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Après avoir perdu la Seconde Guerre mondiale en 1945, les allemands ont envoyé une colonie de nazis du côté de la face obscure et cachée de la Lune. Là, ils y ont pansé leurs blessures, développé une base gigantesque en forme de croix gammée, construit une imposante flotte de soucoupes volantes et surtout, préparé leur retour sur Terre en tant que vengeurs du « Quatrième Reich ». En 2018, un engin spatial américain piloté par James Washington et son collègue est envoyé sur le satellite naturel de la Terre par la présidente des Etats-Unis (un vague clone de Sarah Palin) afin de flatter le futur électorat de cette dernière. Seulement voilà, ils atterrissent légèrement trop près de la base secrète teutonne. En peu de temps, James Washington se fait capturer par les sélénites germaniques qui, ayant découvert le pouvoir du téléphone mobile de l’astronaute, choisissent d'aller sur la planète bleue pour voler plus de portables afin d’alimenter le reste de leurs navires et leurs ordinateurs pour enfin prendre leur revanche sur le monde entier. Wolfgang Kortzfleisch, le führer régnant sur la Lune, assigne alors à son protégé aryen Klaus Adler suivi de près par sa fiancée Renate Richter, la mission ayant pour but ultime de préparer l’invasion…



Après une bande-annonce des plus alléchantes (avec des vaisseaux, des explosions, des paysages et autres effets spéciaux à la "Star Wars" vraiment bien fichus), des affiches en veux-tu en voilà (que ce soit dans le métro ou sur les bus des grandes métropoles) et des articles bienveillants se répandant avec la rapidité de la propagande nazie sous le Troisième Reich, on était en droit d’attendre un petit bijou de genre avec ce Iron sky prometteur. D’autant qu’il était également doté d’un scénario original. En effet, l’histoire de nazis cachés sur la Lune attendant leur heure pour venir reconquérir la Terre, avouez que ce n’est pas courant et que ça laissait plutôt augurer du lourd ! Mais « Nein, nichts interessantes » aurais-je envie de dire dans la langue de Goethe. Véritable O.F.N.I. (Objet Filmographique Non Identifié), Iron sky est d’abord une coproduction australo-finlando-allemande, c’est déjà suspect. Ensuite, si l’on regarde bien les crédits à la fin du film, on s’aperçoit qu’il y a deux scénaristes ayant adapté l’histoire originale d’une troisième personne et qu’il y a d’autres individus en sus pour la scénarisation. Ce qui fait beaucoup de monde et rend l’écriture, au final, un poil confuse car partant dans trop de directions pour un film aussi mineur. Enfin, le métrage est réalisé par le finlandais Timo Vuorensola (qui a séduit de nombreux fans avec plusieurs "Star Wreck", parodies visibles sur YouTube), un quasi débutant et a été financé avec un budget de 7 500 000 euros, soit une somme dérisoire pour ce type de production grand public. Autrement dit, on pouvait craindre que tout l’argent soit parti dans les séduisants teasers et les affriolants SFX. Et cette crainte va se justifier entièrement par la suite.



Premièrement, et même si c’est voulu et qu’on a souhaité faire de la caricature à outrance, le casting est particulièrement pénible, avec chez les hommes : le vieillissement führer sous-exploité et joué beaucoup trop brièvement par le vétéran excentrique Udo Kier ("Du sang pour Dracula", "Suspiria", "Blade", "Melancholia", "The theatre bizarre", etc.), l’indécis et assez fade Klaus Adler, son protégé envoyé sur Terre campé par Goetz Otto (vu dans "Beowulf") et James Washington, l’astronaute noir joué par Christopher Kirby ("Daybreakers"), insupportable au possible (surtout en SDF albinos !) tellement il en fait trop. Pour ce qui est de la distribution féminine, on a Julia Dietze, Peta Sergeant, Stephanie Paul, incarnant respectivement la naïve fräulein idéaliste, la chef de projet de campagne arriviste et la présidente des USA très «Sarah Palin look-alike», qui à elles trois, ne jouent même pas dans un long-métrage connu, ça veut tout dire !

Deuxièmement, le scénario est indigent et bourré d’incohérences comme ce n’est pas permis malgré une idée de base énorme. D’ailleurs, à ce sujet, le script s’inspirerait de la théorie du complot des OVNI du IIIe Reich, selon laquelle des machines volantes utilisant l'anti-gravité ou quelque dispositif mystérieux, construites en secret, auraient été opérationnelles entre 1933 et 1945 en Allemagne ! Ici, c’est le Docteur Richter, le père de Renate, qui serait à l’origine de cette découverte révolutionnaire. Ce qui nous amène vers la première grosse insuffisance du film : comment les nazis, avec une telle technologie aussi avancée que la leur, peuvent avoir encore des ordinateurs de tailles démesurées et surtout, avoir besoin de la puissance d’un téléphone portable pour les alimenter ? De plus, les confusions scénaristiques vont bon train (le personnage incarné par Gotz Otto va aux U.S.A. pour représenter sa nation lunaire, se met aux services des américains en retournant sa veste en deux seconde et la petite nazillonne tombe amoureuse du grand astronaute noir, sans qu’on sache vraiment pourquoi et qu’un quelconque background des personnages soit développé un tant soit peu) en même temps que le film manque terriblement de fluidité entre les différentes scènes du film. On passe en effet d’une scène de combat super bien faite à une saynète mièvre où deux protagonistes discutent de sujets insignifiants au possible (notamment quand l’action se déroule en territoire américain) ce qui nuit au bon déroulement de l’histoire. Tout cela semble en plus assez mécanique et on se perd malheureusement trop de fois en dialogues insipides au milieu de séquences admirables dans l’espace magnifiées par une excellente partition musicale faisant passer ces manœuvres d’attaque et de défense militaires pour de grands ballets savamment orchestrés. Dommage alors de dilapider cela !



