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Richard, Gerrie, Rikkert, Robbie et Barrie sont l’exemple même de ce que nous pouvons appeler des « beaufs ». Animés par la connerie, la vulgarité, la fainéantise et la bagarre, nos cinq crétins de la petite ville hollandaise de Maaskantje s’adonnent à leurs passe-temps favoris : le football, le tuning, la bière et la bouffe bien grasse. Mais ce qu’ils aiment par-dessus tout, c’est affronter une autre bande d’hooligans venue de la ville voisine de Schijndel. Entre les deux gangs rivaux, rien ne va plus : la guerre est déclarée et les bagarres se multiplient. Récidivistes, nos cinq abrutis vont se retrouver en prison avant d’être envoyés en mission suicide dans une contrée du Nord où une mystérieuse épidémie semble s’abattre sur la population. En effet, depuis qu’une météorite verdâtre s’est écrasée sur une ferme, toute personne buvant le lait des vaches ayant été en contact avec cette grosse roche venue de l’espace se transforme en zombie. Finies les querelles avec leurs adversaires de Schijndel, les véritables ennemis sont ces êtres assoiffés de sang et de chair fraîche!



Un an après leur "New kids turbo", Steffen Haars et Flip Van Der Kuil rempilent avec un second opus intitulé "New kids nitro". Toujours avec cette triple casquette de scénaristes, réalisateurs et acteurs, nos deux compères vont de nouveau nous plonger dans un bon gros délire dont seuls eux semblent avoir le secret.

Pourtant, passée une introduction des plus originales (deux potes entrent dans un cinéma, s’installent et s’apprêtent à regarder "New kids nitro" en se réjouissant de pouvoir enfin voir cette bombe), le film semble rapidement montrer quelques similitudes des plus flagrantes avec l’opus précédent. Un constat tourné d’ailleurs en dérision par nos scénaristes par le biais d’un adolescent qui reproche aux cinq New kids de resservir la même soupe à son public, à savoir les mêmes gags, les mêmes chûtes, bref un manque total d’originalité.
Bien que ce jeune homme, faisant de l’ombre à nos cinq tarés hooligans, sera rapidement éliminé par ces derniers, on ne peut pas dire pour autant que ce dernier avait tord : "New kids nitro" reprend de nombreuses ficelles de son aîné, aussi bien du côté de l’humour si particulier de "New kids turbo" que du côté des personnages qui ne semblent pas vouloir évolué, présentant effectivement toujours les mêmes traits de caractère, s’exprimant de la même façon et sortant des vannes similaires à celle du premier opus.

Mais, malgré ces nombreux points communs, parfois très flagrants, entre ces deux opus, on ne peut pas dire pour autant que l’on s’ennuie devant cette suite. En effet, alors que ce mélange d’humour si particulier (grand n’importe quoi, humour noir, humour bien gras et comique de répétition), réutilisé quasi à l’identique dans ce nouvel opus, aurait pu blaser le public si ce dernier avait été réalisé par un cinéaste quelconque, il faut bien avouer qu’entre les mains de Steffen Haars et Flip Van Der Kuil, la pilule passe étonnamment bien et s’avère même assez jouissive parfois, nous procurant encore de grands moments d’hilarité.



Entre humour noir (l’alcoolisme chez la femme enceinte, le Sida et l’holocauste sont des cibles privilégiées dans cet opus) et discrimination facile, jamais en finesse (encore une fois, nos cinq New kids font preuve d’une homophobie à toute épreuve et n’hésitent pas une fois de plus à se foutre de la gueule ouvertement des malades mentaux, bien plus encore que dans l’opus précédent), les gags s’accumulent tout au long du film pour finalement en arriver à un grand n’importe quoi général où les situations les plus déjantées et les plus imprévisibles se succèdent à un rythme effréné jusqu’au générique de fin.

Bien que cette suite connaisse quelques légers creux scénaristiques (rythme quelque peu essoufflé en raison de gags plus ou moins efficaces dans la première partie du film) sans grande importance (un gag vu et revu, ou tout simplement un gag loupé, passé et c’est un autre qui prend le pas juste derrière), le nouveau scénario concocté par Steffen Haars et Flip Van Der Kuil nous amène suffisamment de nouveautés et de petites surprises que nous ne pouvons que nous délecter devant ce petit bijou d’humour et d’action à tout va, balancé une fois de plus sous une musique techno / électro entraînante.



