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Apprenant que la princesse Hélène vient d’être enlevée par Lodac, un vil sorcier qui compte l’offrir à son dragon, le jeune George, venant de recevoir une épée magique et un destrier très rapide, décide de partir la sauver. Sa route sera semée de dangers et d’épreuves plus dangereuses les unes que les autres…



Le réalisateur Bert I. Gordon est principalement connu pour ses films traitant de gigantisme, animal ou humain, thème qu’il vénère et qu’il a développé tout au long de sa carrière, au point que le plus grand fan de cinéma fantastique au monde, Forrest J. Ackerman, l’a surnommé « Mr. B.I.G ». Pour mémoire, on citera les principaux, tels Beginning of the End et ses sauterelles géantes (1957) ; Le fantastique homme colosse (1957) et sa suite War of the Colossal Beast (1958) ; Earth vs the Spider (1958) ; Village of the Giants (1965) ; Soudain les monstres (1976) ou bien encore L’empire des fourmis géantes (1977) par exemple. Des films divertissants, des petites séries B sympathiques, pas prise de tête, qui possèdent des fans à travers le monde et qui bénéficient d’effets spéciaux assez ingénieux et inventifs, mis en place par Bert I. Gordon lui-même.



En 1962, pour surfer sur le succès de l’excellent Septième Voyage de Sinbad de Nathan Juran sorti en 1958 mais également pour profiter de l’engouement du public pour les films de chevalerie, tels Ivanhoé (1952), Les Chevaliers de la Table Ronde (1953), Richard Cœur de Lion (1954) ou Prince Vaillant (1954), Bert I. Gordon décide d’utiliser la légende du chevalier St Georges pour réaliser un film tout public qui mêlera aventure, humour, fantastique, chevaliers, princesse en détresse et monstres de toute sorte. Ce film, ce sera bien sûr L’épée Enchantée. La légende médiévale de St Georges raconte que ce militaire, saint patron de toute la chevalerie, traversa sur son cheval blanc la ville de Silène, en Lybie. Cette dernière était placée sous la terreur d’un redoutable dragon qui réclamait fréquemment aux habitants deux personnes à dévorer. Le jour où St Georges arriva à Silène, le sort avait décidé que la fille du Roi serait l’une des victimes. Le valeureux chevalier combattit alors le dragon et le transperça avec son épée (ou sa lance selon les versions), délivrant ainsi la princesse. L’arme avec laquelle il terrassa le dragon fût appelée « Ascalon » dans les romans relatant ses exploits. Il n’en fallait pas plus aux scénaristes pour rédiger une histoire reprenant les éléments essentiels de cette légende. L’épée Enchantée nous présente donc un jeune homme prénommé George, dont la mère est une sorcière. Amoureux fou de la princesse Helen, le sang de Georges ne fait qu’un tour quand il apprend que sa dulcinée a été kidnappée par un méchant magicien et qu’elle va servir de dîner à son dragon. Venant de recevoir pour son anniversaire une armure indestructible, une épée magique baptisée Ascalon et le cheval le plus rapide du monde, c’est sans hésitation que George va se lancer dans le sauvetage d’Hélène, accompagné par sept autres chevaliers représentant chacun un pays différent.



Une fois l’aventure débutée, Bert I Gordon se lâche totalement et va s’amuser comme un petit fou avec une imagerie très « héroïc fantasy ». Le film va en effet faire la part belle au fantastique en faisant apparaître à l’écran un bestiaire multi-genre qui ravira les fans de ce type de films. Sorcière hideuse déguisée sous l’apparence d’une ravissante jeune fille, ogre géant, frères siamois, lilliputiens, nains, personnages brûlés sur l’ensemble du corps (attention aux plus jeunes enfants, cette scène pourrait les impressionner), marécage purulent et autres personnages étranges peuplent les images de L’épée Enchantée qui fait par la même occasion la part belle aux effets spéciaux. On pourra trouver ces derniers en deçà de ceux du génie Ray Harryhausen, qui mettra son talent au service de films du même type par la suite, comme Jason et les Argonautes (1963), La vallée de Gwangi (1969), Le voyage fantastique de Sinbad (1974) ou bien encore Le choc des Titans (1981). Pourtant, l’imagination de Bert I. Gordon fait parfois des merveilles dans L’épée Enchantée. Si l’ogre avec son visage simiesque est plutôt raté, la sorcière hideuse est une franche réussite, tout comme les lilliputiens ou le superbe dragon à deux têtes du final.



Tout ce petit monde va donc illustrer les différentes embûches qui vont entraver la quête de Georges et de ses amis. Malin, Bert I. Gordon et son scénariste Bernard C. Schoenfeld ont la bonne idée de placer « 7 fléaux » sur la route qui mène au château du méchant sorcier, interprété par l’illustre Basil Rathbone. L’aventure de George est donc assez dynamique et le spectateur n’a guère le temps de se reposer puisque chaque défi remporté en amène un autre. Le rythme est assez soutenu malgré quelques petites lenteurs parfois qui viennent ralentir la fougue des chevaliers. Si L’épée Enchantée est un chouette spectacle, qui plaira aussi bien aux enfants qu’aux adultes, force est de reconnaître qu’il lui manque néanmoins un certain panache, un aspect plus héroïque et un romantisme que possèdent des films comme la saga des Sinbad ou Jason et les Argonautes. Il n’empêche : L’épée Enchantée est un pur divertissement qui fait plaisir à voir et qui possède un charme certain qui agit encore de nos jours. L’imagination et le bestiaire fantasmagorique qui peuplent le film ont toujours de quoi nous émerveiller devant notre écran et il est clair que cette œuvre de Bert I. Gordon méritait bien une ressortie DVD enfin au bon format et bénéficiant de la présence de la version française pour permettre au plus grand nombre de redécouvrir cette aventure chevaleresque et fantastique. C’est chose faite grâce à Artus Films qui offre à L’épée Enchantée son plus bel écrin.


Disponible en dvd chez Artus Films






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EPEE ENCHANTEE - L