Troisièmement, et c’est pour moi le gros défaut du film : il ne trouve jamais vraiment sa voie quant au genre choisi. Au vu de la superbe bande-annonce et du début du métrage à la "Apollo 18" (deux astronautes américains découvrent une base nazie sur la Lune, et l’un d’eux se fait occire d’emblée), on était en droit de s’attendre à un super long-métrage de science-fiction tout ce qu'il y a de sérieux. Au lieu de cela, Timo Vuorensola nous sert une comédie de série B non-conformiste, mais très premier degré à l'humour hyper bas de plafond qui n’atteint jamais sa cible. La sauce ne prend pas ou un tout petit peu seulement si on n’est pas trop difficile. L'histoire farfelue de ce long-métrage aurait pu pourtant être le vecteur de scènes déjantées (on avait déjà eu des zombies nazis bien barrés dans divers films d’horreur tels que "Surf nazis must die" ou encore "Dead snow") mais le résultat final reste gentillet avec un esprit souvent lourdingue et des idées originales peu nombreuses. Il est alors bien regrettable que le réalisateur n'ait pas su s’orienter vers un style bien précis. Mélanger l’humour et un autre genre n’était pas ici, un bon cocktail. On reste trop sur sa faim et déçu même si on a beau aimer l’énième degré et le coté décalé. Néanmoins, de là à esquisser un sourire, il y a encore un fossé trop grand à franchir, du moins pour moi. Pourquoi diable avoir traité un tel sujet avec un manque de sérieux aussi flagrant ? Vuorensola avait pourtant toutes les cartes en main pour faire quelque chose de formidable et au vu des effets spéciaux déployés, on peut parler d’énorme gâchis ! En fait, je pense qu’ils ont essayé de faire un film parodique genre "Starship Troopers" de Paul Verhoeven, mais on se retrouve ici devant une sorte de « Y a-t-il un pilote dans l'avion ? » mâtiné de « Austin Powers » mais en pire !

Pourtant, Iron sky avait, outre les costumes, les SFX et autres décors déjà vantés par ailleurs pour lesquels le film a obtenu des récompenses en 2013 (le prix des meilleurs effets spéciaux au Australian Academy of Cinema and Television Arts Awards et celui du meilleur décorateur à la cérémonie des Jussi, les « Césars finlandais ») quelques, mais non négligeables, bonnes idées. Si on regarde de plus près, Iron sky est avant tout une satire de la géopolitique mondiale, mais aussi une critique de la diplomatie et surtout des films américains en général, si on y réfléchit bien. Ainsi, on s’aperçoit que finalement le capitalisme est tout aussi malsain que le national-socialisme. Tout le monde en prend donc pour son grade et ça, c’est plutôt bien vu. On retiendra également certaines scènes nous rappelant d'autres films de référence comme : « La chute » de Hirschbiegel, « Le dictateur » de Charlie Chaplin, ou encore « Docteur Folamour » de Stanley Kubrick et une bande originale éclectique mélangeant à la fois du métal-industriel (Laibach), du hip-hop, de l’électro, du blues et surtout du classique, en l’occurrence du Richard Wagner dont l’influence est prédominante sur de nombreux morceaux (notamment le grandiloquent « La Chevauchée des Walkyries »). Cela n’a rien d’étonnant quand on sait qu’Hitler, était un grand fan du compositeur…



Ainsi, nous voici face à un film ayant des bases originales sur le papier mais qui, au final, déçoit. La faute à : très peu de moments drôles voire débiles comme on pouvait l’espérer car le métrage ne trouve jamais son style à force de flirter entre plusieurs, un jeu d’acteurs atroce car beaucoup trop dans la caricature et un scénario confus alternant scènes prévisibles, inutiles et dialogues insignifiants. Surnagent alors des effets spéciaux d’anthologie (de la modélisation des vaisseaux à la base lunaire en passant par les costumes des nazis) et une B.O. alliant le contemporain à la musique classique avec brio, mais c’est loin de suffire à sauver le film, car il n'y avait rien d'autre en dehors de ça à exempter. Alors peut-être que je me fais vieux, que je n’étais pas sous l'influence de certaines substances pour apprécier Iron sky à sa juste valeur, mais en tout cas je n’ai pas aimé, ça c’est une certitude. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas le nombre conséquent de critiques positives vues çà et là. Serait-ce encore un coup des nazis ?









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