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Réalisé par Kim Jee-Woon ("deux sœurs", "le bon, la brute et le cinglé", "j’ai rencontré le diable"…) et Yim Pil-Sung ("Hansel et Gretel"), "doomsday book" est un film composé de trois segments portant, comme le suggère le titre du film (« doomsday » signifiant « Jugement dernier »), sur la fin du Monde. Une fin du monde perçue différemment dans chacune des parties : l’horreur dans le premier récit (zombie), la science-fiction dans le second chapitre (robotique) et enfin l’humour dans le dernier segment (scénario grandguignolesque). Une idée des plus intéressantes sur le papier… Mais qu’en est-il réellement de sa concrétisation devant la caméra?



LE MEILLEUR DES MONDES

Seok-Woo est un jeune adulte bien seul dans la vie. Alors que ses parents et sa sœur sont partis faire un séjour, un ami lui arrange un rendez-vous avec une belle jeune fille, Yoo-Min. Alors que nos deux tourtereaux semblent vivre le début d’une belle histoire d’amour, une partie de la population s’est soudainement transformée en sortes de zombies après ingestion de viande de bœuf contaminée. Viande que Seok-Woo et Yoo-Min ont également mangée… Très vite le virus se propage au sein de la ville, alertant les médias, l’OMS et le Gouvernement.

Réalisé par Kim Jee-Woon, ce premier segment nous confronte à une crise alimentaire des plus graves car cette dernière engendre la transformation des victimes en zombies, dont l’agressivité et la libido ont été décuplés.
Histoire horrifique à la base, ce premier chapitre ne cache pas certaines petites touches d’humour assumées, centrées en particulier sur le personnage principal (les maladresses de Seok-Woo quand ce dernier exprime ses sentiments pour Yoo-Min ou encore la bagarre endiablée qu’il provoque sont des moments d’humour bienvenus) ou encore sur l’aspect médiatique généré par cette crise sanitaire (des journalistes, des politiciens et des scientifiques cherchent par-dessus tout à donner une raison à cette épidémie sans précédent : la faute à un Front Nationaliste ayant véhiculé de la nourriture contaminée durant les élections, les excès d’une Corée du Nord qui inquiète ou tout simplement une pure invention/simulation de la population… Les explications sont souvent ridicules et amusent plus qu’elles ne rassurent).

Le casting n’est pas exceptionnel en soi (le couple d’acteurs joue correctement) mais tient la route (pas d’exagération, de sur-jeu ou encore de faute de ton…) et c’est bien là le principal. Même constat pour les effets spéciaux : même si ces derniers sont de bonne facture (belles images d’une ville dévastée, des maquillages réussis), il n’y a rien de transcendant ici.

Doté d’un rythme relativement bien dosé (on ne s’ennuie pas durant les 38 minutes que dure l’histoire, entre scènes romantiques, drôles et horrifiques) et d’une histoire se suivant sans désintérêt, ce premier volet demeure cependant assez classique, témoignant d’un certain déjà-vu (l’approche médiatique pour remonter les évènements, une crise sanitaire donnant naissance à une contamination humaine…).



LA CREATURE CELESTE

Dans un temple bouddhiste, le robot RU-4 appelé In-Myung semble être devenu bien plus intelligent que ses semblables sur Terre. Ayant été créés pour servir l’Homme et lui obéir, les robots ne peuvent logiquement s’émanciper intellectuellement parlant. Or, In-Myung semble avoir atteint un niveau d’intelligence et de réflexion des plus avancés, nettement supérieur aux compétences mentales d’un cerveau humain normalement constitué. Alerté par les moines du temple, un technicien vient faire un diagnostic du robot.

Ce second segment, réalisé cette fois-ci par Yim Pil-Sung, est une approche non pas horrifique pour décrire la fin du Monde mais plutôt d’ordre psychologique et philosophique. A l’inverse d’un chapitre précédent bien plus commun, nous sommes ici face à un traitement de la fin du Monde atypique (même si cette peur des robots que nous créons a déjà été exploitée dans des films de science-fiction tel que "i robot" ou "virus" par exemple) mais qui malheureusement se noie, à l’image d’un "antichrist", dans un flot de dialogues, de propos philosophiques parfois redondants et pompeux, rendant le tout très lent, parfois compliqué et pénible il faut bien le reconnaître.

