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Sœur Gertrude travaille en étroite collaboration avec le Dr Poirret dans l’aile psychiatrique d’une maison de repos. Mais la sœur semble sombrer dans la folie après avoir subi l’excision d’une tumeur bénigne ; accro à la morphine, sœur Gertrude commet de nombreuses maladresses entraînant de graves conséquences pour les patients. La situation se complique encore quand des morts violentes émaillent la tranquillité de la maison de repos…



Après avoir été assistant réalisateur de nombreuses années, Giulio Berruti se lance également dans la rédaction de scénarios puis passe derrière la caméra pour réaliser deux films : "Noi siam come le lucciole" en 1971 et "Suor Omicidi" en 1978. Les problèmes de censure qu’il connût avec ce dernier titre (qui rejoint la longue liste des Videos Nasties) l’ont dégouté du cinéma et il se consacra par la suite à concevoir des documentaires, en pouvant « être libre » sans avoir à se préoccuper de devoir couper des séquences de ses réalisations. L’inspiration du scénario de "The Killer Nun" vient d’un fait divers s’étant déroulé en Belgique et dans lequel une nonne a tué de nombreuses personnes âgées pour leur dérober des bijoux. A partir de là, il suffisait de broder un peu pour obtenir de quoi faire un long métrage Bis à faible budget.



Rebaptisé "La petite sœur du Diable" pour sa sortie en France, le film de Giulio Berruti pioche dans plusieurs genre du cinéma d’exploitation et le mélange fonctionne plus ou moins bien selon les séquences proposées. Si on a envie de classer le film dans la catégorie des « Nunsploitation » vu le lieu de l’action, force est de reconnaître qu’à la fin du visionnage, on ne sait plus trop où donner de la tête. Film de nonne, film de serial-killer, trip hallucinatoire, thriller, giallo, on retrouve tout ça dans "The Killer Nun", le tout sur une musique d’Alessandro Alessandroni parfois inspirée et parfois à côté de la plaque. Une curieuse impression nous envahit et on se laisse prendre par la main, intrigué par les images proposées. Si le rythme se traîne un peu sur l’ensemble, si on frise à quelques petites reprises l’ennui, le reste du temps, on oscille entre la fascination et le plaisir. Plaisir de voir Anita Ekberg (oui, oui, celle de "La Dolce Vita") en nonne accro à la drogue, à moitié folle, n’hésitant pas à se taper le premier homme rencontré dans la rue lors d’une escapade hors de son lieu de travail ou à réprimander une nonne lesbienne avant de l’inviter à venir dans son lit. Fascination pour la jeune actrice Paola Morra qui interprète la sœur Mathieu, lesbienne amoureuse de sœur Gertrude et qui n’hésitera pas à approvisionner en drogue cette dernière ou à détruire des preuves qui pourraient compromettre sa supérieure. Car non, les nonnes ne sont pas toutes blanches et les tentations prennent souvent le dessus sur la Foi. La maison de repos devient rapidement un lieu de débauche, même les patients s’y mettent, comme dans cette scène où un vieux paralytique se fait faire une petite gâterie par une autre patiente, sous les yeux révoltés de sœur Gertrude ! Shocking ! On comprend que la censure de l’époque se soit montrée cruelle envers le film et ait exigée de nombreuses coupes. La scène la plus censurée étant celle où sœur Gertrude parodie la cérémonie de la Messe avec une seringue remplie de drogue, qu’elle brandit telle la coupe de vin avant de s’injecter la morphine dans le bras.



"The Killer Nun" prend parfois des allures de trip hallucinatoire, principalement lors des séquences de meurtres, peu nombreuses mais qui parviennent à maintenir notre intérêt. Est-ce vraiment sœur Gertrude qui commet ces méfaits sous l’emprise de la folie et de la drogue ? Mystère. La séquence d’introduction, diablement réussie (sic !), nous a laissé entrevoir qu’une nonne a de sérieux problèmes suite à ce qu’on comprend être une affaire de pédophilie et qu’elle en veut à mort aux hommes. Comme par hasard, les meurtres commis à la maison de retraite ne touchent que des hommes évidemment. Si on a tôt fait de se douter que la folie de sœur Gertrude n’est qu’un leurre destiné à dissimuler l’identité du vrai coupable, on appréciera la séquence finale qui nous révélera le pot-aux-roses et conclura le film de bien habile manière. Les amateurs de scènes érotiques, propices aux films de nonnes, en seront pour leurs frais car à part la vision de Paola Morra entièrement nue et quelques allusions sexuelles, "The Killer Nun" ne joue franchement pas dans la catégorie des films érotiques. On sera néanmoins fort surpris par une séquence très bizarre dans laquelle sœur Gertrude se met à caresser un mort entièrement nu, une image scandaleuse pour l’époque qui n’a pas dû passer les ciseaux de la censure.



Un peu trop bancal mais pas inintéressant pour autant, "La petite soeur du diable" devrait attiser la curiosité des amateurs de cinéma Bis et de films déviants. Le meurtre avec les aiguilles de seringues est assez jouissif, le physique de Paola Morra pas déplaisant, voir Anita Ekberg dans un rôle à contre-emploi est intriguant. Le célèbre Joe Dallesandro est également de la partie pour un rôle somme toute anecdotique mais la séquence où Paola Morra le drague ouvertement est assez excitante. Bref, un film atypique qui ne laisse pas indifférent malgré quelques maladresses.









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