompagne donc à la porte de la nouvelle maison des Harmon, une famille au bord de la crise de nerfs : Ben, le père, est un psychiatre qui vient de tromper sa femme et qui tente de se racheter aussi bien à ses yeux qu’à ceux de sa fille.
Un grand manoir au milieu des beaux quartiers de Los Angeles, et à moindre coût, devrait lui suffire à recoller les morceaux : mais comme dans tout bon film d'horreur, les belles demeures trop accessibles sont accessoirement maudites.

Construite depuis un siècle, la maison transpire une quantité non négligeable de tueries que l'agent immobilier se fait une joie d'occulter. Bientôt, les spectres entrent dans la danse (un monstre tapi dans la cave, un leather-man rôdant dans les couloirs…), et rendent le quotidien des Harmon impossibles. A cela il faut ajouter les patients venant rendre visite à Ben à domicile (réminiscence de Nip/Tuck vite abandonnée en cours de route), comme Tate, un adolescent psychotique, mais aussi les apparitions de la voisine Constance (et de sa fille trisomique), une ancienne starlette aux intentions mystérieuses. Quant à Viviane, la femme de Ben, une grossesse subite vient rajouter au stress ambiant.



Le malaise insidieux quasi-Polanskien (superposition d'événements incongrus, visite d'inconnus, intimité violée, comportements troublants, grossesse malsaine) laisse place très vite à une horreur très graphique : en réalité, il ne faut pas attendre bien longtemps avant que la série explose dans des situations ahurissantes, comme en atteste le second épisode où des fanatiques sanguinaires investissent la villa. La prolifération de personnages bien toqués nous ramènent quelques fois au bon souvenir d'un Twin Peaks, même si le "plein-la-vue" inspire davantage Murphy que la suggestion.

On est donc ravi et un peu bousculé par cette atmosphère teintée de nécrophilie et de démence qui enchaîne les coups de théâtre et les scènes racoleuses parfois même gratuitement, dans un train d'enfer pas toujours très adroit.
Les têtes les plus connues sont souvent les plus réjouissantes, d'une Jessica Lange résolument impériale, en passant par Denis "Russell Edington" O'Hare en brûlé collant, Frances "Ruth Fisher" McConroy en double bonne ou Zachary "Silar" Quinto en homosexuel maniaque.
Il est pourtant clair que la série serait incapable de tenir sur d'autres saisons compte tenu de son concept étriqué : or, le rythme effréné souligne une envie d'en finir parfois rebutante. La solution ne se trouve alors que dans les propos de Murphy, venant d'annoncer que la Saison 2 aborderait une toute autre histoire : logique, au vue de la conclusion cinglée qui épuisait toutes les possibilités du sujet. L'avenir est incertain, et il faudrait donc voir cette saison 1 comme une véritable mini-série : pourquoi pas...

Il faut que dire, malgré l'absence de finesse, le concept de la maison hantée est ici pervertie avec audace, avec la description d'une communauté de fantômes tendant vers une relecture plus adulte de Beetlejuice. C'est aussi l'exploration d'un siècle de folie humaine : l'apparition surprenante du Dalhia Noir ou la réappropriation du massacre de Colombine confirme le besoin de remonter le passé pavé de cadavres d'une Amérique en décomposition. Vu le titre de la série, on espère que la seconde saison "surprise" confirmera cela avec aplomb.

LES EPISODES

La Maison (Pilot)
Intrus (Home Invasion)
La Maison de l'horreur (Murder House)
Halloween, première partie (Halloween: Part One)
Halloween, deuxième partie (Halloween: Part Two)
Monsieur le porc (Piggy Piggy)
Propriété à vendre (Open House)
L'Homme en latex (Rubber Man)
Le Dahlia noir (Spooky Little Girl)
L'Aveu (Smoldering Children)
La Naissance (Birth)
Trois Ans plus tard (Afterbirth)



4/6 - Jérémie Marchetti



Très bonne série...


5.04

...qui avec force références réussit à nous mettre mal à l'aise plus d'une fois. Côté acteurs, mention spéciale à Jessica Lange et Evan Peters, formidables.