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Poursuivis par la Justice après un massacre perpétré dans un restaurant autoroutier, les membres de la famille pseudo-vampirique des Hamiltons traversent l’océan et se réfugient en Europe sous une nouvelle identité : les Thompsons. Alors que l’un des leurs est souffrant, ils recherchent de l’aide auprès d’un autre clan de leur espèce, résidant à deux heures de route de Londres.



Présenté en hors-compétition lors de la 20ème édition de Fantastic’Arts à Gérardmer, le nouveau film des Butcher Brothers, de leurs vrais noms Mitchell Altieri et Phil Flores, n’est autre que la suite de leur premier film "the Hamiltons".
Long-métrage ayant reçu une pléiade de bonnes critiques par de nombreux professionnels du genre lors de sa sortie en 2006, "the Hamiltons" donna donc naissance à une suite six ans plus tard.

Même si je n’irai pas porter autant d’éloges sur ce premier opus pour ma part très vite oubliable (au risque de déplaire à certain(e)s, j’ai trouvé la fin du film bien trop convenue à mon goût…), il faut toutefois reconnaître que "the Hamiltons" possédait quelques qualités non négligeables. A commencer par une façon peu commune de nous narrer cette histoire de pseudo-vampires : une approche originale du mythe vampirique, laissant planer de nombreuses interrogations autour de cette famille peu commune. Le casting n’était pas en reste non plus (notamment les deux jumeaux incestueux et machiavéliques sans oublier leur frère aîné au comportement plus que troublant) et les acteurs participaient activement à conserver un certain suspense et une part de mystère tout au long du film.



Curieux de voir ce que pouvait donner un second opus à cette saga pseudo-vampirique, je me suis donc dirigé vers la salle de cinéma sans trop savoir à quoi m’attendre exactement. Et quel ne fut pas mon étonnement en voyant la suite de "the Hamiltons" lors de sa projection au festival de Gérardmer.

Après avoir vu la bande-annonce en VO du film des Butcher Brothers, je m’attendais effectivement à voir un long-métrage plus énergique que le premier opus et surtout plus axés sur le thème des vampires.
En fait, "the Hamiltons" et "the Thompsons" sont diamétralement opposés. Plus rythmé, plus gore, drôle par moments (proche parfois de la parodie du film de vampires avec ses quelques petites notes d‘humour décimées par-ci par-là dans le scénario : d’ailleurs "twilight" est cité de façon peu élogieuse dans le film) et surtout bien moins original que l’opus précédent, "the Thompsons" marque à la manière d’un "rec 3 genesis" un virage radical dans l’esprit de la saga.

Un virage qui donne lieu comme bien souvent à des réjouissances mais également à des déceptions comme nous allons le voir dans les paragraphes qui suivent.



Le scénario, dans un premier temps, s’avère bien moins original que celui du premier opus. En effet, la majeure partie des mystères qui entouraient la famille Hamilton ont été soulevés dans le premier volet, réduisant alors fortement l’intérêt que nous pouvons porter à "the Thompsons". Par ailleurs, l’histoire demeure assez banale, beaucoup plus simpliste que dans "the Hamiltons", et ce n’est pas la structure scénaristique du départ jouant avec les flashbacks qui va faire pencher la balance.
Le film des Butcher Brothers n’évite pas également les clichés (à l’inverse d’un "the Hamiltons" qui refusait de se plier facilement aux règles du genre) : une romance entre l’un des « vampires » et une « humaine », le combat final (raté) avec le vilain méchant qui apparait comme imbattable… Quelques regrets donc quant à l’originalité du scénario.

Pour autant, l’histoire n’est pas mauvaise en soi et propose tout de même son petit lot de surprises avec plus ou moins de réussite.
Alors que notre petite famille vivait dans le secret dans "the Hamiltons", ces derniers font dorénavant les gros titres des Médias et doivent alors fuir la Police et la Justice. Un contexte totalement différent qui par conséquent influe sur l’ambiance et le rythme du film. En découle un long-métrage plus porté sur l’action que son aîné (les chasseurs deviennent ici les proies), bien plus dynamique (de nombreuses scènes de bagarres s’offrent à nous), perdant toutefois au passage comme nous pouvions alors nous y attendre cette ambiance glauque et sinistre pourtant réussie du premier opus (les personnages intrigants, la lugubre cave…).

A cette action bien plus présente ici s’ajoute une touche gore bienvenue, assez discrète dans le premier volet (sans pour autant être regrettable, l’ambiance et l’intrigue se suffisaient à elles-mêmes). Dès l’introduction (où deux personnes masquées agressent un jeune couple avant de découper le visage du mec avec un couteau), on se rend compte que les Butcher Brothers veulent radicalement changer l’esprit de leur mini-saga vampirique pour se tourner vers une sorte de petit défouloir où tous les coups sont permis et ce pour le plus grand plaisir des amateurs de sensations fortes. Outre les morsures et arrachages de gorges sanguinolents et assez classiques dans ce genre, nous avons également droit à des scènes plus inhabituelles comme des arrachages de visages ou de tête, le tout sous des giclées de sang sur les murs.

La musique prend également une part importante dans la narration de ce second opus. Plus élaborée, cette dernière est notamment fort attrayante dans les flashbacks.



Mais "the Thompsons", comme "the Hamiltons", c’est tout d’abord une intrigue autour des valeurs de la famille. Une famille toujours composée des mêmes membres que dans le premier opus : on retrouve dans cette suite les mêmes acteurs, au look toutefois changé (six ans séparent les deux opus rappelons-le), ainsi que de nouvelles gueules issues de l’autre clan de pseudo-vampires.
On pourra à ce sujet constater quelques différences flagrantes entre les deux films quant au traitement des personnages principaux. Ainsi, David, le chef de la famille Hamilton (ou devrais-je dire Thompson) a vu son comportement évoluer (fini l’homme intrigant et quelque peu versatile du premier opus), tout comme la machiavélique Darlene, sa sœur, bien moins sombre que dans "the Hamiltons", plus rentre-dedans (une vraie guerrière). Wendell, l’autre grand frère, quant à lui apporte toujours cette petite touche amusante, que ce soit dans sa façon de provoquer, de cogner ou de s’adonner à des jeux sexuels incestueux avec Darlene.

Là où l’on pourrait par contre regretter un véritable défaut dans le film, c’est dans les dialogues. Très enfantines, des répliques sont tout simplement ridicules et décrédibilisent certains passages. Certain(e)s pourront également reprocher au film d’être parfois un peu trop bavard…


Certes plus classique que le premier volet, le film des Butcher Brothers étonne de part sa différence avec l'opus précédent : plus drôle, plus saignant et plus rythmé,"the Thompson" parvient à nous faire passer un bon petit moment, malgré quelques petits défauts (notamment des dialogues parfois simplistes et puérils).
Un virage radical d’un opus à l’autre qui aurait pu faire des dégâts mais qui au contraire montre là une autre facette de cette mini-saga pseudo-vampirique ma fois non dénuée d’intérêts.








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HAMILTONS - THE
VIOLENT KIND - THE