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Capitale de Cuba, La Havane est infesté de zombies. Juan et son fidèle ami Lazaro tentent de survivre à ces être avides de chair fraîche tout en essayant de sa faire un peu d’argent en massacrant les zombies attaquant les quelques survivants qui peuplent encore les quartiers de la ville.



Présenté dans de nombreux festivals en 2012, "Juan of the dead" est une nouvelle comédie horrifique mettant en scène des zombies. Catégorie filmique devenue monnaie courante depuis le succès de "Shaun of the dead", la comédie zombiesque ne cesse d’envahir nos petits et grands écrans, nous proposant des films plus ou moins réussis il faut bien l’avouer.

Souvent comparé sur les forums et autres topics à "Shaun of the dead" et "bienvenue à zombieland" (deux cadors du XXIème siècle pour ce genre en pleine effervescence), "Juan of the dead" n’en atteint cependant pas la qualité aussi bien technique que scénaristique.
Pour ma part bien plus proche de deux autres films, bien moins médiatisés, que sont l’excellent "plaga zombie: zona mutante" et le plutôt moyen "last of the living", le long-métrage hispano-cubain d’Alejandro Brugués se démarque cependant des films précédemment cités de part le contexte politico-économique bien propre à l’île de Cuba dans lequel nous sommes plongés. Avec ses nombreuses références à l’Histoire du pays, notamment en ce qui concerne la résistance d’un peuple souffrant de cinquante années de castrisme (sans oublier l’enfermement du pays, ses relations tendues avec les Etats-Unis ainsi que d’autres phénomènes de société qui ont fait couler beaucoup d’encre tels que l’homosexualité et la transsexualité), références socio-économiques tournées en dérision comme il se doit dans ce type de film, "Juan of the dead" réussit à séduire son public et ce malgré des ficelles souvent vues et revues.



Car en effet, si l’on faisait abstraction de ces nombreux clins d’œil à l’Histoire cubaine, il faut bien avouer qu’il nous resterait un scénario des plus communs dans ce type de production. L’histoire d’un mec un peu paumé, accompagné de son copain quelque peu idiot (et vu comme un véritable fardeau), qui va dégommer du zombie à tout va : bref nous sommes là en face d’un pitch similaire à celui de "Shaun of the dead" et de nombreux films sortis dans la foulée, désireux de suivre les traces de ce dernier.
Un sentiment de déjà vu qui se fait souvent ressentir lors de la projection du film d’Alejandro Brugués, certains passages rappelant tel ou tels long-métrage(s) sorti(s) antérieurement.

Toutefois, ne boudons pas notre plaisir car ce "Juan of the dead" nous offre, en dépit de certaines séquences sentant le déjà-vu et étant un peu longuettes du fait que l’humour n’y fait pas forcément mouche, des passages bien plus originaux et teintés d’un humour parfois très second degré. En témoignent certaines scènes centrales du film drôles et atypiques telles que cette arrestation par la police des plus radicales (où notre bande de joyeux dégommeurs de morts-vivants se retrouvent mis à nus et enfermés dans un fourgon de police avec des zombies), cette lutte acharnée entre Juan et un de ses potes zombifié avec qui il a été au préalable menotté (lutte qui se transforme en petite danse improvisée), une discussion à sens unique avec un américain (où Juan, pour ne pas perdre la face, tente de rassurer ses amis en faisant semblant de comprendre ce que lui raconte l’étranger, quitte à traduire n’importe comment ses dires, comme Roberto Benigni l’avait fait des années auparavant dans "la vie est belle" dans un certain camp de concentration) ou encore cette fin un brin décalée où une voiture se retrouve transformée en une sorte de radeau à réaction…



Malgré une galerie de personnages peu attachants il faut le reconnaître (bien que la vie sentimentale quelque peu chaotique de Juan nous est en grande partie dévoilée, on ne parvient pas à ressentir quoique ce soit pour notre héros), on appréciera le côté quelque peu idiot de certains (Lazaro, l’ami fidèle de notre héros, ou encore Primo, un grand baraqué qui tombe dans les pommes à la simple vue d’une goutte de sang) voire complètement barré pour d’autres (la vieille voisine ou l’ami travesti de Juan).
Un casting qui tient en grande partie sur le duo masculin Juan / Lazaro qui nous rappelle les duos formés par Shaun et Ed ou encore Tucker et Dale (le personnage un peu enveloppé étant bizarrement souvent le plus crétin).