Et ce n’est pas le casting qui viendra nous sortir de ce coma temporaire généré par ce blabla continuel : les personnages sont aussi mous les uns que les autres, peu attachants, à l’exception d’une jeune femme aux allures punk qui viendra le temps de quelques minutes nous relever les paupières, au beau milieu de l’histoire (comme si ce passage avait été inséré volontairement pour rebooster un public en manque d’attention).

Bref, voici une seconde histoire aux idées intéressantes mais franchement poussive, pour ne pas dire chiante.



HAPPY BIRTHDAY

Min-Seo, une fillette vivant avec ses parents et son oncle, a commandé une boule de billard sur Internet après avoir abîmé celle de son papa. Deux ans plus tard, une météorite de 10km de diamètre s’apprête à entrer en collision avec la Terre. Min-Seo et sa famille décident donc de descendre dans un abri antiatomique, se tenant au courant des actualités par le biais des flashs info diffusés jusqu’à l’heure fatidique.
Mais le plus étrange dans tout cela est que cette météorite a la forme d’une boule de billard, la noire numéro 8, la même que celle que Min-Seo a commandé deux ans auparavant sur ce mystérieux site Internet dont elle n’a jamais reçu la livraison. Un lien existerait-il entre ce fameux site Internet et la présence d’Extraterrestres?...

Troisième et dernier segment de "doomsday book", "happy birthday" est une coréalisation entre Kim Jee-Woon et Yim Pil-Sung. Servi par un scénario grandguignolesque (vous l’aurez aisément compris en lisant le résumé ci-dessus), ce dernier chapitre nous fait vivre une fin du Monde avec une approche humoristique.

En effet, malgré les bons moments passés devant la première histoire, seul le troisième récit parvient à tenir réellement son public en haleine grâce à ce grand n’importe quoi qui nous est pondu ici.
Le mérite en revient tout particulièrement à cette vision médiatique des évènements (tiens, comme dans le premier volet justement) où nous nous retrouvons tout d’abord face à un télé-achats hilarant (on nous vend une capsule pour survivre à la fin du Monde qui manifestement ne fonctionne pas très bien à l’écran et qui a comme particularité de transformer les excréments en nourriture pour ainsi s’auto-suffir à soi-même!) puis à des flashs infos virant aux règlements de compte personnels entre présentateurs en direct (crêpages de chignons et autres idioties perpétrées par des médias qui perdent littéralement la boule à l’approche imminente de ce qui pourrait peut-être être la fin du Monde).

Dommage que la fin de ce dernier chapitre soit si vide et si peu intéressante (ce côté très science-fiction en fin de parcours est raté et maladroit), nous laissant sur une touche encore une fois amère.

Une semi-déception qui nous pousse à croire que finalement le segment le plus abouti et le plus stable du début à la fin était bel et bien le tout premier (malgré qu’il soit le moins original des trois).



"Doomsday book". Que peut-on retenir de ce film très bancal, très inégal à la fois entre ses segments mais également à l’intérieur même de certains?
Pas grand chose en fait pour être franc… Et c’est bien dommage quand on comprend comment était tissé le film.

En effet, quand on y repense à tête réfléchie, on se rend compte que chacun de ces segments a, en plus du fait de traiter la fin du Monde d’un ton différent (horreur, science-fiction/psychologie et humour), des messages à faire passer : chacun de ces messages dont sont porteurs les différents chapitres vont dans la même direction : la principale menace pour l’Humanité est l’Homme et rien d’autres (pas d’extraterrestres, de forces surnaturelles, de zombies…). Alors que le premier segment critique ouvertement l’industrialisation (nourriture de bétails obtenue en partie par les déchets ménagers : on s’empoisonne nous-mêmes), le second s’attaque au modernisme, aux technologies grandissantes et à la surconsommation (nous devenons dépendants de la technologie et il se pourrait qu’un jour cette dernière, évoluant à une vitesse incroyable, se retourne contre nous), tandis que le dernier se focalise sur les dangers du Net (fraudes, arnaques, sectes…).

Vraiment dommage que la réalisation présente au final autant de maladresses quand on voit le potentiel qu’il y avait…


LE PETIT TRUC EN PLUS :
Le film a été présenté en clôture du festival Fantastic’Arts 2013.






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