Finis la critique et les messages sociopolitiques du premier opus, place maintenant à un univers plus porté sur le monde du football et du tuning mais surtout sur le fantastique avec l’apparition de zombies qui, pour notre plus grand bonheur, n’attendront pas la toute fin du film pour pointer leurs dents acérées! Et par la même occasion nous offrir quelques giclées de sang, entre une décapitation et un démembrement bienvenus.
A la manière d’un "shaun of the dead", d’un "bienvenue à zombieland" ou d’un "undead" pour rester dans le domaine de la comédie fantastique, l’humour et l'action s’assemblent rapidement pour nous donner quelques séquences des plus alléchantes telles qu’une course de voiture entre un New Kid et un zombie, une bagarre générale entre les holligans de Schijndel et de Maaskantje contre nos vilains morts-vivants ou encore une altercation des plus débiles qu’il soit en plein dans une rave clandestine.

Mais même la scène d’action la plus prévisible peut encore parfois vous surprendre ici. En effet, nous sommes de temps à autres confrontés au sein même de l’histoire à des coups de théâtre inattendus, que l’on pourrait qualifier de « péripéties volontairement ratées » (le policier arrivant en héros pour finalement rater son coup au dernier moment, une bagarre en rave bien préparée par nos deux chefs de gangs qui finalement partira en sucette ou encore une alléchante course à la mort qui se verra annulée avec l’arrivée des policiers), qui auraient pu, dans n’importe quel autre film, provoquer une certaine frustration chez le spectateur alors qu’ici, entre les mains expertes de nos deux scénaristes, la chute est tellement bien amenée et intelligemment tournée que l’on finit par en rire devant tant d’idioties.



Vous l’aurez aisément compris en lisant le résumé du film quelques paragraphes plus haut, nous retrouvons de nouveau dans cet opus nos cinq larrons hollandais aux coiffures et moustaches si particulières et aux hobbies si douteux. « On prend les mêmes et on recommence » dit-on parfois, et c’est exactement le cas ici : Richard le leader teigneux et bagarreur, Gerrie le taré (qui apparaîtra même comme un beau salaud), Rikkert avec sa précocité légendaire et sa passion sans limite pour le tuning et les femmes enceintes, Barrie le camé (qui nous dévoile un peu plus sa personnalité dans cet opus) et enfin Robbie toujours aussi effacé malheureusement mais dont l’accoutrement et le look ultra beauf nous font toujours bien sourire.

A ces derniers se rajoutent Dave, le chef idiot et bagarreur de la bande rivale de Schijndel (qui nous gratifie là encore de bien belles preuves de son intelligence fortement limitée et de son appétit sexuel à toute épreuve) ainsi que le père de Gerrie, restaurateur dans le milieu de la bouffe bien grasse et indigeste dont sont friands nos New Kids. Deux personnages qui prennent une véritable envolée dans ce second opus, bien plus mis en valeur et dont les gags font souvent mouche, apportant du sang neuf à cette suite.

Nouvel opus oblige, nous avons droit également à de nouveaux personnages qui viennent crever l’écran eux aussi : Adrie, un flic maladroit qui n’en loupe pas une, et Déborah la nouvelle copine de Dave qui a tout pour attirer une fois de plus Rikkert : vulgaire, alcoolique, très portée sur le sexe (le sexe qui prend d’ailleurs une part non négligeable dans ce second volet soit dit en passant : entre les giclées de sperme, les scènes de nudité, les levrettes à tout va dans le générique de fin, les propos toujours aussi fins…), conne et surtout enceinte! Deux personnages dont on ne regrette en aucun cas l’apparition dans cet opus au vu des nombreux gags dont ils sont les éléments déclencheurs.



Toujours aussi fun, rythmée et complètement déjantée et décomplexée, la vague New Kids vient nous submerger une fois de plus avec un second opus bienvenu. Flip Van Der Kuil et Steffen Haars sont toujours aussi habiles pour faire passer un humour gras, grandguignolesque et parfois très noir à l’écran, sans tomber dans la lourdeur, le comique de répétition pénible et le vulgaire sans grand intérêt comme beaucoup d’autres auraient pu nous servir à leur place. L’une des forces de cette réussite? Les New Kids bien-sûr! Crétins à souhait et ô combien complémentaires, cette bande de beaufs n’a pas fini de nous faire rire. A quand le prochain opus?

LE PETIT PLUS :
Le film a été présenté au Festival Fantastic’Arts une fois de plus lors de la Nuit Fantastique de la 20ème édition, en 2013.






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