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Un jour, une jeune femme se réveille dans un cercueil. Elle ignore comment elle a atterri là, mais surtout, elle ne se rappelle de rien du tout, pas même de qui elle est ! Ce n’est toutefois pas le plus important puisqu’elle ne va pas tarder à découvrir qu’un tueur avec un masque en chrome armé d’un énorme couteau et équipé d’une caméra fixée à l’épaule, veut la massacrer. Au fur et à mesure qu’elle enquête sur son identité, elle rencontre tout un tas de personnes qui vont l’aider, comme le couple Tucker et Cindy, lui donnant d’ailleurs le nom de Princess, ou encore Steven, un geek limite agoraphobe féru d’informatique et enfin Tommy, un jeune teufeur serviable. Inutile de dire qu’au cours de ses pérégrinations, les cadavres s’accumulent autour d’elle et que l’assassin qu’on baptisera Chrome Skull, se rapproche de plus en plus. Il n’a d’ailleurs pas l’intention de laisser filer une proie aussi tentante…



Force est de constater que Robert Green Hall, cinéaste de son état, est un inconnu en tant que réalisateur mais qu’il a fait ses preuves en tant que spécialiste du maquillage, avec sur son Curriculum Vitae des séries comme "Buffy contre les Vampires", "Angel", ou encore des longs-métrages tels que "Motel" et "The crazies". Cinq ans après "Lightning Bug", son premier film d’horreur passé totalement inaperçu un peu partout où il a été projeté, il se lance dans le slasher à l’ancienne, un peu comme le "Hatchet" d’Adam Green, style ultra balisé et quasi en bout de course tellement les ficelles du genre ont été usées jusqu’à la moelle. Alors est-ce que notre réalisateur débutant va apporter une quelconque innovation quant à un genre à l’originalité devenue inexistante ou bien est-ce qu’il va produire un énième slasher à ranger aux oubliettes ?

Laid to rest commence son récit là où d’autres films se seraient terminés, à savoir dans une morgue où l’on tombe sur une jeune fille amnésique se réveillant dans un cercueil ! Puis un premier crime surgit et l’on découvre là un serial killer pour le moins original : un tueur silencieux au masque chromé reflétant la peur sur le visage de ses futures victimes filme ses horribles actes à l’aide d’un mini caméscope juché sur son épaule. Pourtant, après un début plutôt prometteur car innovant et un tueur d’un genre nouveau n’hésitant pas à faire preuve d’une bestialité rarement égalée à l’écran, le film va vite s’essouffler, la faute à un casting des plus inégaux, un script indigent et des effets de caméra plus que douteux. Mais analysons plus en détail les points faibles de ce métrage, voulez-vous ?



Le grand sir Alfred Hitchcock disait : « Plus réussi est le méchant, plus réussi sera le film », seulement voilà, il avait oublié de préciser qu’il fallait aussi un scénario digne de ce nom et un casting comprenant des acteurs à la hauteur ! Laid to rest est ainsi peu aidé par son script médiocre malgré un postulat de base intéressant. Très souvent, les personnages font ou ont des réactions très étranges voire irrationnelles. Pourquoi diable désirent-ils tous retourner sur les lieux d’un crime à la recherche d’indices dispensables au risque de se faire trucider ? Comment se fait-ce qu’un des personnages venant de voir sa femme se faire généreusement charcuter pleure à peine deux secondes et en mette trois à faire son deuil ? A ce tableau de chasse déjà éloquent, on peut également ajouter quelques clichés de rigueur dans ce type de productions : un boogeyman muet exterminant à tout va, une héroïne qui passe son temps à hurler à pleins poumons (qu’elle a fort développés par ailleurs…) et les sempiternels sidekicks tels que le nerd peureux ou encore le jeune rebelle sympa. Peu aidés par un scénario résolument idiot, les acteurs livrent alors des performances de bas étage et semblent être venus cachetonner pour arrondir les fins de mois difficiles mais sans plus de conviction que cela. La palme revenant tout de même au premier rôle féminin, une fausse brune siliconée à mort : elle joue avec une médiocrité telle que ça en devient franchement inquiétant. Mais bon, vous ne serez pas étonnés de savoir qu’il s’agit ni plus ni moins que de madame Hall à la ville ! Seuls Thomas Dekker ("Les chroniques de Sarah Connor", "Freddy les griffes de la nuit 2010") et Lena Headey ("Dredd", la série "Le trône de fer") apportent un soupçon de professionnalisme à l’ensemble, leurs prestations se limitant toutefois à quelques minutes, tout comme l’apparition de Johnathon Schaech ("The doom generation", "En quarantaine")…



On pourrait également reprocher au film d’utiliser des mouvements de caméra par trop répétitifs et aux angles de vue parfois bizarroïdes, mais bon on saurait tout aussi bien le défendre en arguant qu’il a été tourné en vidéo et que l’immersion dans l’univers du tueur n’en est que plus concrète ! On pourrait aussi critiquer Robert Green Hall, également au scénario, de ne pas avoir assez développé la psychologie des personnages, notamment celle du psychopathe, trop mystérieux à nôtre goût. Quelles sont les motivations qui le poussent à vouloir absolument tuer cette fille ? Pourquoi aime-t-il tant filmer ses agissements abominables ? Quid de son passé certainement très mouvementé ? Mais on en saura peut-être plus, plus tard, attendez de lire la conclusion…

Malgré un budget riquiqui, il est important de souligner que les effets spéciaux sont proprement hallucinants : décapitations, éventrations, découpes faciales horribles seront, parmi autres joyeusetés, au programme. Bref que du lourd pour tous les amateurs de barbaques et tripailles. Et c’est bien ce qui sauvera le film !



Lent, incohérent et parfois répétitif, Laid to rest se perd dans la chronologie et la logique des actes de ses personnages si bien qu’on éprouve parfois des difficultés à suivre le métrage qu’on pourrait voir comme une suite de morts violentes. Quoi qu’on en dise cependant, Laid to rest restera dans les mémoires par la qualité graphique, la violence des meurtres qu’il propose et son tueur impitoyable très classe, ce qui devrait sans nul doute emporter l’adhésion de tout bon fan de gore qui se respecte. Dans tous les cas, une franchise est en cours, car une suite est sortie en 2011 ("ChromeSkull : Laid to rest 2") et un préquel est prévu pour bientôt ("Laid to rest 3 : Conception"). Alors, pour peu que Robert Green Hall évite à l’avenir d’endosser la triple casquette réalisateur-scénariste-producteur et qu’il bénéficie d’un budget plus conséquent, peut-être qu’il fera un très grand slasher aussi beau visuellement que scénaristiquement en allant au bout des choses sans vouloir trop en faire.








Du même réalisateur :

CHROMESKULL : LAID TO REST 2