Nous voici donc en compagnie d’une bande de cubains paumés et quelque peu idiots avec qui il fait parfois bon rire. Pour preuve de leur ignorance et de leur idiotie, on retiendra notamment cette première véritable altercation avec un zombie où Juan, Lazaro et son fils pensent qu’ils ont affaire soit à un vampire soit à une personne possédée par le Malin. Après lui avoir fait bouffé une gousse d’ail, lui avoir planté plusieurs pieux dans le bide et lui avoir foutu une croix en bois devant les yeux en prononçant des prières enfantines et vulgaires sans grand succès, ils finissent enfin par comprendre qu’un bon coup sur le coin de la gueule est bien plus radical pour venir à bout de ces êtres sanguinaires et violents (on se demande même à ce moment si le zombie n’est pas plus intelligent que ces trois imbéciles réunis). La scène où ils volent tous ensemble une bagnole pour finalement se rendre compte qu’aucun n’a le permis témoigne également de leur crétinerie… Bref une bien belle bande de bras cassés que nous avons là!



Du côté des effets spéciaux (bah oui nous sommes dans un film de zombies, à tendance quelque peu apocalyptique ne l’oublions pas), ces derniers sentent bon l’amateurisme par moments (petit budget oblige), quelques effets étant assez simplistes voire grossiers (sang numérisé). Toutefois, les maquillages sur nos zombies sont plutôt convaincants et quelques détails par-ci par-là sur nos figurants (un membre arraché, une démarche bancale, des grognements...) rajoutent un peu plus encore de réalisme à nos morts-vivants.
Deux trois scènes sanglantes et plus ou moins originales viennent ponctuer les séquences du film consacrées au dégommage de zombies. Têtes coupées à gogo (dont une décapitation à la chaine rappelant la scène d’ouverture du film "le vaisseau de l’angoisse"), arrachage de mâchoire, antennes de télévision enfoncées dans le visage… Bref quelques petites joyeusetés qui, même si elles sont au final assez rares, apportent un petit plus non négligeable que beaucoup étaient en droit d’attendre dans un zombie movie. Dommage cependant que des ralentis lors de certaines scènes de bagarre gâchent quelque peu le rythme de ces scènes de carnage de rue (contrairement au survolté "plaga zombie: zona mutante" par exemple). Un manque de rythme toutefois contrebalancé par une musique latino des plus entraînantes qui semble nous suivre du début à la fin du film (une touche de fraîcheur fort appréciable).

Enfin, même si l’on peut déplorer par moments la façon quelque peu approximative de filmer d’Alejandro Brugués, il faut bien admettre que certains plans de la ville dévastée de La Havane sont de très bonne facture (les vues panoramiques semblent par contre parfois provenir d’une carte postale ou autre poster).


Au final, ce "Juan of the dead" n’est certes pas parfait mais a le mérite de divertir son public et de nous montrer ce que nous étions venus chercher pour la plupart d’entre nous : de l’humour, des zombies et des scènes de castagne plus ou moins sanglantes. De manière générale, on perd certes toujours un peu plus d’originalité dans cette catégorie filmique au fur et à mesure que nous avançons dans les années mais la comédie horrifique zombiesque ne semble pas prête de s’éteindre si les réalisateurs continuent à donner naissance à ce genre de petits films certes pas transcendants mais bien sympathiques.

Le petit plus :
Le film a été présenté au Festival de Gérardmer en 2012, lors de la Nuit Fantastique, entre « Tucker et Dale fightent le mal » et « new kids turbo ».






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